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Enjeux éthiques des techniques biomédicales

Le 07/03/2014, par La Rédaction de Net-iris, dans Santé / Bioéthique.

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Recommandations du CCNE sur le recours aux techniques biomédicales en vue de neuro-amélioration chez la personne non malade.

Depuis toujours, les hommes cherchent à améliorer leurs performances ou leur bien-être (avec la diminution de l'anxiété, par exemple) que ce soit grâce au café, à l'alcool voire même au dopage, au haschich ou aux médicaments (ex : antidépresseurs).

Mais avec la course à la performance socio-économique, à la compétitivité, couplés aux progrès de la médecine et de la pharmacie, il est possible de croire que la science peut améliorer les capacités du cerveau au point de parler "d'augmentation cérébrale", de "neuro-augmentation" ou de "dopage cérébral" chez des personnes ne souffrant d'aucune déficience ou de maladie.

Interrogé sur les enjeux éthiques de l'utilisation des techniques biomédicales en vue de neuro-amélioration, le Conseil national d'Ethique a rendu un avis n°122, dans lequel il reste très prudent vis-à-vis du sujet encore naissant. Il retient principalement les points suivants :

  • dans les études de recherche cognitive chez le sujet non malade, une amélioration de certains paramètres des fonctions psycho-cognitives a pu être observée mais elle est inconstante, modeste, parcellaire et ponctuelle ;
  • il faut faire preuve d'une plus grande rigueur dans la réalisation des études et la plus extrême prudence dans l'interprétation, l'utilisation et la communication des résultats ;
  • le rapport bénéfice/risque à long terme du recours, chez la personne non malade, aux techniques biomédicales en vue de neuro-amélioration est totalement inconnu mais l'exemple des amphétamines suggère un risque probable d'addiction ;
  • face à l'ignorance de la science et le risque potentiel d'addiction, le CCNE déconseille l'utilisation chez l'enfant, l'adolescent et les personnes vulnérables ;
  • l'élargissement du champ de la médecine à la neuro-amélioration biomédicale du sujet non malade comporterait un risque majeur de distorsion des priorités de santé, risque qui ne pourrait que s'aggraver si les ressources publiques étaient engagées.

Au final, avant d'envisager d'avoir recours à la neuro-amélioration, mieux vaut déjà commencer par une nutrition équilibrée, un rythme de vie respectant les phases de sommeil et de repos, la stimulation intellectuelle par le travail, les loisirs et la culture, sans oublier l'activité physique.

© 2014 Net-iris

   

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