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Un nouvel avis de l'AFSSA et du HCB pourrait remettre en question l'exploitation du maïs MON810

Le 23/12/2009, par La Rédaction de Net-iris, dans Public / Environnement.

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Début décembre 2007, le ministre de l'agriculture avait signé un arrêté suspendant la cession et l'utilisation des semences de maïs OGM MON810 jusqu'à la publication de la loi relative aux organismes génétiquement modifiés. En février 2008, la France avait réitéré sa décision de suspendre la mise en culture de cette variété de semence, laquelle n'a d'ailleurs pas été remise en cause depuis cette date.

Pourtant, quelques mois après cette décision, l'Autorité Europénne de Sécurité des Aliments avait estimé infondée la décision de la France d'utiliser la clause de sauvegarde sur le maïs génétiquement modifié de la firme américaine Monsanto, le MON810, au motif qu'il n'existait aucune preuve scientifique spécifique justifiant un risque pour la santé ou l'environnement.

Aussi, les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture ont sollicité l'avis de l'Agence française pour la sécurité sanitaire et alimentaire (FFSSA) et de le Haut Conseil des biotéchnologies (HCB) afin qu'ils expertisent, dans leur domaine de compétence, l'avis de renouvellement de l'autorisation du maïs génétiquement modifié MON810 publié par l'AESA le 30 juin 2009 au regard des interrogations soulevées par la France dans le cadre de sa clause de sauvegarde. Cet avis qui dresse un état des avantages et inconvénients du recours aux OGM, vient d'être rendu public fin décembre par un communiqué commun des ministères.

L'avis du HCB reprend notamment les principales questions posées par la France, mais aussi par d'autres pays européens (comme l'Allemagne, l'Autriche, la Grèce, la Hongrie et le Luxembourg), concernant principalement les impacts environnementaux de la culture d'OGM, et plus spécifiquement le MON810. Ces impacts portent sur les invertébrés non cibles, l'apparition de résistances chez les ravageurs et les questions sur l'efficacité des mesures de gestion proposées.

S'agissant des impacts environnementaux du MON810, ils apparaissent surtout liés à sa fonction insecticide, estiment les auteurs de l'avis. Les études montrent la nécessité de renforcer les réseaux de surveillance des effets non intentionnels des pratiques agricoles sur les écosystèmes. Une recherche active sur les biotechnologies en France apparaît essentielle :" elle doit viser des caractéristiques présentant un large intérêt écologique et agronomique, et apporter un éclairage sur les impacts positifs et négatifs y compris socio-économiques".

Enfin, les recommandations socio-économiques associées à l'avis scientifique analysent les avantages et inconvénients de la culture du MON810 selon plusieurs références : traitement insecticide chimique, attaque parasitaire ou non, autres méthodes de prévention et de lutte.

Au final, les autorités françaises souhaitent que les conclusions du Conseil, votées à l'unanimité des Etats membres en décembre 2008 pour renforcer l'expertise scientifique communautaire, soient rapidement mises en oeuvre et qu'un état d'avancement à un an en soit présenté.

© 2009 Net-iris

   

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