L'Etat français envisage d'accueillir sur son territoire le centre régional d'alerte aux tsunamis et autres risques pour la zone de la Méditerranée occidentale, couvrant le littoral français, celui de la péninsule ibérique et de l'Italie occidentale, peut-on lire dans un communiqué.
Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, et la secrétaire d'Etat, Nathalie Kosciusko-Morizet, ainsi que la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, ont présenté la candidature française lors de la dernière réunion de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l'Unesco organisée à Athènes. Il s'agit de la cinquième réunion du groupe intergouvernemental de coordination pour la mise en place et le financement d'un système d'alerte aux tsunamis et autres aléas côtiers, en méditerranée et Atlantique du Nord-Est : le GIC SATANEM.
Les ministres ont rappelé que la création de ce centre, similaire à celui qui existe dans le Pacifique, était le seul moyen efficace pour alerter les autorités concernées et les populations en cas de tsunamis dans le bassin méditerranéen, et n'ont pas hésité à mettre en avant les compétences françaises dans ce domaine. Ils ont également rappelé que plus de 911 tsunamis ont été recensés au XXème siècle, dont 10% se situaient en Méditerranée.
Cette candidature française s'appuie notamment sur les conclusions du rapport du sénateur Roland Courteau, intitulé "la prévention des tsunamis sur les côtes françaises", selon lesquelles la France doit se positionner "comme leader et non comme suiveur. Nous disposons de suffisamment de compétences de hautes technologies et de savoir faire pour obtenir ce centre. Il est urgent d'afficher notre volonté. Et ce d'autant que plusieurs pays, comme l'Allemagne, l'Italie ou la Grèce ont déjà exprimé leur volonté d'accueillir un tel centre scientifique".
Notons qu'une récente réponse ministérielle (JOS Q. n°0287S) a précisé que le futur centre national d'alerte aux tsunamis devrait "s'appuyer sur un réseau de houlographes pour lequel l'expertise acquise par le Commissariat à l'énergie atomique", est manifestement une aide précieuse "et même irremplaçable". Cet élément, couplé à l'expérience et au réseau de MétéoFrance, pourrait avantager la candidature française.
Ajoutons enfin que les ministres français se disent "confiants dans la capacité de la délégation française à convaincre ses homologues de la pertinence du projet Français".