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Normes et conseils sur le choix des détecteurs avertisseurs de fumées

Le 21/07/2015, par Carole Girard-Oppici, dans Civil / Consommation.

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Liste des DAAF défectueux qui ne remplissent pas leur rôle de prévention ou d'alerte en cas d'incendie, et conseil pour choisir le bon appareil.

Afin de sauver des vies, la loi relative à la prévention contre les risques d'incendie, adoptée en mars 2010, impose l'installation de détecteurs avertisseurs autonomes de fumée (DAAF) dans tous les logements d'habitationau plus tard le 8 mars 2015. Toutefois, l'article 71 de la loi Macron accorde un délai supplémentaire pour faire installer les détecteurs avant le 31 décembre 2015.

C'est un arrêté du 5 février 2013 qui a précisé les exigences auxquelles doit répondre le détecteur de fumée normalisé. Il doit, bien évidemment :

  • détecter les fumées émises dès le début d'un incendie (les détecteurs utilisant l'ionisation sont interdits) ;
  • émettre immédiatement un signal sonore suffisant permettant de réveiller une personne endormie dans le seul logement où la détection a eu lieu.

Mais il est vivement recommandé, notamment en cas d'installation dans le logement d'une personne âgée ou à mobilité réduite, de choisir un détecteur de fumées équipé d'une télécommande qui permet de l'éteindre à distance en cas de déclenchement intempestif. En effet, ces appareils sont parfois très sensibles et se déclenchent pour les simples fumées du rôti que l'on sort du four. Le niveau sonore de l'alarme est tel qu'il est rapidement insupportable de rester dans le logement si on ne peut le couper rapidement.

A défaut de télécommande, il faut soit attendre qu'il s'éteigne (plusieurs minutes sont nécessaires), soit monter sur une chaise ou un escabeau afin d'appuyer sur le bouton OFF qui se situe sur le DAAF fixé au plafond ! Une vrai gymnastique... qui peut être dangereuse en cas de chute. Le prix d'un DAAF avec télécommande est en moyenne de 50 euros, hors pose par un professionnel.

Rappelons qu'un détecteur de fumées aux normes est celui qui :

  • comporte un indicateur de mise sous tension ;
  • est alimenté par piles, batteries incorporées ou sur secteur ; dans le cas où la batterie est remplaçable par l'utilisateur, sa durée minimale de fonctionnement est d'un an ;
  • comporte un signal visuel, mécanique ou sonore, indépendant d'une source d'alimentation, indiquant l'absence de batteries ou piles ;
  • émet un signal d'alarme d'un niveau sonore d'au moins 85 dB(A) à 3 mètres ;
  • émet un signal de défaut sonore, différent de la tonalité de l'alarme, signalant la perte de capacité d'alimentation du détecteur ;
  • comporte les informations suivantes, marquées de manière indélébile :
    - nom ou marque et adresse du fabricant ou du fournisseur ;
    - le numéro et la date de la norme à laquelle se conforme le détecteur ;
    - la date de fabrication ou le numéro du lot ;
    - le type de batterie à utiliser ;
  • dispose d'informations fournies avec le détecteur, comprenant le mode d'emploi pour l'installation, l'entretien et le contrôle du détecteur, particulièrement les instructions concernant les éléments devant être régulièrement remplacés ;
  • est munis du marquage CE avec la Norme NF EN 14604.

Pour ceux qui ont décidé de ne pas attendre la date butoir du 8 mars 2015, et de s'équiper sans attendre d'un DAAF, ils ont pu être confrontés à un appareil défectueux. En effet, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a déjà mis en évidence la revente de produits non conformes ou dangereux.

Un appareil déficient qui ne remplit pas son rôle de prévention ou d'alerte en cas d'incendie donne un faux sentiment de sécurité ne permettant pas aux habitants de maîtriser un départ de feu ou de fuir à temps.

Rappelons que dans un communiqué de presse du 12 juillet 2014, la DGCCRF met en garde les consommateurs contre des détecteurs de fumée dangereux. Compte tenu des risques encourus, mais aussi du nombre important d'appareils qui vont, dans les semaines et mois à venir, être mis en vente sur le marché. La DGCCRF a décidé de publier systématiquement la liste des appareils qui ne répondent pas aux normes requises et qui, par conséquent, auront été retirés des étals.

Soulignons qu'au cours de l'été 2014, les analyses menées par les agents contrôleurs avaient permis d'identifier un lot de matériels non-conformes. Il s'agit du DAAF de la marque "Signalys", distribué par BRICODEPOT, appelé : DAAF HS-104 et portant la référence 403710. Compte tenu du danger grave et immédiat lié à ce matériel, il était recommandé aux consommateurs de ne pas l'utiliser.

Les DAAF non conformes sont retirés de la commercialisation, rappelés et détruits. Le consommateur peut obtenir son remboursement en le ramenant au magasin, dès lors qu'il a conservé un justificatif d'achat. En cas d'arnaque sur internet, le consommateur peut exiger le remboursement en adressant au vendeur, une lettre de mise en demeure de rembourser la totalité du prix de l'appareil.

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