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Une hausse de salaire net de 100 euros coûte 230 euros à l'entreprise

Le 26/06/2015, par Carole Girard-Oppici, dans Social / Droit du Travail.

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La France est l'avant dernier pays européen où le salaire est le plus chargé en cotisations sociales, impôts et taxes avec 45% de revenus pour l'Etat.

S'il est parfois difficile de négocier une hausse de salaire, c'est notamment en raison de l'importance des charges qui pèsent sur les entreprises. En effet, lorsque le salarié négocie une hausse de salaire net mensuel, l'employeur doit également assumer les charges sociales et fiscales liées à cette revalorisation.

Selon une étude de l'Institut économique Molinari, lorsque le salarié obtient 100 euros net d'augmentation par mois, l'employeur doit débourser 230 euros.
Sur une année, 1.200 euros net d'augmentation de salaire correspond à un effort budgétaire de 2.760 euros pour l'entreprise française. Le taux d'imposition réel du salarié moyen en 2015 est d'environ 45, 27%.

Dans la perspective de la mise en place d'un prélèvement à la source, le cabinet Ernst et Young estime qu'en moyenne, un salarié français (toute catégorie et ancienneté confondue) ayant négocié un salaire annuel brut de 53.647 euros, ne disposera finalement que de 23.276 euros, soit 1.939 euros par mois, une fois les charges sociales et fiscales prélevées et payées sur son revenu. Au 1er janvier 2016 avec la mise en place de la mutuelle obligatoire, le salaire net risque encore de diminuer.

Par ailleurs, au cours d'une année d'activité professionnelle, un salarié français ne se libère de ses obligations sociales et fiscales qu'aux alentours du 28 juillet en 2014 (contre le 26 juillet en 2013), c'est-à-dire une fois qu'il a apporté sa contribution au financement de la sécurité sociale et de la Caisse d'allocations familiales (allocations familiales, rentrée scolaire, PAJE, allocation logement, CMU, etc.), du chômage (Assedic), des hôpitaux et du système de soins, des écoles et de l'enseignement, de la sécurité publique, de l'entretien des routes, de l'administration de l'Etat, des régions, des départements et des communes (payer les impôts et taxes), etc.

Avant dernier des pays de l'Union européenne, la France détient, avec la Belgique, le triste record des Etats où travailler permet avant tout de rembourser et payer la dette publique et le fonctionnement de l'Etat.

Ce n'est donc qu'à partir du 29 juillet, qu'un salarié français travaille pour percevoir des revenus propres nécessaires à la vie de tous les jours (logement, déplacements, nourriture, loisirs, etc.).

© 2015 Net-iris

   

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