Re: cautionnement d'un prêt et autres Bonjour,
Au décès de votre grand-mère, la caution du prêt n'est pas déductible de la succession, sauf à établir l'insolvabilité définitive de la demi-soeur de votre mère.
Votre mère, comme tout héritier, aura trois mois et 40 jours pour prendre parti au sujet de la succession :
- 3 mois pour faire inventaire de la succession ;
- puis 40 jours après l'expiration de ce délai de 3 mois, ou après la date de clôture de l'inventaire s'il a été fait avant.
Rappelons que votre mère aura le choix entre 3 positions :
- soit accepter purement et simplement la succession dès l'instant où elle présente un actif net ;
- soit accepter sous bénéfice d'inventaire en cas de doute sur la consistance de la succession ;
- soit renoncer à la succession si la succession est certainement mauvaise.
Elle fera son choix après avoir pris conseil auprès du notaire, qui est là pour ça.
Concernant les 33 années passées à travailler au sein de l'exploitation agricole :
- en vertu d'un décret-loi du 29 juillet 1939, les descendants d'un exploitant agricole qui ont participé directement et effectivement à l'exploitation sans être associés aux bénéfices ni aux pertes et qui ne reçoivent pas de salaire en argent en contrepartie deleur collaboration sont réputés légalement bénéficiaires d'un contrat de salaire différé : pour chacune des années de collaboration, ils ont une créance de salaire sur la succession ; cette créance est égale, pour chacune de ces années, à la valeur des deux tiers de la somme correspondant à 2080 fois le taux du SMIC en vigueur, soit au jour du partage, soit à la date du règlement de la créance si ce règlement intervient du vivant de l'exploitant.
Toutefois, votre grand-mère, qui n'est pas descendante du décédé, mais son conjoint, n'a pas droit à ce salaire différé.
Votre mère n'a pas droit, non plus, à ce salaire différé : en effet, elle est bien descendante, mais elle n'a pas collaboré à l'exploitation : c'est sa mère qui avait collaboré.
Ses deux filles se partageront la valeur de son usufruit. Il est vraisemblable que la demi-soeur rachètera la part d'usufruit de votre mère, qui recevra donc une somme d'argent équivalente ; la demi-soeur recueillera donc l'usufruit de la ferme dont elle est déjà nue-propriétaire ; si le prêt n'est pas encore totalement remboursé, la banque demandera à la demi-soeur, exploitant la ferme, de garantir la bonne fin du prêt, en lui proposant de reprendre la caution, à son nom.
Cordialement. |