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Compétitivité : Comment redresser la France ?

Le 28/11/2013, par La Rédaction de Net-iris, dans Affaires / Concurrence.

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Un rapport propose des solutions qui permettraient de redresser la compétitivité de l'hexagone.

Plan détaillé :

  1. Introduction
  2. Les principales recommandations de l'OCDE

Introduction

La compétitivité d'un pays est extrêmement importante pour le recul du chômage, la consolidation des comptes publics et extérieurs, ainsi que pour le retour de la croissance. L'organisation de Coopération et de développement économique (OCDE) a mis en ligne un rapport concernant les enjeux auxquels doivent faire face les pouvoirs publics français, et présente à cette occasion les principales recommandations pour remédier à la situation de crise, mais aussi pour relancer la compétitivité française.

L'OCDE relève tout d'abord que la France est engagée dans la lutte pour le retour de la compétitivité, grâce notamment à la mise en place du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), mais aussi de l'accord national interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2013 ayant donné lieu à la loi sur la sécurisation de l'emploi en date du 14 juin 2013.

Ce rapport est basé sur 9 chapitres :

  • une vue d'ensemble ;
  • le renforcement de la recherche et la stimulation de l'innovation ;
  • le renforcement de la concurrence et du cadre réglementaire ;
  • la mise en place d'un service public plus efficace ;
  • la réforme de la fiscalité, dans le but de favoriser l'emploi et l'investissement ;
  • la réforme du marché du travail ;
  • l'amélioration de la performance du système éducatif ;
  • l'amélioration de la formation professionnelle ;
  • l'amélioration du fonctionnement du marché du logement.

Certaines recommandations permettraient à la France de redresser rapidement sa compétitivité sans mettre en péril son équilibre budgétaire. Le Gouvernement Ayrault pourrait s'en inspirer, s'il ne l'a pas déjà fait !

Les principales recommandations de l'OCDE

Parmi les principaux conseils distillés par l'organisation tout au long des chapitres, il convient de mentionner :

  • le renforcement du dynamisme de la productivité, dans le but de soutenir la croissance, ainsi que le renforcement du système d'innovation et de recherche et développement (R&D), jugés insuffisamment efficaces, et qui constituent un frein aux puissants atouts de certains secteurs à haute intensité technologique (comme le secteur manufacturier de haute et moyenne technologie, la défense, les services financiers ainsi que l'aéronautique, les chemins de fer, le nucléaire). Notons que selon le rapport, la recherche et développement des entreprises, et notamment des PME, reste très faible ;
  • un renforcement de la concurrence, qui aurait un impact conséquent en matière de stimulation de l'innovation et d'accroissement de la productivité. En effet, le rapport relève que malgré des progrès notables, des obstacles à la concurrence continuent de brider la croissance économique et la compétitivité des entreprises françaises, dans une économie mondiale de plus en plus concurrentielle. Des efforts devraient être engagés dans certains secteurs, notamment dans les industries de réseau et les commerces de détail, ainsi que dans les activités qui fournissent des services aux entreprises, et les professions libérales ;
  • rendre le service public plus efficace, et ce, compte tenu de sa place considérable dans l'économie et la société française. Des rigidités dans la gestion interne de ses ressources, un cloisonnement institutionnel, et une complexité normative forte sont à relever. La pesanteur réglementaire, qui affecte les pouvoirs publics, comme les entreprises et les administrés, devrait se voir réduite. Finalement, l'OCDE conseille à la France une refonte totale de l'Administration française, qu'elle qualifie allègrement de "millefeuille" ;
  • réformer la fiscalité, pour soutenir l'investissement et l'emploi, car la France posséderait en effet un des coûts du travail parmi les plus élevés de l'OCDE. Ainsi, combiné à un salaire minimum qualifié de "relativement élevé", les charges salariales françaises seraient un frein à l'employabilité des salariés à faible productivité et peu qualifiés ;
  • un renforcement de la formation et de la qualification de la main d'oeuvre, qui constitue l'un des principaux moteurs de la compétitivité, de la productivité et de la croissance à long terme. A ce titre, l'organisation préconise un accompagnement plus accru des élèves, afin d'éviter la hausse des échecs scolaires, et un renforcement de la formation professionnelle ;
  • enfin, le rapport consacre un chapitre sur les liens entre la compétitivité et le développement des secteurs du logement et de la construction. L'OCDE considère à ce titre que les politiques de soutien au logement doivent prendre en compte leur impact possible sur la compétitivité et la capacité d'exportation de l'économie.

Le Gouvernement actuel semble de prime abord sur la bonne voie, en ayant engagé certaines réformes préconisées par le rapport, notamment sur la formation professionnelle, et sur la simplification des relations avec l'Administration. Des efforts conséquents restent cependant encore à fournir.

© 2013 Net-iris

   

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