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L'auto-entrepreneur change de profil

Le 06/02/2014, par La Rédaction de Net-iris, dans Affaires / Commercial & Sociétés.

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Depuis son entrée en vigueur, en 2009, le statut d'auto-entrepreneur est de plus en plus plébiscité par des profils variés.

Introduction

Le statut de l'auto-entrepreneur a été mis en place par le chapitre 1er de la loi du 4 août 2008 de modernisation de l'économie dite loi Novelli, afin de permettre à tous les Français qui le souhaitent (salariés, retraités, fonctionnaires, chômeurs, étudiants) de créer leur propre activité, en parallèle ou non de leur activité principale, de façon simple et rapide.

Une étude, publiée par l'Insee met en lumière le fait que depuis le 1er janvier 2009, date de l'entrée en vigueur du régime de l'auto-entrepreneur, le statut a connu un succès croissant.

Ainsi, chaque année, entre 270.000 et 360.000 immatriculations d'auto-entreprises sont enregistrées, ce qui constitue plus d'une création d'entreprise sur deux.

Le profil type de l'auto-entrepreneur a cependant fortement évolué au fil des années : il s'avère en effet que si un créateur d'entreprise sur trois a le profil d'un entrepreneur classique, d'autres profils atypiques prennent de l'ampleur.

Trois groupes de créateurs peuvent être relevés

L'étude de l'Insee, prenant en considération les différentes caractéristiques des créateurs (et notamment l'âge, le sexe, le niveau de diplôme, le statut professionnel initial) distingue neuf profils types de créateurs, à l'aide d'une méthode de classification automatique.

Les neufs profils types sont ainsi classés en trois grands groupes :

  • dans le premier groupe, figurent les auto-entrepreneurs qui considèrent cette activité comme un complément ;
  • les personnes qui considèrent le statut de l'auto-entreprise comme un tremplin vers la création de leur propre emploi forment le deuxième groupe ;
  • le troisième panel regroupe les créateurs d'entreprise ayant un profil classique.

L'auto entreprise comme activité de complément

La création du statut de l'auto-entrepreneur a entrainé l'augmentation du nombre d'entreprises créées comme activité de complément. Des salariés déjà en poste, dans le public ou le privé, des retraités, voire des étudiants, s'immatriculent en tant qu'auto-entrepreneur afin de se constituer un revenu complémentaire. Cette démarche est le plus souvent l'occasion de doter une activité accessoire d'un cadre légal.

Ainsi, l'étude révèle que plus de la moitié des auto-entreprises immatriculées au premier semestre 2010 jouent ce rôle. 36% des auto-entrepreneurs ont, outre leur auto-entreprise, une activité rémunérée.

Les salariés du privés immatriculés en tant qu'auto-entrepreneur sont plutôt jeunes et provinciaux, et créent le plus souvent leur entreprise avec très peu de moyens.

Le deuxième profil type est constitué par les retraités. Ces derniers ont aussi profité du régime de l'auto-entrepreneur pour créer une activité de complément. Soulignons que contrairement à la catégorie précédente, 41% d'entre eux avaient déjà crée une entreprise auparavant.

Le statut d'auto-entrepreneur permet aussi à certains enseignants de la fonction publique qui ne travaillent pas à temps plein, de développer une activité privé en plus de leur activité principale, en tant que professeur pour le soutien scolaire par exemple. Rappelons cependant que des cotisations sociales sont à payer et permettent d'acquérir des droits notamment pour la retraite.

En outre, les étudiants sont aussi attirés par le statut d'auto-entrepreneur. Ainsi, ces derniers profitent le plus souvent de leur niveau d'étude pour tenter de créer une activité entrepreneuriale dans le domaine de l'information et de la communication, ou du soutien aux entreprises. Chose appréciable, le régime de l'auto-entrepreneur permet, à peu de frais, de se faire une première expérience.

Une alternative à une activité classique

Pour les personnes qui souhaitent créer leur propre emploi, l'auto-entreprise représente une alternative plutôt intéressante à une activité classique. L'étude met l'accent sur trois profils types :

  • les non diplômés débutants, qui se sont le plus souvent lancés dans la création d'un commerce. Leur objectif principal est de devenir leur propre patron, en profitant des avantages découlant du régime de l'auto-entrepreneur. Beaucoup affirment qu'ils n'auraient pas franchi le pas de la création d'une entreprise sans l'existence de ce statut d'auto-entrepreneur ;
  • les consultants en Ile de France. Ces derniers sont le plus souvent des jeunes très diplômés, des salariés ou des chômeurs, qui créent en Ile-de-France une activité dans le soutien aux entreprises pour lesquelles ils travaillent souvent en sous traitance ;
  • les créateurs de la construction, qui sont le plus souvent des hommes, titulaires d'un BEP ou d'un CAP, et qui sont des anciens salariés du secteur de la construction.

Les créateurs d'entreprise par excellence

Ce groupe de création classique comprend principalement :

  • les anciens chômeurs, qui ont le plus souvent bénéficié d'une aide en lien avec leur statut de chômeur, qu'il s'agisse de l'aide publique aux chômeurs créateurs d'entreprise (Accre) ou du nouvel accompagnement pour la création et la reprise d'entreprise (Nacre) ;
  • les créateurs expérimentés, pour la plupart des hommes de 40 ans et plus, ont déjà une forte expérience dans la création d'entreprise. Les investissement de départ sont plus élevés que la moyenne ;

Auto-entrepreneurs : pourquoi pas vous ?

Une fois le domaine d'activité défini, l'accès au statut d'auto-entrepreneur se fait de façon simple.

La déclaration de l'activité se fait par simple déclaration en ligne sur le portail officiel des auto-entrepreneurs, ou auprès d'un Centre de formalité des entreprises (CFE).

Votre entreprise doit être soumise au régime fiscal de la micro-entreprise. Un plafonnement du chiffre d'affaire est exigé.

Pour l'année 2014, le plafond annuel, (mentionné à l'article 50-0 du Code général des impôts) est fixé à 82.200 euros (HT) pour une activité d'achat/revente et à 32.900 euros (HT) pour une activité de prestations de service.

Rappelons que les fonctionnaires peuvent envisager de devenir auto-entrepreneurs sous certaines conditions. Le décret (n°2011-82) du 20 janvier 2011 a élargi la liste des activités que les fonctionnaires sont autorisés à exercer en dehors de leur fonction, sous le régime de l'auto-entrepreneur.
Les services à la personne et la vente de biens fabriqués personnellement par l'agent font maintenant partie des activités éligibles au cumul.

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