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Quel bilan de l'emploi et du chômage des jeunes en 2012 ?

Le 25/11/2013, par La Rédaction de Net-iris, dans Social / Droit du Travail.

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Une étude met en lumière le fait que 53,7% des jeunes âgés de 15 à 29 ans sont sur le marché du travail en 2012.

Introduction

Une étude, publiée par la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), et ayant pour objet l'emploi et le chômage des 15-29 ans, a pu mettre en lumière le fait que pour l'année 2012, 53,7% des jeunes âgés de 15 à 29 sont sur le marché du travail. Ce taux d'emploi des jeunes a baissé de 0,8 points, tandis que la part de ceux au chômage a augmenté de 0,9 point, et celle des jeunes ne se trouvant ni en emploi ni en formation, de 0,5 point.

Les données de cette publication sont issues pour la plupart de l'enquête "emploi", réalisée tous les ans par l'INSEE auprès des ménages.

Si ce taux semble faible, il ne faut pas oublier que beaucoup de jeunes font des études supérieures et ne se trouvent sur le marché du travail que tardivement (selon les études menées entre 23 et 29 ans).

Pour inciter les employeurs à embaucher des jeunes, l'Etat a mis en place des aides à l'embauche (embaucher un jeune de moins de 26 ans), afin de diminuer le coût du recrutement.

Différents points, soulignés par l'étude, méritent d'être mentionnés ci-dessous.

Le taux d'activité des jeunes s'est replié de 2 points entre la mi 2009 et la fin 2012

Du fait de plusieurs facteurs, et notamment de l'allongement des études, le taux d'activité des 15-29 ans avait, depuis 1975, fortement diminué, avant de se stabiliser autour de 54% entre 2000 et 2005. Il a fortement augmenté du début de 2006 à début 2009 (+2 points en trois ans), dans un contexte de progression de l'alternance, et de légère baisse de la durée des études.

Le taux d'activité des 15-29 ans a ensuite fortement diminué, du début 2010 jusqu'au 3ème trimestre 2012, perdant 2,4 points sur la période, avant de progresser de 0,6 points au 4ème trimestre 2012.

Finalement, après avoir baissé de plus de 10 points entre 1975 et la seconde moitié des années 1990, le taux d'activité de l'ensemble des 15/29 ans est resté compris entre 53,4% et 56%, de 1998 à 2012.

Des taux historiquement hauts pour le taux de chômage et la part de chômage des 15-29 ans

Tout d'abord, l'étude précise bien que les jeunes étant nombreux à poursuivre leurs études sans travailler ou rechercher un emploi, la proportion de jeunes au chômage est très inférieure à leur taux de chômage. En moyenne, en 2012, moins de 5% des 15-19 ans sont au chômage, tandis que leur taux de chômage dépasse les 30%.

Après avoir baissé entre mi 2006 et mi 2008 (-3,1 points), le taux de chômage des 15-29 ans a fortement augmenté de 2008 à la fin 2009, de +4,6 points, sous l'effet de la dégradation importante de la situation économique.

La part des jeunes de 15-29 ans au chômage a baissé de fin 2009 à mi 2011, de 0,7 points, pour finalement augmenter de la mi 2011 à la fin 2012 (+1 point).

Le taux de chômage des actifs de 15-24

Ce taux de chômage reste très sensible à la conjoncture. Il a de ce fait augmenté beaucoup plus vite que celui de l'ensemble des actifs depuis 2000, et progresse généralement beaucoup plus rapidement que le taux de chômage de ces derniers. En 2012, un actif de 15-24 ans a une probabilité d'être au chômage plutôt qu'en emploi de 2,9 fois celle de l'ensemble des actifs, contre 2,1 fois en 2000.

En revanche, l'écart de taux de chômage avec l'ensemble des actifs est beaucoup plus faible et son évolution à la hausse depuis 2000 s'est avérée plus régulière et plus modérée. Ainsi, en 2012, un actif de 25-29 ans a une probabilité d'être au chômage plutôt qu'en emploi de 1,4 fois celle de l'ensemble des actifs, contre 1,2 fois en 2000.

15,1% des jeunes de 15-29 ans ne sont ni en emploi, ni en formation en 2012

L'indicateur européen "NEET" mesure la part des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation initiale ou continue. Ainsi, en 2012, près de 15% de l'ensemble des 15/29 ans sont dans cette situation.

