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Les "Google Glass" à l'épreuve et sous surveillance

Le 22/07/2013, par La Rédaction de Net-iris, dans Technologies / Technologie & Communications.

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Les e-lunettes de Google, en cours de test, attirent l'attention de la CNIL : la vie privée des utilisateurs est-elle en danger ?

Le nouveau projet de google dénommé "Google Glass" intéresse de près les autorités chargées de la protection des données à caractère personnelles des utilisateurs et la CNIL.

A l'étude, des lunettes connectées à Internet équipées d'une caméra (dont la qualité et la précision des images est stupéfiante), d'un micro (qui permet une audition de bonne qualité), d'un GPS, de mini-écrans et d'un pavé tactile sur l'une des branches également appelée "lunettes à réalité augmentée".

Le procédé est révolutionnaire à double titre :

  • il se présente sous la forme d'un objet simple très communément utilisé, avec une simple distinction qui fait toute la différence, un petit boitier discret sur une branche des lunettes. Il s'agit du prolongement des acquis liés à l'accès internet sans fil, puisque ici la mobilité et l'accès à l'information sont parfaitement associés, le mode de fonctionnalité de l'appareil est déterminé par ordre vocal de l'utilisateur ;
  • ce bijou technologique est un concept discret et efficace qui permet à l'utilisateur un accès et un partage à d'innombrables informations. L'objet intègre des données fournies par internet qui peuvent aussi être stockées.

Le procédé conjugue polyvalence et simplicité en autorisant la conversation avec un interlocuteur à distance, l'enregistrement ou la photographie selon le mode choisi. Les lunettes interactives proposées par Google concentrent un véritable arsenal de fonctionnalités.

Si cette avancée dans l'innovation impressionne en rapprochant l'information de l'homme, elle interpelle quant à son utilisation en société.

En effet, ce projet semble difficilement s'accommoder des impératifs de protection de la vie privée et paraît présenter de sérieux risques d'atteintes à la protection des données à caractères individuelles.

La discrétion du dispositif notamment par son utilisation combinée avec des lunettes de soleil ne rassure pas quant au respect du droit à l'image des personnes qui pourront être photographiées ou filmées sans y avoir consenti.

Le danger de voir des enregistrements clandestins et illégaux se multiplier, est bien réel.

La question relative à l'enregistrement des oeuvres artistiques protégées par des droits d'auteur reste elle aussi ouverte.

Face à ces interrogations la société Google se défend par des argumentspour le moins critiquables en expliquant que les lunettes fonctionnent par commande vocale de l'utilisateur et qu'un voyant d'activation avertit sur le mode de fonctionnement utilisé.

Ces arguments ne sont pas totalement convaincants et méritent de plus amples explications au regard des intérêts en jeux. Une personne non visible pourrait, par exemple, facilement capter puis diffuser des images ou des enregistrements à l'insu d'autrui.
Les possibilités d'enregistrements audio et vidéo réalisés à l'insu des personnes utilisant ce matériel pourraient heurter le droit au respect de la vie privée et la protection des données personnelles des intéressés.

L'évolution effrénée des technologies de communication alimente le feu de la réflexion autour des moyens de contrôle des échanges de données facilités par ces nouvelles créations. L'enjeu étant de garantir un accès sécurisé aux produits proposés.
L'internationalisation des échanges et des modes de communication, nécessite la coopération des acteurs mondiaux compétents en matière de protections des données sensibles afin de trouver une réponse adaptée à un phénomène dont les effets sont transnationaux.

Devant les doutes suscités par ce projet encore en phase de test, l'autorité Canadienne, le G29 et certaines autorités membres de l'APEC (Australie, Nouvelle-Zélande, Mexique) ont décidé de faire front commun pour étudier l'impact lié à l'utilisation de ces nouvelles lunettes proposant un arsenal de fonctions. Elles ont adressé un courrier (en anglais) au Directeur Général de la société Google, M. Larry Page, afin d'obtenir certaines explications sur le fonctionnement des Google Glass et des précisions sur leur conformité avec les lois de protection des données personnelles.

A titre d'information, pour la seule année 2011 la CNIL avait été saisie de près de 700 plaintes d'internautes ayant rencontré des problèmes d'opposition à la diffusion de contenus et d'images sur internet ce qui représentait une hausse de 42% des litiges portant sur la protection de la vie privée sur internet par rapport à l'année 2010.

© 2013 Net-iris

   

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