
La conclusion du bail commercial
Article de veille publié le lundi 19 mars 2001.
Rédigé par Net-iris et classé dans le thème Commercial & Sociétés.
Le statut des baux commerciaux est dérogatoire au régime de droit commun, afin d'assurer au commerçant la stabilité dans l'exercice de son activité. Le bail commercial répond à un formalisme issu du décret (n°53-960) du 30 septembre 1953 (repris par le Code de Commerce) et destiné à protéger l'entreprise commerciale et artisanale. Lire également pour un complément d'information, l'article sur le Renouvellement et la résiliation du bail commercial traitant des droits de chacune des parties à l'expiration du bail, la cession du bail, la sous-location, l'indemnité d'éviction et les différentes causes de résiliation du bail. ActualitéConnaître la législation sur le bail commercial est indispensable pour le commerçant, l'artisan, etc, s'il souhaite faire valoir ses droits et ne pas se trouver en mauvaise posture, comme le démontre un arrêt récent de la Cour de cassation, à propos de la forme requise d'une demande de congé du bail commercial. (Actualité du 11/01/01) Plan : DéfinitionLe bail commercial est un contrat de location d'un immeuble par lequel un bailleur, propriétaire du local, s'engage à le mettre à la disposition d'un preneur, le locataire, qui peut être une personne physique ou morale. Le locataire peut exploiter un fonds commercial ou artisanal, en fonction de la dénomination visée au contrat. Le statut des baux commerciauxPour répondre à la dénomination de bail commercial, plusieurs conditions doivent être réunies :
Le localCe doit être impérativement un immeuble à usage commercial, artisanal ou industriel (ex : un bâtiment ou une partie de celui-ci) ou un terrain nu sur lequel ont été édifiées des constructions à usage commercial, industriel ou commercial (ex : mobil-home permettant l'exercice d'une activité) Article L145-1 du Code de Commerce.Cet usage résulte de la destination donnée aux lieux loués par les services de l'urbanisme avant la conclusion du bail. Il ne peut jamais s'agir de locaux à usage d'habitation, sauf lorsqu'il s'agit de la conclusion d'un bail mixte (dans ce cas il faut se référer au règlement de copropriété ou de syndic). Concernant les commerçants exerçant une activité saisonnière et non soumis à la taxe professionnelle, ils devront s'acquitter désormais de la taxe saisonnière. Sont concernés par cette mesure, les exploitants de l'emplacement utilisé ou du véhicule grâce auquel s'exerce l'activité. La taxe sera fonction de la surface du local où l'activité est exercée s'il s'agit d'un emplacement, par contre concernant un véhicule, la taxe tiendra compte du double de la surface du véhicule. Le tarif s'échelonne entre 5F et 60F le m2 par jour. Lire l'actualité du 9/01/2001, sur la réforme de la Loi de Finances pour 2001. Le fonds de commerceIl doit impérativement être exploité dans le local. Certaines activités commerciales nécessitent l'accomplissement de conditions supplémentaires, comme c'est le cas lorsqu'il s'agit d'activité commerciale nécessitant un pas de porte et une vitrine d'exposition. De même il existe des règles de police qui réglementent l'ouverture des débits de boisson ou l'exercice d'une activité commerciale dans un immeuble en copropriété (le règlement de copropriété peut restreindre la nature du commerce exploité, comme par exemple interdire les allées et venues des clients). L'immatriculationElle est indispensable pour permettre la souscription d'un bail commercial. Elle concerne le locataire, commerçant ou artisan exploitant du fonds. Lorsqu'il s'agit d'une location à plusieurs colocataires, chacun d'entre eux devra être inscrit au registre du commerce ou des métiers. A défaut, le bail reste soumis aux dispositions de droit commun du code civil régissant le louage d'immeuble. Le bail est un contrat défini par les articles 1714 à 1778 du Code Civil et dont les conditions sont prévues par convention entre les parties. La durée du bailOn rencontre deux types de bail, celui à courte durée (24 mois exactement) et celui traditionnel de 9 ans. Le bail de courte durée et la convention d'occupation précaireCe type de bail est spécialement adapté aux installations provisoires lorsque le locataire n'a aucune garantie sur le renouvellement