Bonjour à tous et merci d'avance à qui voudra bien lire mon histoire,
Nous sommes un couple surendetté depuis plusieurs années par des prêts à la consommation. Je tiens tout d'abord à préciser que ces crédits n'ont pas été
contractés pour nos loisirs ou pour satisfaire nos folies dépensières mais simplement pour survivre. Sans famille susceptible de nous aider, nous avons commencé à plonger en 1999 lorsque ma mère, atteinte d'une tumeur au cerveau, a perdu peu à peu la raison et est restée hospitalisée six mois avant de décéder. Pendant ces mois là, nous avons tenu tant bien que mal.
Nous habitons Toulouse, elle était hospitalisée à Pau. Je n'ai tenu que grâce au soutien de mon ami qui a mis sa carrière entre parenthèses (il est intermittent du spectacle et travaille surtout le week-end). Or, à l'époque, nos week-end étaient consacrés à des allers retours Toulouse Pau pour assister ma mère dans ses derniers moments. Tous les frais engagés par cette
situation ne pouvaient pas être couverts par mon seul salaire, j'étais à l'époque employée à temps partiel. Nous avons donc demandé des réserves d'argent qui nous ont été attribuées facilement. Ensuite la situation n'a
fait qu'empirer. Après le décès de ma mère, il a fallu environ un an à mon ami pour constituer son dossier d'intermittent du spectacle et pouvoir avoir
droit aux Assedics. Ceci a fait une année de plus de précarité le long de laquelle nous avons continué à augmenter les réserves d'argent de nos
crédits revolving. En 2000 il a enfin obtenu son statut et nous avions enfin deux salaires, nous arrivions à peu près à 2200 euros mensuels à nous deux. Simplement les mensualités étaient là (environ 1100 euros par mois plus un loyer de 400 euros). Cela était très dur, mais nous arrivions à tenir. Nous avons commencé à entamer des démarches pour nous faire racheter ces crédits,
mais sans aucun succès (je le présume de par la précarité de la profession de mon ami et par le fait que nous n'étions pas propriétaires et que personne ne pouvait se porter caution pour nous). Nous avons commencé à sombrer définitivement suite à la réforme de l'Unedic sur les intermittents tu spectacle. Mon ami n'a pas pu réunir ses 43 cachets en 10 mois et demi et
a perdu ses droits aux Assedics fin février 2006. Il ne lui reste donc plus que ses cachets pour vivre, ce qui est assez aléatoire. Alors que les mensualités de nos crédits commençaient à être refusées par la banque et ne
voyant pas d'issue, nous avons décidé de déposer un dossier de surendettement. De prime abord tout s'est bien passé, aidés par l'association [A] qui s'occupe de ce genre de cas sur Toulouse, nous avons constitué et déposé notre dossier. Conscients que notre
situation était bien particulière, nous avons porté un soin tout particulier à l'élaboration de notre dossier, à grand renfort de documents justificatifs en tous genres.
Sur les conseils de l'association, nous avons établi une moyenne mensuelle de nos ressources en émettant quelques réserves :
Pour moi même, salaire mensuel moyen de 1540 euros par mois (sachant que je suis employée à temps complet depuis le mois de février 2006 jusqu'au mois
de septembre 2006, sans aucune certitude de rester à temps complet au-delà de cette date, auquel cas mes ressources baisseraient à 1200 euros mensuels)
Pour mon compagnon, sachant qu'il ne perçoit plus ses Assedics depuis début mars 2006, état mensuel de ses ressources suivant :
Janvier 2006 : 222 euros de salaire + 599 euros d'assedics
Février 2006 : 246 euros de salaire + 965 euros d'assedics
Mars 2006 : 352 euros de salaire + 133 euros d'assedics
Avril 2006 : 194 euros de salaire (plus d'assedics)
Mai 2006 : aucun salaire (plus d'assedics) 283 euros de congés spectacle (ce versement ne se produit qu'une fois par an)
Juin 2006 : 524 euros de salaire (plus d'assedics)
Juillet 2006 : 174 euros de salaire (plus d'assedics)
Nous avons fourni toutes les photocopies des fiches de paye ainsi que les notifications assedic.
