A l'occasion de la journée mondiale de la maladie d'Alzheimer, la commission chargée d'élaborer un plan national en faveur de la recherche médicale et de l'accueil ou de la prise en charge des patients, a dévoilé au Président de la République ses premières orientations.
En attendant la présentation du plan Alzheimer le 1er novembre, son président, le professeur Ménard, assure que les premières mesures concrètes seront bien mise en oeuvre dès le début de l'année prochaine.
Dès l'automne, "un débat public, organisé par les ministres concernés, aura lieu sur le contenu du Plan Alzheimer. Ce débat associera les professionnels de la maladie. Il sera aussi ouvert à tous les Français sur Internet", a expliqué Nicolas Sarkozy dans son discours.
La lutte contre la maladie d'Alzheimer a été déclarée Grande Cause nationale de l'année 2007, par le Président Sarkozy. Cette maladie neurodégénérative, qui touche aujourd'hui 860.000 personnes en France et 225.000 nouveaux cas chaque année, nécessite une large prise en charge des malades.
Ainsi, dès le 1er janvier 2008, le dispositif relatif à la franchise médicale, intégré au projet de loi de Financement de la Sécurité sociale pour 2008, sera mis en oeuvre. Il s'agira d'une franchise de 0,50 euros par boîte de médicament, de 0,50 euros par acte médical et de 2 euros pour les transports sanitaires. Cette franchise sera toutefois plafonnée à 50 euros par an et par personne pour ne pas pénaliser les personnes touchées par de lourdes pathologies ou d'affections de longue durée. En outre, la prise en charge par les assurances complémentaires santé sera possible mais limitée afin ne pas pas nuire à l'instauration d'un "contrat responsable" entre le patient et la sécurité sociale.
Toutefois, en seront exclus : les 4,8 millions de Français titulaires de la CMU, les personnes bénéficiant de l'aide médicale, les femmes enceintes et les enfants.
Ces mesures devraient générer 850 millions d'euros, qui seront affectés aux plans de lutte contre la maladie d'Alzheimer et contre le cancer ainsi qu'au doublement des structures de soins palliatifs.
Soulignons que le chef de l'Etat a demandé à "la commission d'étudier les conditions d'une plus grande cohérence entre le mode de rémunération du médecin traitant et le suivi des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer", car c'est bien le médecin traitant qui est le mieux placé pour suivre les patients victimes de cette pathologie. "Un forfait Alzheimer" pourrait d'ailleurs être mis en place pour rémunérer le médecin traitant.
Une autre piste de réflexion, porte sur la création d'une "carte d'information pour chaque malade dont l'autonomie est altérée", calquée sur le modèle de la carte pour les maladies rares, afin que les membres de la famille, les personnels de l'hôpital ou de la maison de retraite puissent avoir un accès immédiat à l'information nécessaire face à une situation de crise.
Enfin, s'agissant de l'aide-soignante qui "a un rôle crucial pour la personne malade en établissement", elle pourrait bénéficier "de contreparties, par exemple sur la gestion des horaires de travail, et programmées dans le temps".
"Grâce à la valorisation des acquis de l'expérience, une aide-soignante, si elle le désirait, pourrait devenir infirmière sans partir de zéro", a jouté M. Sarkozy.
"Ce n'est que justice pour celles et ceux qui sont sur le front du vieillissement", explique le Président en ajoutant que l'attractivité des jeunes vers ce métier dépend aussi de l'effort de formation fourni.