Evènement inédit dans le fonctionnement de l'Union européenne, le président actuel du Conseil de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy souhaite suspendre la règle d'une présidence alternée tous les 6 mois, bien entendu à son profit.
En effet, en place à ce poste depuis le 1er juillet dernier et normalement jusqu'à la fin de l'année, le Président de la République qui rebondit sur le contexte international que nous connaissons, explique que la gestion de la crise nécessite la prise rapide de décisions communes et réfléchies. Il souhaite que les autres chefs d'Etat acceptent de le reconduire dans cette fonction, semble t-il jusqu'à la fin de l'année 2009.
En effet, dans son discours devant le Parlement européen, Nicolas Sarkozy - qui s'est dit parfaitement informé et impliqué dans les dossiers aussi délicats et pointus que la crise financière et économique, le plan de sauvetage des banques, la Géorgie et la Russie - a estimé qu'il n'était "pas très raisonnable d'avoir une Présidence tournante tous les 6 mois".
"Permettez-moi de vous dire que franchement, si l'on aime l'Europe et si l'on veut que l'Europe parle d'une seule voix, il ne me semble pas raisonnable de considérer que tous les 6 mois cela doit changer", a-t-il argué.
Evoquant la complexité des dossiers qui doivent être menés à bien par la Présidence de l'Union dans un laps de temps réduit (réforme financière, réforme des institutions, adoption du paquet climat-énergie, adoption du Traité de Lisbonne, etc.) le Président français a expliqué que l'action et une réponse rapide à un problème donné ne pouvaient être réalisables lorsque tous les 6 mois les dossiers changent de main, impliquant pour le nouvel arrivant l'appropriation rapide des dossiers complexes, mais aussi la nécessité de nouer des contacts avec les partenaires, et enfin d'obtenir leur confiance.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a plaidé pour la création d'un "gouvernement économique" dont la mission dépasserait celle de l'Eurogroupe (réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro).
"Quand la crise prend les proportions que nous connaissons, la seule réunion des ministres des Finances n'est pas à la hauteur de la gravité de la crise. Et lorsqu'il a fallu mobiliser les sommes que nous avons mobilisées, il a fallu mobiliser non pas les argentiers mais les chefs d'Etat et de gouvernement, seuls disposant de la légitimité démocratique pour assumer des décisions aussi lourdes", a-t-il expliqué.
Pour conclure, Nicolas Sarkozy ne veut pas transmettre le relais de la présidence de l'Union sans avoir mener à terme, ou du moins boucler, les projets européens pour lesquels il a consacré beaucoup de temps, de travail, de consensus de la part de ses partenaires et d'effort de persuasion.
Ce qui pourrait servir sa cause n'est pas autre chose que le hasard du calendrier, puisque la prochaine présidence revient au premier semestre aux Tchèques dont on connaît leur scepticisme face à l'euro, sans oublier que ce pays subit actuellement une crise gouvernementale, puis au second semestre aux Suédois, qui se trouvent être hors de la zone euro.