de son contrat (article L145-5 du Code de Commerce). Ce bail ne confère aucun droit au renouvellement au profit du locataire, ni même le versement d'indemnités en cas de non renouvellement. Lorsqu'à l'issu du contrat, le locataire n'a pas reçu de préavis de la part du propriétaire et est maintenu dans les lieux, il peut prétendre à l'octroi d'un bail de 9 ans soumis au statut des baux commerciaux. Le bail commercial traditionnelLa durée du bail commercial ne peut être inférieure à 9 ans (article L145-4 du Code de Commerce), mais il est possible de déroger à cette disposition (article 3-2 du décret précité), si plusieurs conditions cumulatives sont remplies :
Lorsque le bail est conclu pour une durée de 9 ans, le locataire a la faculté de dénoncer le bail à la fin de chaque période triennale avec un préavis de 6 mois. La conclusion du bail : acte écrit, notarié ou sous-seing privé ?L'écrit n'est pas une condition de la validité du bail commercial. En l'absence d'écrit, ce sont les règles de droit civil qui s'appliquent, mais il vivement conseillé de procéder à un contrat écrit, ne serait-ce que pour éviter tout litige concernant le montant du loyer, la date du contrat de location, l'imputation des charges, les modalités de révision du bail, etc.
Le "prix" du bailLe bail se compose généralement du loyer principal, des charges et du dépôt de garantie. Le Loyer
Les charges
Le dépôt de garantie
La révision du loyerLa révision légale du loyerLes articles L145-34 et L145-38 du Code de Commerce, prévoient la révision des loyers tous les trois ans et permettent la stipulation de clauses d'indexation. La révision du loyer doit être faite par lettre recommandée avec avis de réception (ou par acte d'huissier). La demande doit, à peine de nullité, indiquer le montant du loyer demandé ou offert.Le loyer révisé est fixé en fonction de la valeur locative, mais ne pourra si cette valeur est supérieure au montant résultant de l'indexation sur la base de l'indice du coût de la construction, être supérieur à ce montant (sauf modification matérielle des facteurs locaux de commercialisé ayant entraîné une variation de plus de 10 % de la valeur locative). L'évolution des loyers est plafonnée à la variation de l'indice trimestriel du coût de la construction publié par l'INSEE. Pour le troisième trimestre 2000 (paru le 12/01/2001), l'indice du coût de la construction était de 1093.
Le locataire peut exiger l'application du loyer inférieur au loyer du plafond lorsque la valeur locative devient plus faible (quartier déserté). L'indice de révisionPar dérogation aux dispositions légales, les parties peuvent insérer au contrat de bail une clause d'indexation ou clause d'échelle mobile (article L145-39 du Code de Commerce). Elle comporte un indice de révision, qui peut être soit celui prévu par la réglementation des baux commerciaux (indice du coût de la construction de l'INSEE), soit un indice convenu par les parties et ayant une relation directe avec l'activité concernée (clause d'échelle mobile).Lorsque la variation du montant, issue de l'application de la clause provoque une hausse du loyer de plus du quart par rapport au prix précédemment fixé, chacune des parties peut demander la révision judiciaire du loyer. Cette demande doit être effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception (ou par huissier) ou par la saisine directe du tribunal de grande instance. En cas de litige concernant la valeur locative du local, il est institué une commission départementale de conciliation composée de bailleurs et de locataires en nombre égal et de personnes qualifiées, qui est chargée de trancher le litige (article L145-35 du Code de Commerce). Elle s'efforcera de concilier les parties et rendre un avis équitable, à défaut d'accord amiable, c'est le juge du Tribunal de Grande Instance qui sera compétent. Précisions terminologiquesLa reprise d'un fonds de commerce : c'est le rachat et la poursuite d'activité d'un fonds de commerce existant avec tous les éléments qui s'y rattachent (droit au bail, clientèle, nom commercial, enseigne, licences, mobilier, matériel, etc.). Sources : ![]() actualité précédente
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Actualité juridique du lundi 19 mars 2001
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