Bonjour,
Je travaille dans une petite société de conseil, au sein d'une équipe de 6 personnes.
Mon chef, un brin paranoïaque, met en place et anime des "circuits d'information informels" pour connaître l'état d'esprit de ses salariés (soit disant dans "l'intérêt collectif"), et demande donc à certains de venir lui rapporter les faits et gestes des autres. 3 de mes collègues le font sans vergogne (donc il est arrivé que mon chef me ressorte des éléments de conversation - parfois sur des dimensions personnelles ! - que j'ai pu avoir à l'heure du déjeuner avec d'autres ; et je n'ai alors pas manqué de manifester mon étonnement) Je le sais, je fais attention à ce que je dis, et parfois je m'en sers pour faire passer des messages. C'est une ambiance de suspicion terrible, digne d'un régime totalitaire, et je pense que mes collègues qui font ça croient en toute bonne foi le faire dans l'intérêt de la société...mais aussi sans doute pour s'éviter les foudres du chef.
Vous avez fait les comptes : nous sommes 2 à ne pas le faire. A ma collègue secrétaire, il le lui a demandé, elle a dit OK pour avoir la paix, mais elle ne le fait pas. A moi, jusqu'à la semaine dernière, il ne me l'avait pas demandé.
Mais voilà que c'est arrivé. Il a a actuellement beaucoup justement après ma collègue secrétaire, il la traque, lui pourri la vie ; je pense que le terme "harcèlement" n'est pas trop fort. Il m'a donc demandé, il y a quelques jours, d'être très attentive à tout ce que ma collègue pourrait dire ou faire et à venir le lui dire, de manière à pouvoir mieux la "manager". J'ai été vraiment estomaquée ; j'ai pris le parti de lui dire que je "comprenais le sens de sa demande" (chacun peut y entendre ce qu'il veut) et je n'ai bien entendu par la moindre intention de le faire (je ne le fais déjà pas pour les personnes qui le font contre moi, alors je ne le ferai pas avec elle !!).
Depuis (vous allez voir comme c'est tordu) une autre de mes collègues est venue s'encquérir auprès de moi de l'avis que j'ai sur les performances de ma collègue secrétaire, en pretextant s'inquiéter pour elle suite à l'attitude du chef. Je n'ai absolument rien dit. Elle a dit au chef que je n'avais rien dit. Il est de mauvais poil envers moi.
Je me prépare donc à ce qu'il me convoque bientôt pour me reprocher mon manque de collaboration. Et là, je crois que je vais exploser tant ces pratiques sont innacceptables !

Je ne manquerai pas d'arguments moraux et de principe pour lui expliquer mon refus. Mais j'aimerais savoir s'il existe également des arguments d'ordre juridique : un salarié peut-il évoquer sa "conscience" pour refuser d'obéir à un ordre, surtout quand il va dans le sens de l'atteinte à l'intégrité d'autres personnes ?
Je vous remercie par avance de vos éclairages.
Lise
PS : J'ajoute que je m'apprête à démissioner en partie pour cette raison, et que j'espère que le fait que je parte à la concurrence va lui faire les pieds !