Les perspectives économiques de Bercy pour 2009-2010

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Article de veille publié le mercredi 18 mars 2009.
Rédigé par Net-iris et classé dans le thème Finance.

En se basant sur l'environnement international de la zone euro, les dernières évolutions de l'économie française et des finances publiques, la Commission économique de la Nation vient d'ajuster ses perspectives économiques pour les années 2009 et 2010.

Elle décrit un scénario où l'environnement international de la France, après sa contraction violente consécutive à la crise financière de l'automne 2008, tendrait à se stabiliser en 2009 avant de se redresser graduellement en 2010. Cette estimation a été le schéma suivi par le ministère de l'Economie lors de l'élaboration de la seconde loi de Finances rectificative pour 2009, présentée en Conseil des ministres au début du mois.

Incidences des plans de relance, de l'intervention des banques centrales et de la conjoncture

Les plans de relance de la demande annoncés par les gouvernements devraient soutenir la croissance dans le courant de l'année 2009, car la baisse très sensible de l'inflation, consécutive à la chute du prix du pétrole et des matières premières depuis la fin de l'été 2008, devrait continuer à soutenir le pouvoir d'achat et la consommation, estiment les auteurs du rapport.

La mise en oeuvre des mesures françaises de relance, centrées sur l'investissement des entreprises et la préservation de l'emploi, devrait soutenir la demande intérieure et amortir l'effet sur l'activité de la crise en 2009. Dans un second temps, elle devrait favoriser un retour graduel à une situation économique normale. Par rapport à bien d'autres pays, le secteur financier français et le marché immobilier restent moins dégradés que d'autres.

L'intervention des banques centrales, dont la Banque centrale européenne, a permis de restaurer la confiance sur les marchés financiers et de limiter les répercussions de la crise sur l'économie réelle.

L'évolution du PIB mesurée en moyenne annuelle serait de -1,5% en 2009, en raison principalement de la baisse de la demande intérieure hors stocks, puis de +1,0% en 2010. Le PIB de la zone euro ne progresserait que de +0,4% en 2010.

Toutefois, la Commission prévient que ce scénario, moins pessimiste que d'autres, "est sujet à des aléas beaucoup plus nombreux qu'à l'accoutumée qui tiennent au temps qui sera nécessaire pour renouer avec un fonctionnement normal des marchés financiers et du crédit, à la durée et l'ampleur à la baisse du retournement des marchés immobiliers, aux délais de mise en oeuvre des différents plans de relance, enfin aux éléments récurrents d'incertitude que représentent les taux de change et les prix des matières premières".

L'activité mondiale pourrait se stabiliser en 2009 et s'orienter à la hausse en 2010

En moyenne annuelle, l'activité reculerait en 2009 et avant de progresser, de façon contenue en 2010. L'action coordonnée de la Banque centrale européenne qui a baissé ses taux directeurs, augmenté les liquidités disponibles et en a facilité l'accès, et des gouvernements qui ont mis en place des plans de soutien aux banques, a dans l'immédiat amoindri les tensions existant sur les marchés interbancaires. En 2010, les moteurs de la croissance resteraient encore un peu à la peine.

S'agissant de la progression de la consommation privée, elle serait amoindrie par la hausse du taux de chômage dans la zone euro. De même, l'investissement peinerait à repartir franchement du fait de perspectives d'activité encore modestes, la demande mondiale étant à peine stabilisée début 2010.

En France, selon les premières estimations réalisées sur la base des comptes trimestriels, la croissance se serait établie à 0,7% en 2008, après 2,2% en 2007. Pour les premiers mois de 2009, les indicateurs conjoncturels disponibles (jusqu'à la fin février 2009) montrent que "si l'activité industrielle poursuit son repli engagé au quatrième trimestre 2008, l'activité dans les services et le BTP donne des signes de stabilisation et que la consommation des ménages devrait continuer à bien résister, avec en particulier une reprise des achats d'automobiles qui bénéficient du dispositif de prime à la casse depuis décembre".

Importations, exportations et emploi en 2009

Les exportations reculeraient du fait d'une demande mondiale adressée à la France en baisse historique de - 8,6%. Les importations, face à une demande en repli, reculeraient globalement comme les exportations si bien que la contribution de l'extérieur serait proche de zéro.

Le pouvoir d'achat des ménages augmenterait de 1,4% en lien avec une inflation très contenue (0,4% après 2,8% en 2008). Le revenu disponible nominal des ménages resterait en croissance (1,9%).

La récession globale et les tensions financières rémanentes entraineraient un recul marqué de l'investissement des entreprises (-7% en 2009, en 2010 l'investissement pourrait être de +3,7%) et un fort mouvement de déstockage. Ce recul serait toutefois limité grâce aux mesures du plan de relance de soutien à la trésorerie des entreprises et d'investissement public.

L'ajustement à la baisse de l'emploi culminerait en 2009. Sur le marché du travail, les destructions d'emploi salariés marchands non agricoles se poursuivraient, principalement sur les premiers trimestres de l'année ; elles atteindraient de l'ordre de 350.000 avant prise en compte de l'évolution des emplois aidés qui permettraient à l'emploi total de diminuer moins sensiblement (- 290.000 en 2009, en glissement annuel).

Une tendance confirmée au niveau Européen

A l'occasion d'une réunion du Comité économique et social européen le 17 mars, le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso a confirmé que le PIB devrait chuter de près de 2% dans toute l'Union en 2009 et le chômage augmenter partout en moyenne de 10%.

"Aux quatre coins de l'Union, les ménages, les travailleurs et les entreprises commencent à ressentir durement les effets de la crise (...) elle met l'Europe à l'épreuve. Elle révèle avec acuité un fort besoin d'unité, de coordination et d'esprit de partenariat", a-t-il déclaré dans son discours.

Il a également annoncé la tenue en mai prochain d'un grand sommet européen pour l'emploi, car "le coût humain sera particulièrement lourd pour les plus fragiles : les travailleurs sous contrat à durée déterminée, les jeunes, les travailleurs migrants et les ménages à faibles revenus".

"La protection des emplois et la création d'emplois sont au centre de chaque mesure que nous avons prise pour remédier à la crise. Mais il faut aller plus loin. Avec les Etats membres, nous allons utiliser le Fonds social européen et le Fonds d'ajustement à la mondialisation pour préserver l'emploi et, dans des situations plus graves, accompagner les restructurations pour aider les travailleurs à rebondir", a expliqué M. Barroso.

Il a ajouté que tous les Etats membres devaient "faire tout ce qui est possible pour aider les entreprises à garder leurs travailleurs ; pour aider les chômeurs à retrouver un emploi ; et pour investir dans la formation et les compétences au sens large pour répondre aux besoins à court et à long terme".

Pour aller plus loin :

 Le Plan de relance de l'économie française 2009-2010 (12/02/2010)
 Adoption en Conseil des ministres de la seconde loi de Finances rectificative pour 2009 (04/03/2009)
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Actualité juridique du mercredi 18 mars 2009

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