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Les incivilités au travail : un mal extrêmement nocif !

Le 11/06/2014, par Carole Girard-Oppici, dans Social / Droit du Travail.

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Les entreprises sous-estiment l'impact du manque de respect au travail alors que les incivilités ont des conséquences graves sur les salariés exposés.

N'avez-vous jamais été confronté à des collègues mal lunés ou impolis, des toilettes ou espaces repas dans un état d'hygiène déplorable ou encore avoir subi des remarques déplacées de la part de clients ? Malheureusement, vous êtes loin d'être une exception !

D'après une étude publiée par le cabinet Eléas - à l'occasion de la 11ème semaine de la Qualité de vie au travail - le manque de respect au travail serait vécu comme une réalité par près de 50% des salariés.
Pour 2/3 des salariés (66%), les incivilités relèvent du manque de respect des codes de politesse envers autrui et des règles comportementales et de cordialité.
Près de 21% des employés sont même confrontés régulièrement à la violence verbale et les comportements agressifs.
Plus grave encore, près d'un salarié sur trois affirment souffrir de cette situation, au point de provoquer des tensions et un manque de motivation dans le travail.

Ces incivilités se traduisent le plus souvent par l'apparition du stress, de l'anxiété, voire des insomnies, certains salariés pouvant même aller jusqu'à évoquer le burn-out !

Dans les faits, même si le public extérieur à l'entreprise - principalement les clients et les fournisseurs - est souvent désigné comme l'auteur de ces comportements anxiogènes (54%), les salariés pointent aussi du doigt leurs collègues (48%). Notons que seulement 18% des sondés, désignent leurs managers et leurs direction comme responsables de ces incivilités.

En outre, certains personnels, comme ceux en contact avec le public extérieur (notamment dans le service public, le commerce) mais aussi les travailleurs moins qualifiés, ceux soumis à des horaires décalés, ainsi que les femmes (propos sexistes ou discriminatoires), sont particulièrement frappés par ce fléau.

D'après le Président du Cabinet de conseil, Xavier Alas Luquetas, "les incivilités au travail ont la perversité silencieuse de l'amiante : tant que l'exposition est maintenue, elles affaiblissent progressivement les défenses de l'individu, qui, avec le temps, finit par manifester des symptômes, physiques comme psychiques". De plus, il semble que les méthodes employées par les managers pour lutter contre ce phénomène s'avèrent souvent inadaptées.

Les employeurs doivent donc très rapidement s'intéresser à la question de l'incivilité dans leur entreprise - au moyen par exemple d'une enquête destinée à connaître l'opinion de leurs salariés sur l'ambiance et les relations de travail - afin d'éviter que leur entreprise ne se transforme en véritable lieu de destruction de l'identité individuelle ! Mieux vaut enrayer au plus tôt les incivilités, car elles ont tendance à augmenter face au laxisme.

A titre d'exemples, sont des mesures positives et attendues par les salariés :

  • la mise en place de formations sur les comportements (consignes, réunions) et les relations entre collègues ;
  • la mise en place de planning plus clairs qui apaisent les tensions et une charge de travail régulée ;
  • la création de groupes de travail entre collègues pour résoudre les tensions au sein des équipes ;
  • la tenue de formations sur la gestion du stress ou de l'agressivité des clients difficiles (accueil, réclamation, attente) ;
  • la mise en place d'un numéro vert pour permettre aux salariés de parler à un psychologue.

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