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Alerte attentat en Ile de France : les incidences du plan Vigipirate rouge "renforcé"

Le 07/01/2015, par Carole Girard-Oppici, dans Public / Droit Administratif.

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La France fait à nouveau l'objet de menaces terroristes obligeant les autorités à renforcer la surveillance du territoire et la protection de la population.

Ce 7 janvier 2015 au matin, l'agence de presse Charlie Hebdo ayant été semble t-il victime d'un acte de terrorisme qui a fait plusieurs morts et blessés, Matignon a déclenché le dernier niveau de l'alerte attentat en Ile de France : écarlate. La métropole reste en rouge renforcé.

Rappelons que depuis l'intervention des forces militaires françaises au Mali en janvier 2013, sous mandat de l'ONU, la France fait l'objet de menaces terroristes directes et sérieuses récurrentes. Aussi, le Président de la République, François Hollande, en concertation avec les hautes autorités chargées du renseignement et de la sécurité intérieure, a décidé de renforcer le plan Vigipirate.

S'il reste au niveau rouge, deuxième niveau le plus élevé, le plan prévoit le renforcement des dispositifs de surveillance et de la protection des lieux sensibles, notamment les gares, le métro et les lieux de culte.

La vigilance de tous est nécessaire. Rappelons qu'en mai 2010 à New-York, un drame a été évité grâce à la vigilance d'un vendeur ambulant de t-shirts qui avait signalé à la police la présence d'un véhicule suspect sur Times Square.

Élaboré pour prévenir les risques d'attentat, le plan permet de gérer différentes situations pouvant porter atteinte à la sécurité des personnes sur le territoire national. Des éléments des trois armées y participent en permanence, en accompagnement des forces de gendarmerie et de police, afin de protéger la population et de réagir rapidement en cas d'acte terroriste.

Il est composé près de 300 mesures réparties en 4 grands niveaux d'alerte :

  • Jaune : accentuer la vigilance, face à des risques réels mais encore imprécis, par des mesures locales avec le minimum de perturbations dans l'activité normale, et se mettre en état de passer aux postures des niveaux orange et rouge dans un délai de quelques jours.

  • Orange : prévenir le risque d'une action terroriste considérée comme plausible, fût-ce au prix de contraintes et de perturbations modérées dans l'activité normale, et se mettre en état de passer aux postures des niveaux rouge et écarlate dans un délai rapide, selon la nature des moyens.

  • Rouge : prendre les mesures nécessaires pour prévenir le risque avéré d'un ou de plusieurs attentats graves, comprenant certaines mesures de protection des institutions, et mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés, en acceptant les contraintes imposées à l'activité sociale et économique (niveau en vigueur en France depuis les attentats de Londres, il y a 7 ans).

  • Ecarlate : prévenir le risque d'attentats majeurs, simultanés ou non, pouvant utiliser des modes opératoires différents et provoquer des effets dévastateurs, et mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés ; des mesures particulièrement contraignantes peuvent être mises en oeuvre, comme :
    - la multiplication des contrôles aux accès des trains grandes lignes,
    - des restrictions de circulation notamment dans les tunnels,
    - l'interruption du trafic aérien civil,
    - ou encore l'arrêt de distribution d'eau du robinet et la mise en place d'un réseau de substitution.

Pour l'heure, le plan "écarlate" en Ile de France et "rouge renforcé" en métropole, rappelle à tous les hauts fonctionnaires et les responsables de lieux publics (dont les gares, les aéroports, les métros, les enceintes religieuses, culturelles, touristiques, les lieux de congrès, complexes sportifs, etc.), d'administrations et d'établissements scolaires, qu'ils doivent prendre des mesures permettant une surveillance accrue de leur bâtiments et des personnes. Les grands établissements privés sont invités à prendre des mesures similaires.

Dans les grands magasins très fréquenté en ce début de soldes d'hiver, les lieux touristiques très fréquentés, les écoles, les enceintes administratives, les entrées sont susceptibles d'être filtrées et les sacs fouillés plus systématiquement. Dans les bus, trains, gares et aéroports, la fréquence des messages de mise en garde est augmentée tandis que toutes les consignes à bagages vont être inspectées.
Les passagers sont invités à signaler aux autorités toute personne ou colis/bagage suspect.

A l'approche des bâtiments pouvant accueillir de nombreuses personnes, il est interdit de stationner à proximité immédiate des issues, mais également sur les trottoirs lorsque celui-ci entraîne une gêne à l'écoulement du flux des piétons. Tout stationnement non conforme est susceptible d'entraîner non seulement une verbalisation mais aussi, dans le contexte actuel, une mise en fourrière, voire l'intervention des artificiers du laboratoire central de la préfecture de police avec toutes ses conséquences matérielles.

Rappelons que le plan Vigipirate constitue un pivot autour duquel les plans d'intervention et de secours spécifiques (comme le plan Biotox, lequel définit les principes de la lutte contre le risque biologique, les moyens d'analyse et de détection des attaques contre l'air ou l'eau, la décontamination, la mobilisation des laboratoires pour produire les antidotes) peuvent être mis en place au besoin.

© 2015 Net-iris

   

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