Une lettre recommandée réceptionnée par le service courrier de l'entreprise vaut notification à l'employeur

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Commentaire de jurisprudence publiée le lundi 10 novembre 2008.
Rédigée par Net-iris et classée dans le thème Droit du Travail.

Cass / Soc - 29 octobre 2008 - Rejet
Numéro de Pourvoi : 08-60016
Mots clés associés :
lettre recommandée - réception - notification - délais
Décision disponible en texte intégrale sur Net-Iris :
Jurisprudence n° 20896 : Une lettre recommandée réceptionnée par le service courrier de l'entreprise vaut notification à l'employeur

Aux termes de l'article D2143-4 du Code du travail, les nom et prénoms du ou des délégués syndicaux, du délégué syndical central et du représentant syndical au comité d'entreprise doivent être portés à la connaissance de l'employeur, soit par lettre recommandée avec avis de réception, soit par lettre remise contre récépissé. A compter de la date de réception du courrier, l'employeur dispose de 15 jours pour contester devant le juge cette désignation, conformément aux dispositions de l'article L2143-8 du Code du travail.
S'est alors posée la question de savoir si la lettre informant l'employeur, réceptionnée par le service courrier de l'entreprise, était valable et faisait courir le délai au jour de la réception, alors même qu'aucune personne physique n'apparaissait sur le récépissé de réception ?
En l'espèce, un employeur estime que la lettre recommandée avec demande d'avis de réception portant à la connaissance du chef d'entreprise le nom du délégué syndical, ne pouvait faire courir le délai de 15 jours pour contester la désignation, qu'à la condition d'avoir été remise à une personne habilitée à la recevoir, ce qui suppose que l'accusé de réception ait été signé par une personne physique identifiable.
Par un arrêt du 29 octobre 2008, la Cour de cassation confirme la décision des juges du fond qui avaient estimé que le recours de l'employeur contre la désignation du salarié en qualité de délégué syndical, avait été réalisé hors délai, peu importe que l'employeur ait reçu la lettre en main propre tardivement par rapport à sa date de réception par le service courrier de l'entreprise.
En effet, dès lors que la lettre de désignation avait été reçue selon le cachet figurant sur l'avis de réception par le service courrier de l'entreprise, la notification est valable et fait courir le délai de 15 jours. La validité de la notification ne dépend pas de la qualité de la personne qui le réceptionne, mais de son habilitation à recevoir un courrier au nom de l'employeur.
Cette solution jurisprudentielle peut être transposée à toute autre situation dans laquelle un courrier est adressé à l'employeur par recommandé avec accusé de réception (pour preuve, pour faire courrier un délai, etc.). S'il existe des dysfonctionnements dans l'entreprise, engendrant un retard dans l'acheminement du courrier aux services compétents, c'est à l'employeur d'user de son pouvoir de direction et de sanction et de prendre à l'égard des salariés fautifs, des mesures pour y remédier.

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Actualité juridique du lundi 10 novembre 2008

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