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L'utilisation intense d'un téléphone mobile donne-t-elle le cancer ?

Le 15/10/2013, par La Rédaction de Net-iris, dans Technologies / Sécurité & Protection.

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Une étude publiée démontre encore une fois les possibles dangers pour la santé d'une exposition continue aux radiofréquences.

Introduction

L'ANSES (l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) avait en 2011 mis en place un dispositif visant à répondre à des questions spécifiques en matière de sécurité sanitaire : il s'agit de la création d'un groupe d'expertise sur la thématique "Radiofréquence et santé".

Fruit de l'aboutissement de deux années de travail, les résultats de l'évaluation des risques liés à l'exposition aux radiofréquences ont été publiés le 15 octobre 2015 et sont accessibles dans un avis public de l'Agence. A ce titre, l'ensemble des effets sanitaires potentiels des radiofréquences, cancérogènes ou non, ont été étudiés, et leurs niveaux de preuve classés.

Signalons en premier lieu que les premières conclusions de l'évaluation des risques ne mettent pas en évidence d'effets sanitaires avérés. Cependant, et en accord avec le classement des radiofréquences proposé par l'Organisation mondiale de la santé, certaines publications évoquent une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs des téléphones mobiles, y compris les sms et mms.
Mais les téléphones ne sont pas les seuls coupables, car l'exposition aux ondes se fait également par les points d'accès wifi, les tablettes numériques, les téléphones sans fil intérieurs, les antennes relais, etc.

Ensuite, différents effets biologiques sont mis en avant par l'expertise. Il s'agit d'effets concernant le sommeil, la fertilité mâle ou encore les performances cognitives. Néanmoins, il convient de signaler que les niveaux de preuve restent somme toute assez limités : en effet, aucun lien de causalité n'a pu être réellement établi entre les effets biologiques décrits sur des modèles cellulaires soumis aux tests, et d'éventuels effets sanitaires qui en résulteraient. Chez l'homme, un effet physiologique à court terme a toutefois été observé sur le sommeil (troubles du sommeil) et chez la souris, l'exposition chronique aux radiofréquences pourrait induire une amélioration des performances cognitives et de la mémoire. Des études devraient être menées chez les malades d'Alzheimer.

Par ailleurs, l'Agence souligne, dans le cadre de son rapport, un développement massif des usages des radiofréquences dans les environnements extérieurs ou intérieurs, ce qui conduit à une exposition grandissante de la population, en raison de la multiplication des sources d'expositions.

L'Agence a dressé une liste de plusieurs recommandations concernant les radiofréquences, dont voici la teneur. Soulignons que les résultats des études scientifiques sur lesquels est basé le rapport ont notamment été obtenus après une exposition des rongeurs pendant une période de 12 mois. Manifestement la durée semble bien faible quand on sait que les radiofréquences font partie de notre quotidien et que leurs sources se multiplient sans cesse. En outre, les tableaux des études font largement état d'une "absence de données de qualité", autrement dit, la période d'étude a sans doute été trop courte pour donner des résultats probants.

Recommandations de l'Anses concernant les radiofréquences

L'Agence suggère :

  • de recourir au kit mains libres, et de privilégier l'acquisition de téléphones affichant les DAS (Débit d'absorption spécifique) les plus faibles pour les utilisateurs intensifs de téléphones mobiles ;

  • d'inciter les populations vulnérables, comme les enfants, à réduire l'utilisation de téléphones mobiles et des tablettes ;

  • de mettre en oeuvre des campagnes de mesures afin de poursuivre l'amélioration de la sensibilisation du public dans les environnements intérieurs et extérieurs (ex : les micro-ondes, le wifi dans un appartement) ;

  • que les conséquences d'une éventuelle multiplication du nombre d'antennes-relais fasse l'objet d'un examen approfondi ;

  • d'étudier d'un point de vue technique dans quelle mesure les expositions dues à des installations existantes peuvent être réduites ;

  • de documenter les situations des installations existantes conduisant aux expositions les plus fortes du public ;

  • outre les téléphones mobiles, que tous les dispositifs courants émetteurs de champs électromagnétiques, et destinés à être utilisés près du corps, fassent l'objet de l'affichage du niveau d'exposition maximal engendré. A titre d'exemple, il convient par exemple de citer les tablettes tactiles ou les appareils de surveillance à distance des bébés.

Le maître mot semble donc toujours être précaution, s'agissant de l'exposition aux radiofréquences !

© 2013 Net-iris

   

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