Depuis 2005, date de l'intervention de l'ancien président Chirac devant l'Unesco, la France s'engage activement en faveur de la défense de la biodiversité. Bien que des actions et des plans aient été mis en oeuvre par la France pour assurer cette protection, force est de constater que les résultats restent insuffisants.
Aussi, dans le cadre du Grenelle de l'environnement, les participants comme le chef de l'Etat ont plaidé pour renforcer la protection de la biodiversité, c'est à dire garantir la diversité des espèces vivantes et leurs caractères génétiques. Un grand programme national pour la biodiversité des sols, et la création de la "trame-verte" permettant aux espèces de migrer et de survivre aux changements climatiques, font partis des chantiers prioritaires du gouvernemet de François Fillon (voir notre dossier).
Dans cette optique, les sénateurs Laffitte et de Saunier viennent de présenter à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) le deuxième tome de leur étude consacrée au développement durable "la biodiversité : l'autre choc ? l'autre chance ?", qui plaide en faveur d'actions concrètes, réfléchies et immédiates.
"Face à la détérioration de la biodiversité des espèces et à l'aggravation des menaces qui pèsent sur les écosystèmes de la planète, les sénateurs Pierre Laffitte et Claude Saunier se sont efforcés de déterminer les voies et les moyens d'une meilleure connaissance de cette biodiversité, les possibilités d'une amélioration de sa protection, et les conditions de sa valorisation afin qu'elle devienne une des assises de l'évolution de notre mode de développement vers la durabilité", explique le communiqué du Sénat sur le compte rendu de la séance.
Sur près de 200 pages, le rapport dresse un dizaine de propositions "visant à poser les bases de ce que pourrait être ce modèle de développement économique durable au cours des prochaines décennies". Elles portent sur l'intégration de la biodiversité dans la mondialisation, le fait d'activer les efforts de l'Union européenne, de mettre en phase la parole et les pratiques de la France, d'ériger la biodiversité en priorité de recherche, ou encore d'adapter la fiscalité à la valorisation de la biodiversité. Les sénateurs proposent également d'insérer les services rendus par les écosystèmes dans le calcul économique, d'aménager durablement le territoire , de lancer un programme de redensification urbaine, d'anticiper le changement climatique mais aussi de définir un nouveau contrat social avec les agriculteurs.