J'ai reçu la semaine dernière un appel de notre gestionnaire à la banque de france qui m'a annoncé de but en blanc que nous avions une capacité de
remboursement de 1000 euros par mois. Au vu de notre situation actuelle (j'ai vendu jusqu'aux derniers souvenirs de ma mère pour pouvoir manger), je n'ai pu qu'éclater en sanglots après avoir raccroché. J'ai bien tenté de lui
expliquer la situation mais le dialogue était impossible, elle a même été méprisante en me demandant ce que mon compagnon comptait faire pour rétablir
la situation (ce qu'il compte faire c'est travailler bien sûr, si c'était si simple nous n'en serions pas là). Lorsque je lui ai une fois de plus spécifié que je n'étais pas moi même sûre de rester à temps complet, elle m'a déclaré avant de racrocher vivement qu'elle mettait mon dossier en attente jusqu'au mois de septembre. Lorsque je lui ai dit que j'avais peur de la réaction de mes créanciers, elle m'a répondu que ce n'était pas son problème.
Le lendemain, en rentrant chez nous, nous avions un message sur notre répondeur d'une personne qui, après enquête, s'avérait être le chef de service de notre gestionnaire, et qui nous demandait de toute urgence la déclaration pré-remplie d'impôts 2005 de mon compagnon. Voyant la tournure que prenaient les événements, nous avons joint à cette déclaration de revenus l'état actuel de nos ressources que vous avez plus haut avec tous les justificatifs. Aujourd'hui le couperet est tombé, nous venons de recevoir la réponse de la banque de France, notre dossier est passé en commision le surlendemain de l'appel téléphonique. Voici ce que dit le courrier :
Citation:
"En application de l'article L. 331-2 du Code de la consommation, la commission de surendettement des particuliers de la haute garonne a déclaré recevable, le 27/07/06, votre demande visant à voir traiter votre situation de surendettement.
Nous vous informons que l'instruction de votre dossier fait apparaître que vous n'êtes pas dans une situation définie par le 3ème alinéa de l'article L. 330-1 du code précité nécessitant la saisine du juge de l'exécution aux fins d'ouverture d'une procédure de rétablissement personnel. La commission a donc décidé, dans sa séance du 27/07/06, que votre dossier sera traité par
la commission selon la procédure classique de traitement des situations de surendettement dans les termes des articles L. 331-6, L. 331-7 et L. 331-7-1 du code précité.
Vous avez la possibilité de former un recours contre cette décision d'orientation de votre dossier par déclaration remise ou adressée au secrétariat de la commission.
Veuillez agréer ..."
Suit un état descriptif de notre situation
(Déjà ils ont interverti, mon compagnon est passé débiteur alors que c'est moi qui ai contracté les crédits, il est "rédactrice" et je suis "intermittent")
Ressources :
Débiteur : 1549,00 euros
Conjoint : 1000,00 euros
Charges :
Loyer : 400,00 euros
Impots : 45,00 euros
Forfait alim/Hygiène/Habillement : 680,00 euros
TOTAL : 1125,00 euros
RESTE A VIVRE : 1255,00 euros
CAPACITE DE REMBOURSEMENT : 1394,00 euros
OBSERVATIONS : la capacité de remboursement est égale à la quotité saisissable.
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Voilà où nous en sommes. J'apprend que mon compagnon touche 1000 euros par mois, c'est magique. J'apprend également que, bien qu'il me reste 1255 euros
par mois, je peux quand même en rembourser 1394 ! D'autre part, ils ont "omis" un mois de retard de loyer. Nous venons de recevoir un coup de fil de notre propriétaire qui était assez surpris car il attend deux mois de loyer impayés et il constate qu'un seul est rentré dans la dette. Il a de plus été assez étonné de l'état de nos ressources ! Heureusement pour nous il est très courtois et assez compréhensif mais jusqu'à quand ? Va-t-il continuer à nous faire confiance s'il continue à recevoir des courriers de ce type ? Je présume d'autre part que ces mêmes courriers ont été adressés à tous les établissements de crédit et j'ose à peine imaginer quelle va être leur réaction. Nous résistons tant bien que mal depuis le dépot de notre dossier au harcèlement (téléphone, courriers, télégrammes ...) de certains d'entre eux, nous leur versons judicieusement à chacun le quart des mensualités de base afin de ne pas interrompre les paiements car nous ne pouvons pas faire mieux.
Aujourd'hui la situation nous semble désespérée, l'association [A] qui nous avait orientés au départ est fermée je le suppose pour les congés, nous ne savons à qui nous adresser, que va-t-il se passer par la suite ? Devons nous rappeler notre gestionnaire au risque de devenir désagréables et de compromettre irrémédiablement notre situation ? Nous n'avons aucune information et tout renseigement serait bon à prendre.
Voilà, excusez ce long récit fleuve, mais j'ai essayé tant bien que mal de faire le tour de la situation sans rien omettre afin de vous donner le plus d'éléments possibles.
Merci de tout coeur pour votre attention, peut-être l'un d'entre vous peut-il me conseiller ? Dois-je envoyer ce courrier à tous mes créanciers ?