
Rapport sur les énergies en France à l'horizon 2050
Principaux scénarios de prospective énergétique internationaux et européens à l'horizon 2050 et recommandations concernant le parc énergétique français.
Dans la perspective de la révision prochaine du programme pluriannuel des investissements qui sera présenté au Parlement en 2013, le ministre en charge de l'Energie, Eric Besson avait demandé en octobre 2011 - à Jacques Percebois, professeur à l'université de Montpellier 1, et Claude Mandil, ancien directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, vice-président du groupe consultatif "feuille de route énergie 2050" auprès de la Commission européenne - un rapport dans lequel serait analysé les différents scénarios de politique énergétique pour la France à l'horizon 2050.
Dans ce cadre, le Ministre a souhaité que l'exercice porte sur l'ensemble des énergies et examiné en particulier 4 options d'évolution de l'offre d'électricité en France :
- la prolongation du parc nucléaire actuel ?
- l'accélération du passage à la 3ème génération nucléaire (EPR), voire à la 4ème génération ?
- une réduction progressive du nucléaire ?
- voire une sortie complète du nucléaire ?
Le rapport Energies 2050 conclut qu'il "n'existe ni énergie sans inconvénients, ni scénario idéal, ni trajectoire idéale pour y parvenir", et que "personne ne peut prédire ce que sera le paysage énergétique en 2050".
Si les auteurs du rapport ont "refusé d'avoir un avis autonome" sur la question du nucléaire, ils confirment que grâce à ce choix, la France est l'un des pays les plus compétitif sur le prix de l'électricité et qu'elle a su se doter d'une Autorité de sûreté nucléaire, indépendante qui assure un niveau de sûreté acceptable.
S'agissant du développement de l'énergie éolienne et du photovoltaïque au-delà de 2020, les auteurs du rapport estiment qu'à partir du moment où "la part de ces énergies dans la production nationale d'électricité devient significative", un problème d'intermittence se posera qu'il ne faudra pas sous-estimer. En effet, ils recommandent qu'une attention particulière soit apportée à toutes les perspectives de stockage massif de l'énergie et de gestion de la demande, "sans passer leurs coûts sous silence".
Le rapport dresse moins d'une dizaine de recommandations à l'intention du ministère chargé de l'Energie :
- aire de la sobriété et de l'efficacité énergétique une grande cause nationale ; lancer des appels à proposition afin de mobiliser la R&D et l'innovation dans ce domaine en privilégiant les secteurs du bâtiment et des transports ;
- pour chaque décision de politique énergétique, évaluer le coût et l'effet sur les finances publiques, sur la balance commerciale, sur les émissions de CO2 et sur l'emploi (à la fois en postes et en qualifications créés), par comparaison avec une décision différente, afin de dégager des priorités ;
- s'interdire toute fermeture administrative d'une centrale nucléaire qui n'aurait pas été décidée par l'exploitant à la suite des injonctions de l'autorité de sûreté ;
- s'engager courageusement dans une politique de vérité (c'est-à-dire de hausse) des prix de l'énergie et des émissions de CO2, en traitant de façon spécifique et différente le cas de la précarité et celui des industries grosses consommatrices ;
- prendre l'initiative de proposer à nos principaux partenaires européens un réexamen en profondeur des règles du marché intérieur de l'énergie : celui-ci doit permettre le financement des investissements nécessaires, en particulier ceux permettant d'assurer la pointe, et assurer la cohérence des décisions des acteurs ;
- envisager une initiative dans le domaine de l'harmonisation internationale des règles et des pratiques de sûreté nucléaire afin de faire converger ces règles et pratiques vers le niveau le plus élevé
- maintenir, voire accroître l'effort de recherche publique dans le domaine de l'énergie, en coopération internationale et en accordant une priorité absolue aux programmes mis en oeuvre conjointement par des laboratoires publics et des entreprises innovantes, grandes ou petites, capables de s'attaquer au marché mondial. Les énergies renouvelables et le stockage de l'énergie devront recevoir une attention toute particulière.
- ne pas se fixer aujourd'hui d'objectif de part du nucléaire à quelque horizon que ce soit, mais s'abstenir de compromettre l'avenir et pour cela maintenir une perspective de long terme pour cette industrie en poursuivant le développement de la génération 4.
La prolongation de la durée de vie du parc actuel nous paraît donc la solution de moindre regret (sous la condition absolue que cela soit autorisé par l'ASN).
© 2012 Net-iris
Pour approfondir ce sujet :
Information de veille juridique
- Propositions pour accélérer les économies d'énergie (19/12/2011)
- Tous les Etats membres doivent participer au développement des énergies renouvelables (24/09/2007)









