Le Professeur Pierre Coriat vient de remettre un rapport sur la création du Conseil national de l'urgence et de la permanence des soins à Roselyne Bachelot, ministre de la Santé. Ce document formule une série de propositions relatives à la composition et aux missions de cette instance conçue pour être un lieu de réflexion et de proposition en matière de prise en charge des urgences et de permanence des soins dans les établissements de santé, indique un communiqué.
Constatant que l'évolution des savoirs, des technologies et des attentes des patients imposent "d'adapter au quotidien les pratiques médicales pour répondre à l'imprévu et assurer la qualité des soins et la sécurité de tous", Mr Coriat assigne quatre objectifs principaux au futur Conseil national.
Tout d'abord, cet organisme devra accompagner la réforme de l'hôpital en ce qui concerne l'organisation territoriale des urgences, des soins urgents non programmés et de la permanence des soins au sein des établissements de santé. A cet égard, le rapport indique que si la prise en charge de ces soins est tout particulièrement concernée par la restructuration des établissements de santé, celle-ci ne doit pas remettre en cause la garantie, accordée à chaque citoyen, en tout point du territoire, de "l'égalité de chances face à une urgence vitale et/ou fonctionnelle".
Dans ce cadre, il est précisé que l'optimisation de la prise en charge d'urgence impose de coordonner l'action des structures d'urgence pré hospitalières que sont les SAMU-Centres 15 et Service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR). Ainsi, il est proposé que le maillage territorial de ces derniers tienne compte de la démographie médicale et de son évolution, afin qu'il repose en partie sur la mise en place de médecins correspondants du SAMU dans des zones géographiques éloignées de leur siège.
Selon le rapport, le Conseil permettra également de favoriser l'amélioration de la qualité des soins urgents et non programmés notamment par la création d'un cursus de formation initiale pour les médecins spécialistes de médecine d'urgence, et la formulation de propositions d'orientations pour la formation continue des médecins concernés. Il s'inscrit en cela dans la continuité des perspectives tracées par le "Plan urgences" 2003-2008 (actualité du 24/05/06).
En outre, la future instance devrait être chargée d'identifier et de faire reconnaître les spécificités et les contraintes des professionnels de santé impliqués dans ce domaine. Elle permettra de formuler des propositions en ce qui concerne la réorganisation du temps de travail, la rémunération et la pénibilité des tâches des médecins concernés.
Par ailleurs, la mission Coriat estime que le Conseil devra anticiper l'évolution des urgences et de la permanence des soins au sein des établissements de santé. Actuellement, la pénibilité de ces métiers amène de nombreux médecins à se réorienter en fonction "d'occasions ponctuelles", sans reconnaissance spécifiques des compétences qu'ils ont acquises. Dans le même temps, les médecins généralistes, qui participent de plus en plus aux urgences ne disposent pas, à ce jour, d'un statut unique et reconnu, les établissements étant amenés à les recruter selon des modalités diverses et inégales. Le Conseil permettra de réfléchir à la place, au statut et à l'évolution des carrières de ces médecins, et proposera une valorisation des compétences acquises.
Enfin, le rapport prone une composition élargie du Conseil National de l'urgence et de la permanence des soins afin d'être représentative de l'ensemble des professionnels impliqués dans l'urgence et la permanence des soins (intersyndicats de praticiens hospitaliers, syndicats d'urgentistes, sociétés savantes, institutionnels, fédérations hospitalières etc.).