Un conducteur relaxé pour mauvaise utilisation de l'éthylomètre
C'est un cas d'école qui sera à coup sûr étudié dans les facultés de droit. Un homme jugé pour conduite en état d'ivresse à la suite d'un contrôle d'alcoolémie a été relaxé jeudi par le tribunal correctionnel de Niort parce que les préconisations d'emploi de l'éthylomètre n'ont pas été respectées. Le trentenaire avait été contrôlé à 4 heures du matin, le 29 avril 2007, avec 1,06 gramme d'alcool dans le sang, à Saint-Gelais (Deux-Sèvres).
"Les préconisations d'emploi de l'appareil n'ont pas été respectées"
Devant le tribunal, son avocat, maître Sébastien Rey, s'est appuyé sur la notice de l'éthylomètre qui stipule :"Il doit y avoir un délai de trente minutes entre le moment où l'automobiliste a mangé, bu ou fumé, et celui où on lui présente l'éthylomètre pour que le test soit exact, pas vicié." Or le jeune homme avait fait le test cinq minutes après avoir été arrêté. La stratégie de l'avocat reposait sur une affaire similaire. Le tribunal de grande instance de Lure avait relaxé, le 26 octobre 2007 un conducteur contrôlé avec 1,05 g/l de sang, son avocat ayant fait remarquer que le délai de trente minutes marqué sur la notice de l'éthylomètre n'avait pas été respecté.
La substitut du procureur Sonia Bellier, "n'ayant pas à soutenir une accusation à tort", a donc demandé "la relaxe du prévenu", l'appareil "n'ayant pas été utilisé dans les normes requises". Elle a été suivie par le président du tribunal, Bernard Delextrat, qui a également estimé que "les préconisations d'emploi de l'éthylomètre" n'avaient "pas été respectées".
Un conducteur relaxé pour mauvaise utilisation de l'éthylomètre, actualité Société : Le Point Extraits du jugement rendu le 26 octobre 2007 Sur la validité du contrôle
« Attendu que les conditions d’utilisation de cet appareil sont soumises aux prescriptions d’un certificat délivré en application du décret n° 2001-387 du 3 mai 2001 relatif au contrôle des instruments de mesure et du décret n° 85-1519 du 31 décembre 1985 réglementant les catégories d’instruments destinés à mesurer la concentration d’alcool dans l’air expiré, lesquelles sont d’ordre public ;
Que selon ces dispositions, sur un conducteur ayant absorbé un produit ou fumé, il est nécessaire d’attendre trente minutes avant de le faire souffler dans l’appareil ;
Attendu qu’en l’espèce, il ressort des procès verbaux de gendarmerie que la mesure du taux d’alcoolémie par analyse de l’air expiré est intervenue à 2 heures du matin, soit vingt minutes après avoir soufflé dans l’éthylotest ; qu’il ne figure sur le procès-verbal de vérification de l’état alcoolique de Christian T. aucune mention indiquant que les gendarmes se soient assurés que le prévenu n’avait absorbé aucun produit ni fumé dans les trente minutes précédant cette mesure ;
Attendu que dès lors la vérification de l’état alcoolique du prévenu est entachée d’une irrégularité […]
Attendu que par conséquent, il convient de prononcer la nullité des poursuites pénales engagées contre le prévenu du chef du délit de conduite d’un véhicule sous l’empire d’un état alcoolique. »
http://www.francesoir.fr/enquete/200...pas-jouer.html