N'étant pas de la partie RH ni même juridique, mon avis n'est composé que d'expériences au sein d'équipes avec quelques fois des problématiques de recrutement ou d'avancement.
Oui la discrimination est omniprésente tant à l'embauche que dans les évolutions de carrières. Comme j'ai pu le constater, cela ne touche pas que le faciès le nom ou l'origine, mais aussi le mode de vie, les préférences sexuelles ou religieuses et très récemment le fait d'être fumeur ou non ou d'habiter certaines zones géographiques.
Cela va du simple chef de BU ou de service qui a ses préférences personnelles, à des politiques d'entreprise certes confidentielles mais motivées.
Par exemple, à l'image de ce qui s'est passé chez un grand marchand de meubles, une étude qui montre que dans tel pays, les vendeurs de couleur en contact avec la clientèle réalisent un CA inférieur ou n'engagent pas le chaland à pénétrer dans le point de vente.
Autre exemple, dans certaines sociétés de service aux particuliers, une part marginale mais non négligeable de clients demandent expressément à ce que l'on ne leur envoie pas une personne de couleur.
La discrimination est à l'image du harcèlement, souvent insidieuse et très difficile à diagnostiquer en interne. Elle peut être généralisée ou sélective.
Encore un autre exemple, une société qui semble ne réaliser aucune discrimination ... sauf lorsqu'il s'agit de trouver un candidat à un poste de direction de filiale. En effet, le conseil d'administration justifie de ne pas prendre une personne de couleur car :
- le relationnel institutionnel inhérent au poste dans une zone géographique où la tendance politique est très à droite,
- cela ne conviendrait pas à l'image traditionnelle de l'entreprise.
De plus la discrimination peut être le fait de personnes faisant elle même partie de la même communauté que celle visée par la discrimination.
Ainsi je me suis "fritté" une fois à un DRH de couleur venant des DOM TOM qui s'opposait systématiquement à ce qu'un candidat de même origine que lui soit intégré dans la société. Pour se justifier, il déclarait à chaque fois qu'il n'y avait que des glandeurs "là bas"... ou que l'on ne pouvait pas compter sur ces "gens là"
