Lancés en 2004, les pôles de compétitivité destinés à associer, sur un territoire donné, des entreprises, des centres de recherches et des organismes de formation sur des projets innovants conduits en commun en direction d'un ou plusieurs marchés donnés, viennent d'essuyer leur premier bilan. Réalisé à la demande du Gouvernement, par deux cabinets de conseil en stratégie indépendants, les cabinets Boston Consulting Group et CM International, le rapport d'évaluation largement positif, a porté sur un examen individuel détaillé de chacun des 71 pôles créés, ainsi que sur le dispositif d'accompagnement mis en place par l'Etat, peut-on lire dans le dossier de presse.
L'état des lieux dressé par la mission d'évaluation montre, d'une part, que les montants financiers annoncés lors du lancement des pôles de compétitivité ont effectivement été mobilisés au profit des projets d'innovation, et, d'autre part, que les PME, qui reçoivent une part importante de ces financements, sont fortement impliquées dans ces projets. Cependant, si la majorité des pôles font preuve d'un "dynamisme prometteur", qui s'exprime notamment par le développement de coopérations entre acteurs jusqu'ici cloisonnés et la création de passerelles nouvelles entre universités, laboratoires et entreprises, il n'en demeure pas moins que 19 pôles ont atteint partiellement leurs objectifs, et que 13 devraient être reconfigurés en profondeur. On retient également que sur les 71 pôles créés, 10 concentrent environ 55% des financements cumulés de projets depuis le lancement du dispositif.
La mission constate aussi que peu de pôles sont dédiés au développement durable, ajoutant que "cette thématique ne fait pas à ce jour l'objet d'une attention prioritaire de la part des pôles dans le cadre des projets soumis au fonds unique interministériel". En outre, elle insiste sur la "faiblesse relative des montants financiers mobilisés via les dispositifs spécifiques aux pôles" et prévient le Gouvernement qu'il "ne peut attendre du dispositif, la solution exclusive aux enjeux de compétitivité internationale auxquels le tissu industriel français est confronté".
Concluant à la nécessité du maintien du dispositif des pôles de compétitivité dans ses grandes lignes, les auteurs de l'évaluation recommandent notamment de se focaliser sur un objectif d'appui à la recherche-développement dans la sélection des futurs pôles. Ils proposent également de définir pour chaque pôle une série d'indicateurs de développement qui permettrait d'en appréhender la réussite ou l'échec (nombre de chercheurs, de créations d'entreprises, de brevets déposés, etc.).
La mission qui reconnaît "qu'il est encore trop tôt pour évaluer l'impact du dispositif sur l'innovation et l'emploi", estime néanmoins "que la plupart des pôles font preuve à ce jour d'un dynamisme prometteur". Au vu de ce rapport, le Gouvernement annonce qu'il va mener un dialogue approfondi avec les représentants de chaque pôle, avant de définir, lors d'une prochaine réunion du Comité interministériel à l'aménagement du territoire, les orientations de la politique des pôles de compétitivité pour les prochaines années.