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Incitations et contraintes à la gestion du résultat

Le 23/03/2012, par Philippe Ammar, dans Affaires / Finance.

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Le résultat est-il une "valeur absolue" ? Sa "production" [1] ne se réduit-elle qu'à l'application objective de normes comptables relatives d'interprétation plus ou moins stricte qui procèdent toutes d'un cadre législatif et réglementaire déterminé ?

Si oui, alors les facteurs extrinsèques et intrinsèques à l'entreprise, qui n'ont pas d'influence directe sur la production du résultat, n'ont aucune influence sur sa production.

Autrement dit, des entreprises comparables soumises au même cadre normatif devraient naturellement générer des résultats ontologiquement comparables car tous issus du même processus de production.

Si tel est le cas, le résultat est un indicateur "absolu" de performance puisque la comparaison de "valeurs absolues" toutes issues d'un même système ne produit que des écarts absolus, c'est-à-dire indépendants de toutes variations relatives.

En d'autres termes, on ne peut parler de "gestion du résultat" au sens où les facteurs "environnementaux" internes et externes à l'entreprise n'ont aucune influence sur la production de son résultat.

Problématique

L'observation expérimentale des phénomènes aboutissant à la production du résultat conduit au travers d'une démarche empirique au constat général suivant :
Le résultat est non seulement le produit de l'application stricto sensu de normes comptables généralement admises mais aussi la combinaison de multiples facteurs indépendants de tout système comptable normatif, ayant une influence relative, directe et indirecte sur l'application de ces normes pour l'essentiel à des éléments comptables que la littérature anglo-saxonne qualifie sous le vocable d' "accruals".

En ce sens, la "gestion du résultat" se définit comme l'analyse multidimensionnelle de tous les facteurs ayant une influence sur sa production et la mesure de leur influence relative sur le résultat au travers de la "manipulation" des accruals, aboutissant à la mise en oeuvre d'une gestion du résultat sous incitations et contraintes, appelée plus communément "politique comptable".

Autrement dit, si une "politique comptable" existe, alors quelle en est sa nature, à quels mécanismes obéit-elle, peut-on en déduire une loi générale ?

Méthodologie et positionnement épistémologique

Méthodologie

Pour répondre à ce questionnement, il est impératif :

  • d'identifier les facteurs d'influence, qu'ils soient des facteurs externes (situations, configurations, intervenants et opérateurs extrinsèques...) ou des facteurs internes (structure, intervenants et opérateurs intrinsèques...) ;

  • d'analyser séparément et conjointement leurs impacts respectifs sur le résultat, par mise en situation ;

  • tenter d'en tirer des lois spéciales ou générales, implicites ou explicites.

Positionnement épistémologique

Cette réflexion se fonde sur une démarche empirique guidée par l'observation expérimentale avec pour objectifs d'expliquer ce qui est, c'est-à-dire de décrire et d'expliquer les comportements des producteurs et des utilisateurs de l'information comptable.

Les hypothèses et les résultats

Hypothèses explicites

Elles sont tirées de l'observation expérimentale des configurations et situations réelles et de l'analyse des résultats qui en résultent.

Hypothèses implicites

Elles sont déduites de l'analyse empirique de situations de fait.

Les résultats

On pourrait ranger les conclusions de l'étude parmi les catégories suivantes :

  • les conclusions objectivement probantes,

  • les conclusions peu probantes,

  • l'absence de conclusions objectives.

Limites et critiques

Aucune théorie comprise comme un "système conceptuel" ne peut suffire à expliquer totalement la réalité qui est une perception du réel qu'elle façonne au cours d'un processus historique dont la dynamique interne procède d'une transformation ininterrompue des états successifs des systèmes qui la composent.

Le cadre conceptuel de la théorie positive de la comptabilité trouve ses limites à la fois dans la portée réductrice des principes qui la fondent et dans le choix simpliste des axiomes qui invalident partiellement sa pertinence.

par Philippe Ammar, expert comptable

(1) On entend ici par production : le traitement de données objectives quantifiables par application d'un processus normatif identifié dont l'usage est généralement admis et l'efficience collectivement reconnu. En aucun cas, le terme de "production" n'est entendu au sens d'un agrégat économique.

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 Fiche de Philippe Ammar

Profession : Expert-Comptable
Société : Concepts & Stratégies

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