Actualité : article de veille

Identification, gestion et fin du burn-out au travail

Le 10/09/2015, par Carole Girard-Oppici, dans Social / Droit du Travail.

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Dès l'apparition des premiers signes d'épuisement professionnel, il est possible de prendre immédiatement des mesures pour réduire les sources de stress.

Introduction

Départ à la retraite non remplacé, personnel en congé maladie de longue durée dont le poste reste vacant, salariée en congé maternité puis en congé parental sans recrutement de CDD, optimisation des ressources, économies salariales, sur-investissement d'un collaborateur... sont autant de facteurs de gestion des ressources humaines qui peuvent participer à l'épuisement professionnel de certaines personnes.

La grande problématique du burn-out est que bien souvent le salarié ne se rend pas compte de la gravité de son état, comme s'il était devenu incapable de voir la réalité de sa situation en face, qu'il se trouvait sur une autoroute sans sortie ni fin. Des signes doivent pourtant alerter, comme des manifestations :

  • physiques, tels que les troubles du sommeil ;
  • émotionnelles, comme la tristesse inexpliquée ou un sentiment de persécution ;
  • cognitives, tels que les pertes de mémoires ou troubles de la concentration ;
  • comportementales, isolement ou cynisme inhabituel ;
  • une volonté d'en finir, avec le risque de passage à l'acte suicidaire.

De toute évidence, quand on a l'impression d'être le fantôme de soi-même, il ne faut pas rester seul et en parler, notamment à ses proches et à son médecin de famille. Une aide extérieure est indispensable, mais il est souvent difficile de la trouver auprès de l'employeur !

Lorsque l'employeur ou le manager constate qu'un de ses salariés se trouve dans une situation d'épuisement professionnel, il doit lui apporter toute l'aide dont il a besoin, et principalement lui permettre de se reposer physiquement et psychologiquement. Le recours à un psychologue peut être d'une aide précieuse dans ces moments difficiles.

Comme le démontre des études cliniques, réalisées en 2014 à Bordeaux par le docteur Alain Jacquet, portant sur la mise au point d'une thérapie rapide (12 semaines) une aide psychologique semble indispensable en cas de burn-out. Le fait de l'associer à la prise d'un complément alimentaire dénommé Anbosyn (à raison de 2 comprimés par jour durant 3 mois en continu) permettrait même d'obtenir des résultats plus rapides. A tel point, que le laboratoire pharmaceutique s'est rapidement trouvé en rupture de stock une fois l'autorisation de mise sur le marché accordée. Et ce n'est pas étonnant lorsque l'on sait que près de 3,5 millions de personnes se trouveraient en situation d'épuisement professionnel extrême et chercheraient une solution médicale pour s'en sortir. Un test gratuit permet même, sur le site, de mesurer son niveau de stress.

Les membres du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, sont également là pour aider les victimes de syndrome, puisqu'ils sont compétents pour apporter leur aide au salarié en détresse, et élaborer avec l'employeur un plan de prévention des risques psychosociaux au travail.

Depuis plusieurs années, tant en raison de la crise, du chômage et de la peur de perdre son emploi, que de la situation économique des entreprises qui pousse à davantage de compétitivité et de performance, les salariés se disent davantage "sous pression". Selon une étude menée par la Dares en 2014, 31% des salariés déclarent même travailler "toujours" ou "souvent" sous pression.

Mais rien n'est irréversible et des solutions existent !

Caractéristiques de l'épuisement professionnel

Le syndrome d'épuisement professionnel, dit aussi "burn-out" désigne l'état de fatigue émotionnel, mental et physique dans lequel peut se trouver un actif. Il se caractérise par un manque de motivation et de performance après des mois de surmenage, et est souvent associé à un manque d'appétit et de sommeil.

Lié au stress au travail, c'est un phénomène qui ne touche pas seulement les cadres ou certaines professions. Si certaines, bien sûr, sont plus exposées que d'autres (ingénieurs, commerciaux, etc.) en raison de la charge de travail et des responsabilités qui sont associées au poste, de plus en plus de personnes se trouvent concernées, notamment en raison de l'optimisation de la masse salariale recherchée par de nombreuses entreprises.

Pour le monde médical, en plus des signes habituels du stress (fatigue, suées, nausées, diarrhée, troubles du sommeil, etc.), les premiers signes réversibles du burn-out sont les suivants, ensemble ou séparément :

  • troubles de la digestion et de l'appétit ;
  • troubles réguliers du sommeil ;
  • troubles de la sudation (suées, mains moites, mauvaises odeurs) ;
  • arythmies cardiaques ;
  • consommation excessive de café, tabac, alcool, médicaments, etc. ;
  • émotivité exacerbée.

En principe, une période de repos (utilisation des congés payés) et un allègement de la masse habituelle de travail à son retour, permettent à la personne de se sentir mieux et repartir du "bon pied".

Prévenir l'épuisement professionnel au travail

La prévention passe nécessairement par la prise de conscience par la personne, et elle n'est pas forcément aisée, mais aussi par son entourage. Pour éviter de devenir malade et développer de graves symptômes le salarié souffrant d'un mal-être au travail doit en parler à ses collègues, ses supérieurs, ses proches ou un médecin. Pour trouver une solution il faut déjà identifier ce qu'il ne va pas.

