Le blog juridique de Raphael Piastra

Des indécis en période électorale

Le 19/04/2012, par Raphael Piastra, dans Public / Droit Administratif.

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Une enquête BVA- Le Parisien du 17 avril 2012 démontre que 26% des français sont dans l'indécision quant à leur vote présidentiel. Cela étant c'est moins qu'en avril 2002 (31%) ou avril 2007 (29%).

Certainement moins que l'abstention (dont nous maintenons qu'elle sera malheureusement mais historiquement forte au 1er tour), l'indécision va peser sur le scrutin. D'ailleurs cette dernière peut aussi expliquer la première ! Certes comme le souligne notre collègue Roland Cayrol, il s'avère que "de plus en plus d'électeurs se décident tard". Les raisons sont multiples : désacralisation du vote, dépolitisation, offre du moment, moins d'idéologie, vote utile ou de défoulement, proximité de certains programmes, absences de programme, fatalité,...

Il en est d'autres liées aussi, selon nous, aux candidats en lice et qui ne sont pas forcément à leur avantage. Passons les principaux un peu en revue...

Le sortant, N. Sarkozy, suscite un rejet que jamais un de ses prédécesseurs, en situation de se représenter, n'avait généré. C'est un peu la chronique d'une défaite annoncée. S'il rassemble tant bien que mal les convaincus, il laisse dans l'indécision un certain nombre de gens de la droite classique. Un grand nombre d'électeurs hésitent donc à se positionner pour celui annoncé battu.

Le challenger, F. Hollande, s'il est le favori des sondages, ne parvient pas à contenir l' "effet Mélenchon". Le risque d'éparpillement des voix est renforcé par la présence, certes symbolique, de Mmes Artaud, Joly et de P. Poutou. Et puis il n'est pas sûr que toute la famille socialiste soit convaincue par lui. Quid des nostalgiques de DSK ? Inspire-t-il une totale confiance au sein des autres électeurs ? A voir. Mais il semble bien que F. Hollande soit en passe de devenir le second président socialiste de la Vè république.

Marine Le Pen parait ne pas confirmer la percée qui fut sienne voilà quelques mois. Son discours et sa rhétorique ne sont pas ceux de son père. Les électeurs extrémistes préfèrent souvent l'original à la copie ! Sa présence au second tour est d'autant plus hypothétique que ses derniers meetings n'ont pas mobilisé comme elle le pensait.

JL Mélenchon est un peu l'invité surprise de ce scrutin. Il parle fort, il invective, il mobilise. Mais cela se traduira-t-il en termes de voix ? Le vote utile risque de dépasser celui de conviction auquel il appelle. Et beaucoup hésitent dans ce cas.

F. Bayrou risque de ne pas rééditer son beau score de 2007 (18%). Son message passe moins bien en 2012, sa campagne est moins lisible et moins mobilisatrice. Son absence de positionnement en vue du second tour va lui être préjudiciable et lui vaudra certainement de ne pas figurer sur la 3ème marche du podium.

Alors il reste les "petits" candidats. On en a cité certains. Rajoutons y le souverainiste, N. Dupont-Aignan, qui peine à trouver sa place entre Sarkozy et Le Pen. Quant à J. Cheminade, entre Mars et la terre, on se demande bien ce qu'il fait là ! Eva Joly, sorte de huron en politique, va donner à l'écologie un coup de grâce dont elle ne se remettra pas de si tôt (alors qu'il y a tant de défis majeurs). Certains électeurs se défouleront un peu sur eux mais à eux cinq ils ne franchiront pas la barre des 5%. Que d'efforts, que d'énergie, que d'argent déployés pour si peu !

A l'heure où l'on compte qu'un électeur sur quatre pourrait encore changer d'avis dans l'isoloir, on se dit que rien n'est vraiment fait au 1er tour. Alors que, paradoxalement, les jeux semblent faits pour le second tour. Alors il reste aux hésitants à bien lire les professions de foi qu'ils ont reçu, à écouter les dernières déclarations des candidats. A se forger une conviction, à prendre une décision.

Allez pour les aider et pour finir, une petite citation sur la décision de quelqu'un qui, bien malgré lui, vient de défrayer la chronique : "Il y a un moment où, ayant tout entendu, je prends ma décision. Elle peut être bonne. Elle peut être mauvaise. Elle a souvent été bonne. Elle a souvent été mauvaise" (J. Chirac) !

par Raphael PIASTRA, Maître de Conférences des Universités

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 Fiche de Raphael Piastra

Profession : Maître de conférences en droit public
Société : Université d'Auvergne
Site web : U-clermont1.fr/

Blog ouvert le : 22/10/2007
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