Après le cancer et la maladie d'Alzheimer, c'est cette année le "Don de vie / Don de soi" qui est décrété grande cause nationale 2009 par décision de François Fillon, grâce à l'impulsion du député Philippe Gosselin,
Les actions menées sur ce thème, par exemple par la Fédération des Associations pour le don d'organes et de tissus humains (France Adot), bénéficieront de l'assistance particulière des sociétés publiques de radio et de télévision pour communiquer sur le don d'organes, le don du sang, le don de plaquettes et le don de moelle osseuse.
L'objectif est de renforcer l'information des potentiels donneurs (majeurs en bonne santé), y compris par leur médecin traitant, afin de faire évoluer les mentalités sur ce sujet aujourd'hui considéré parfois comme tabou.
En effet, depuis plusieurs années, en France comme dans d'autres pays européens, les praticiens hospitaliers sont confrontés à une pénurie d'organes aptes à la transplantation, mais aussi à la raréfaction des donneurs de sang et de plaquettes, alors même que la collecte est indispensable pour soigner des patients au bloc opératoire ou souffrant d'une maladie nécessitant des transfusions régulières ou un organe sain. Cette décision intervient dans un contexte où l'urgence de modifier les comportements vis à vis du don, est primordiale.
Le législateur pourrait d'ailleurs être amené - dans le cadre de la réforme de la loi bioéthique de 2004 - à changer la loi en remettant en cause le principe actuel du consentement présumé au don, à défaut d'opposition connue, mais aussi celui de l'anonymat et de la gratuité des dons. Cette décision serait sans doute un rempart efficace pour lutter contre la multiplication des réseaux clandestins et illégaux de prélèvement d'organes sur des personnes souvent démunies et vulnérables (actualité du 17/07/08).
Notons qu'à Bruxelles, les choses bougent également, puisque le Parlement et la Commission travaillent à l'élaboration d'une "carte européenne de donneur", et à la possibilité pour les citoyens de désigner un représentant juridique habilité à prendre une décision en matière de don d'organes après sa mort (actualité du 23/04/08).
Rappelons enfin que la neutralité financière de l'hospitalisation du donneur d'organe est assurée en France depuis 2007, de sorte que l'ensemble des frais engagés au titre du prélèvement d'éléments du corps humain, de la collecte de ces produits et de l'hospitalisation du donneur est désormais sans incidence pour le donneur (actualité du 28/12/06). Le décret (n°2009-217) du 24 février dernier, vient d'ajouter que les frais d'examens et de traitement prescrits en vue du prélèvement d'éléments ou de la collecte de produits du corps humain, y compris des gamètes, les frais d'hospitalisation ainsi que les frais de suivi et de soins dispensés au donneur en raison du prélèvement ou de la collecte dont il a fait l'objet, sont pris en charge par l'assurance maladie.