La part est beaucoup plus faible pour les 15-19 ans (6%) que pour les 20-24 ans (18%) et les 25/29 ans (21%).

Concernant la différence entre les hommes et les femmes, entre 25 et 29 ans, l'écart est plus important car les femmes sont plus souvent inactives que les hommes après la fin de leurs études, à un âge ou la présence de jeunes enfants est plus fréquente.

Signalons une donnée particulièrement inquiétante pour le marché de l'emploi et notre économie : environ 80% des jeunes inactifs en NEET ne souhaitent pas travailler, et cela sans grande variation selon la tranche d'âge ou le sexe. Les aides sociales sont donc suffisamment confortables pour ne pas inciter des jeunes à travailler surtout quand le salaire annoncé est équivalent au Smic.

Un repli du taux d'emploi des 15-29 ans qui s'est poursuivi pour la quatrième année consécutive

Quasiment stable au début de l'année 2008, le taux d'emploi des 15/29 ans s'est ensuite replié continûment pour s'établir à 43,8% fin 2012. La chute a été assez importante de fin 2008 à fin 2009, et de mi 2011 à fin 2012.

Concernant l'emploi intérimaire, la baisse du taux d'emploi des 15/29 ans a été moins rapide qu'en 2008-2009 et l'écart selon le sexe de l'évolution du taux d'emploi a été important mais moindre qu'au cours de la première phase de la crise (respectivement -2,4 points et -1,2 point).

Des jeunes actifs occupés plus souvent non salariés et moins souvent dans la fonction publique que par le passé

Les jeunes occupant un emploi sont le plus souvent salariés du privé ou des entreprises publiques que l'ensemble des actifs occupés (80% entre 15 et 29 ans en 2012, contre 69% pour l'ensemble des actifs occupés). Le plus souvent, ils sont non salariés, ou salariés de la fonction publique (15% contre 20%). La proportion des jeunes femmes dans la fonction publique est beaucoup plus forte. Parallèlement, elles sont moins présentes chez les non salariés et dans le secteur privé ou les entreprises publiques.

En moyenne, pour l'année 2012, parmi les salariés du secteur privé ou des entreprises publiques âgées de 15 à 29 ans, 33% ont un contrat temporaire (intérim, contrat à durée déterminée), contre 13% pour l'ensemble des salariés. Parmi les jeunes salariés de la fonction publique, 44% sont contractuels en CDD (y compris emplois aidés en CDD), contre 15% pour l'ensemble des salariés de la fonction publique.

Sans surprise, l'étude révèle donc que la part des contrats temporaires est beaucoup plus importante chez les jeunes actifs que chez les plus anciens.

La part des emplois aidés chez les jeunes de moins de 26 ans

Près d'un quart des emplois occupés par un jeune de moins de 26 ans bénéficient d'une aide de l'État fin 2012, contre 3,3% des actifs occupés. Ainsi, 642.000 jeunes de moins de 26 ans occupent un emploi aidé (comme un contrat "emploi d'avenir") fin 2012, soit 16.000 de moins que fin 2011 et un recul de 54.000 depuis la fin 2008.

Cette proportion semble plus ou moins stable, au regard du repli simultané de l'emploi. De plus, signalons que la part des contrats en alternance (contrat d'apprentissage ou de professionnalisation) dans les emplois aidés a augmenté tendanciellement et représente plus de 90% en 2012, soit le taux le plus élevé depuis le milieu des années 1980.

Ces statistiques font échos à une précédente étude publiée sur le devenir des personnes sorties de contrats aidés.

Des taux inférieurs aux moyennes européennes

En 2012, le taux de chômage des 15-29 ans, comme les parts de chômage et de "NEET" sont en France un peu inférieurs aux moyennes européennes. En 2012, le taux d'activité des 15/29 ans est en France métropolitaine inférieur de 3,2 points à la moyenne de l'Union européenne à 27 pays. A titre de comparaison, pour l'ensemble des 15/64 ans, le taux et la part de chômage sont aussi inférieurs à la moyenne de l'Union Européenne à 27, tandis que le taux d'emploi est très légèrement inférieur.

Enfin, de 2008 à 2012, la part des jeunes de 15/29 ans qui ne sont ni en emploi ni en formation a augmenté dans tous les pays de l'Union européenne des 15, à l'exception de l'Allemagne, de l'Autriche et du Luxembourg, où elle a même légèrement reculé. En France, cette augmentation a été de 2,5 points.

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