Il apparait que si certaines professions ou secteurs d'activités semblent être plus exposés au risque d'épuisement au travail (cadres supérieurs, professionnels de santé, agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d'entreprise, ou encore les ouvriers et employés "de contact"), tous les salariés peuvent être touchés et particulièrement ceux qui :

  • exercent un métier à risque ;
  • sont constamment fatigués ;
  • ont tendance à travailler trop (plus de 50 heures par semaine en moyenne à l'année) ;
  • manquent de reconnaissance ou de marge de manoeuvre ;
  • ont une conscience professionnelle à toute épreuve ;
  • sont hyperconnectés à leur téléphone et courriel ;
  • sont isolés de contacts sociaux (célibataire, divorcés, éloignés de leur famille) ;
  • évoluent dans une organisation matricielle ou avec un mode de management par objectif ;
  • présentent des signes d'insomnies, des migraines, d'importantes douleurs physiques ;
  • sont irritables et deviennent distant.

L'organisation internationale du travail (OIT) a publié un guide de 140 pages listant les 50 points de contrôle qui permettent de prévenir le stress au travail, à travers une méthode qui repose sur :

  • la connaissance du lieu de travail
  • la définition du secteur à contrôler
  • la visite ou la discussion initiale
  • la rédaction des résultats
  • le choix des priorités
  • les discussions en groupe des résultats des contrôles
  • la mise en place dans l'entreprise des mesures de prévention, grâce à des conseils et exemples de mises en situation (ex : Lors de la communication quotidienne, accorder une attention particulière aux nouveaux travailleurs, aux personnes ayant des problèmes de santé particuliers ou à ceux ayant besoin d'une formation spécifique).

Mesures à prendre après identification des premiers signes de burn-out

Lorsqu'un employeur ou manager repère la compilation de plusieurs de ces signes chez un collaborateur dont la charge de travail est importante, il doit rapidement prendre des mesures pour diminuer le stress psychologique et physique de cet employé.

En l'absence de mesures préventives du burn-out, celui-ci peut se manifester par des signes difficilement réversibles, à savoir :

  • une fatigue excessive malgré un repos ou des congés de plusieurs jours, alors que la personne est habituellement très active = cela conduit à une perte brutale de la productivité ;
  • le fait d'éprouver des difficultés physiques dans les gestes du quotidien (monter les escaliers, porter son ordinateur portable, etc.) = épuisement physique et perte de dynamisme ;
  • le besoin de faire des siestes régulièrement = perte de productivité ;
  • la perte d'appétit = accroissement de la fatigue, hypotension, vertiges ;
  • la consommation accrue de stimulants comme le café, le tabac, l'alcool, les boissons énergisantes et parfois aussi les médicaments = problèmes cardiaques ;
  • la perte d'énergie psychologique et de la motivation = dévalorisation de soi ;
  • des sentiments exacerbés = risque de suicide, de remise en cause de la structure familiale ;
  • la perte d'identité = la personne n'agit que par automatisme (de type robot).

Comment aider le salarié à sortir d'un burn-out ?

Tout d'abord, l'employeur ou le supérieur doit :

  • arrêter immédiatement de lui faire des éventuels reproches, si tel était le cas ;
  • réduire immédiatement sa charge de travail et réorganiser les tâches (avec un éventuel recrutement ou le recours à la sous-traitance) ;
  • lui accorder immédiatement des congés-payés (généralement la personne n'a pas épuisé ses droits) ;
  • lui proposer un soutien psychologique, immédiatement, et/ou à son retour ;
  • veiller à ce que son retour se passe dans de bonnes conditions, afin de prévenir une rechute.

En principe, la personne souffrant d'un burn-out bénéficie à la fois d'un repos, d'un traitement médical et d'une psychothérapie sur plusieurs mois.

Attention aux sanctions disciplinaires injustifiées

En aucun cas, les absences prolongées et répétées perturbant l'organisation et le bon fonctionnement de l'entreprise ne peuvent être invoqués à l'appui d'un licenciement, prononcé par l'employeur. Cette mesure serait à la fois discriminatoire et sans cause réelle et sérieuse pour manquement de l'employeur à son obligation de sécurité.

En effet, la Cour de cassation a admis le 13 mars 2013, que "lorsque l'absence prolongée du salarié pour cause de maladie résulte d'un manquement de l'employeur à l'obligation de sécurité de résultat, ses conséquences sur le fonctionnement de l'entreprise ne peuvent être invoquées pour justifier un licenciement".

Attention également à prévenir le burnout, car il peut être requalifié par les juges en harcèlement moral !
En effet, la Cour de cassation a considéré le 23 mars 2011 (pourvoi n°08-45140) que caractérise un harcèlement moral, le fait pour un salarié de faire état de surmenage, d'épuisement professionnel, de dépression, de nombreux appels téléphoniques à toute heure du week-end ou de la nuit, de pression constante aux fins d'obtenir le maximum de travail. Ces agissements réitérés émanaient tant de la supérieure hiérarchique directe que de l'employeur lui-même à travers des instructions précises, ce qui avait eu pour conséquence d'engendrer une dégradation des conditions de travail du salarié, portant atteinte à sa dignité, et ayant gravement altéré sa santé morale et physique et compromis son avenir professionnel.

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