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Les salles de shoot bientôt autorisées ?

Le 01/04/2015, par Juliette Balatre, dans Santé / Droit Médical.

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Le projet de loi santé prévoit l'expérimentation des salles de consommation à moindre risque afin de protéger les usagers de drogues.

Le projet de loi santé actuellement en cours d'examen par l'Assemblée nationale prévoit la mise en place d'une expérimentation de "salle de shoot". Autrement appelées salles de consommation à moindre risque, ce projet s'appuie sur d'autres pays, par exemple les cas allemands, espagnols ou suisses, qui ont déjà mis en place de tels dispositifs afin de protéger les usagers de drogues par voie intraveineuse des risques sanitaires de l'injection, et dont le bilan semble positif. Le texte envisage donc une expérimentation des mêmes procédés pour une durée de 6 ans afin de (1) :

  • éviter les complications sanitaires liées à la prise de substance psycho-actives ;
  • promouvoir l'hygiène de la consommation ;
  • inciter les usagers de drogues à s'orienter vers des modes de consommation à moindre risque ;
  • les mener vers un processus de substitution ou de sevrage ;
  • réduire les nuisances que cela implique parfois dans l'espace public (présence de matériel d'injection utilisé source de contaminations accidentelles).

Les salles s'adresseraient à un public vulnérable amené à consommer des drogues dans un cadre précaire. Les centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues seraient ainsi destinées à l'accueil des usager majeurs de substances psychoactives ou classées comme stupéfiant afin de leur faire bénéficier de conseils en réduction des risques dans le cadre d'usages supervisés.

Les usagers pourraient détenir et consommer sur place les produits destinés à leur consommation personnelle sous la supervision d'une équipe composée de professionnels de la santé et du secteur médico-social, chargés notamment de faciliter leur accès aux soins.

Les usagers ne pourraient dans ce cadre être poursuivis des chefs d'usage illicite et de détention illicite de stupéfiants, de même que les professionnels les accompagnants ne pourraient être poursuivis pour complicité d'usage illicite de stupéfiants.

Cet article a emporté de vives oppositions et controverses. Yannick Moreau, député UMP, a dénoncé "un message irresponsable de banalisation de la drogue" et la création d'une "zone de non-droit où pulluleront les dealers et les dangers", estimant que l'action du Gouvernement devrait porter sur "la prévention et l'accompagnement thérapeutique des toxicomanes sur le difficile chemin du sevrage et de l'abstinence".

La ministre de la santé, Marisol Touraine, relève de son côté que certaines personnes se trouvent en dehors de tout et sont privés de tout soutien, parfois sans domicile, et qu'il convient de les soutenir et de les accompagner. Selon elle, ça n'est pas en faisant semblant de ne pas voir les réalités qui gênent et qui dérangent qu'il sera possible de les régler.

(1) Article 9 du projet de loi relatif à la santé
(2) Compte rendu intégral de la séance du mardi 31 mars 2015, Assemblée nationale

© 2015 Net-iris

   

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