Comme le Comité Consultatif National d'Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé (actualité du 01/06/07), la Commission nationale informatique et libertés met en garde contre les risques du développement de la biométrie, dont les applications peuvent être diverses (pour les visas, pour entrer dans l'entreprise, payer son repas à la cantine, etc.) et variées (reconnaissance du contour de la main, reconnaissance de l'empreinte digitale, etc.). En un an, le nombre de demandes d'autorisation relatives à des dispositifs biométriques a été augmenté par dix.
Dans son rapport annuel 2006, la Commission lance une "alerte à la société de surveillance" qui pourrait résulter des développements de la biométrie, mais aussi de la videosurveillance et de la convergence des technologies facilitant l'interconnexion entre les fichiers.
En 2006, la CNIL a enregistré un accroissement très sensible du nombre de déclarations relatives aux systèmes de vidéosurveillance (300 en 2005, contre 880 en 2006). "Cette augmentation peut s'expliquer par le développement de politiques de sécurité dans les entreprises, mais également par une meilleure connaissance des obligations de la loi informatique et libertés, la CNIL ayant notamment sensibilisé les professionnels du secteur. Techniquement, ces systèmes évoluent désormais vers la vidéosurveillance dite IP, c'est-à-dire utilisant des technologies Internet, filaire ou sans fil pour la transmission numérique des images", explique la Commission.
La CNIL s'inquiète aussi de l'adoption de certaines législations, telle que la loi du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme, qui conduisent nécessairement à la multiplication des systèmes de surveillance et à la réduction des capacités d'intervention de l'organisme de contrôle, ou encore du développement de certaines pratiques en entreprise (comme la géolocalisation des véhicules des salariés, pour laquelle la CNIL a rendu une recommandation en mars 2006). Elle rappelle d'ailleurs à ce sujet qu'un "traitement automatisé de données à caractère personnel doit répondre à l'exigence d'une finalité légitime. Ainsi, seuls un impératif de sûreté ou de sécurité de l'employé lui-même ou des marchandises ou véhicules dont il a la charge, une meilleure allocation des moyens pour des prestations à accomplir en des lieux dispersés, le suivi et la facturation d'une prestation ou encore le suivi du temps de travail, lorsque ce suivi ne peut être réalisé par d'autres moyens, peuvent justifier la mise en oeuvre de tels dispositifs".
Par ailleurs, la CNIL confirme la tendance des années précédentes consistant en une nette augmentation de ses activités (+570% en 3 ans). En 2006 la CNIL a enregistré 3.572 plaintes de particuliers. Elle a appliqué 11 sanctions financières contre des sociétés en seulement six mois.
Alex Türk,le Président de la CNIL, réitère à juste titre sa demander de doublement des effectifs en 5 ans et souhaite la "sanctuarisation du budget de l'institution pour que soit garanti son statut d'autorité indépendante chargée de protéger la vie privée et les libertés face aux risques que l'informatique peut faire peser sur elles".