Le féminisme et la journée de la femme

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Article de doctrine publié le mercredi 8 mars 2006.
Rédigé par Serge Kauder et classé dans le thème Droit Administratif.

LE 8 MARS... JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES...

Au début du XX°siècle, des femmes de tous pays s'unissent pour défendre leurs droits et réclamer le droit de vote.
La création d'une Journée internationale des femmes a été proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, par Clara Zetkin, et s'inscrivait alors dans une perpective révolutionnaire.

La date n'est tout d'abord pas fixée, et ce n'est qu'à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met en place.
Après 1945, la Journée internationale des femmes devient une tradition dans le monde entier.
La légende veut que l'origine du 8 mars remonte à une manifestation d'ouvrières américaines du textile en 1857 événement qui n'a en réalité jamais eu lieu ! En revanche, l'origine de cette journée s'encre bel et bien dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l'égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l'Europe, au début du XX°siècle.
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LE FEMINISME ENTRE DEFINITION, THEORIE ET HISTOIRE...

Différentes définitions peuvent certes qualifier le féminisme. La plus rationnelle pourrait être définie comme une doctrine tendant à préconiser l'émancipation, l'amélioration et l'extension du rôle et des droits des femmes dans la société.
Des tendances féministes se sont manifestées à toutes les époques et dans toutes les sociétés.

Préparé par les philosophes et les femmes de lettres, le mouvement féministe apparut en France au XVIIIe siècle, sous la Révolution [avec Olympe de Gouges], puis fut soutenu au XIXe siècle par les saint-simoniens et les fouriéristes, et sous l'impulsion de femmes de lettres comme Flore Tristan-Moscoso [dite Flora] et bien d'autres.

Sous la IIIe République, la question fut reprise maintes fois; ce n'est que sous la IVe République que la femme a acquis l'égalité, avec ceux de l'homme, de ses droits civils, politiques et sociaux.
En Angleterre, le mouvement des "suffragettes", soutenu par John Stuart Mill (l'assujettisement des femmes, 1869) et animé par Emmeline Goulden Pankhurst [fondatrice de l'Union féminine sociale et politique] qui milita pour l'extension du suffrage universel aux femmes.
En 1963, l'américaine Betty Friedan dans "La Femme mystifiée" met en cause l'assignation à la femme de rôles subordonnés et de tâches domestiques.
Il serait difficile de ne pas souligner l'influence de l'oeuvre de Simone de Beauvoir qui a soutenu, dans la perspective de l'existentialisme, qu'il n'existait pas une nature des femmes, mais que la féminité était un produit social : "On ne naît pas femme on le devient" (Le Deuxième Sexe).

A partir des années 60, une vague plus récente du féminisme a donné naissance à des mouvements de masse polymorphes tant en Europe qu'en Amérique du Nord (Women's Lib aux Etats-Unis, Mouvement de Libération des Femmes [MLF] en France). Les différentes revendications portaient sur des thèmes tels que le droit à la contraception et à l'IVG ainsi qu'à l'égalité avec les hommes s'agissant des conditions de travail. Les féministes ont dénoncé l'indulgence de la Justice quant au viol ou harcèlement sexuel, et des courants politico-philosophiques radicaux se sont développés pour dénoncer le phallocentrisme dans le cadre d'une lutte des minorités (ethniques et sexuelles).
Sur le plan littéraire et philosophique, le féminisme français s'est développé notamment autour des Editions des femmes, dirigées par Antoinette Fouque. S'attaquant à l'humanisme occidental, qui exclut les femmes de la parole, Benoîte et Flora Groult (Féminin pluriel, 1965), Hélène Cixous (Dedans, 1969; Angst, 1977), Monique Witting (Les Guérillères, 1969) ou Julia Kristeva (Des chinoises, 1974) rejoignent, par certains côtés, la philosophie de la déconstruction de Jacques Derrida.

DES GRANDES DATES MARQUANTES...

Les avancées des droits des femmes se sont inscrites dans les grandes phases historiques de notre pays, dans les processus économiques et les mouvements sociaux qui les accompagnent.

Il faudra attendre 1836 pour que soit organisé l'enseignement primaire des filles. Jusque là, seules les filles des catégories aisées recevaient une éducation, et non une instruction, conçue pour former de futures épouses et mères, assumée par les congrégations religieuses. Dans la foulée du Code Civil qui en fait des " mineures ", Napoléon interdira toute présence féminine au sein des lycées qu'il vient de créer....

Années 1700 - 1799

- 1788 : Lors de la Révolution française les femmes ont eu une part active; elles adressèrent des pétitions au gouvernement et participèrent à la prise de la Bastille une année plus tard (en 1789).

- 1791: En France, Marie Gouze, dite "Olympe de Gouges", femme de lettres et révolutionnaire française réclama l'émancipation des femmes dans une "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne" pour revendiquer des droits semblables à ceux inscrits dans la déclarations des droits de l'homme et du citoyen.
- 1791 : Les femmes ne sont plus exclues des droits de succession.

- 1792 : Mary Godwin Wollstonecraft, militante et femme de lettres britannique qui, par ses écrits, font d'elle l'une des pionnières du féminisme (A Vindication of the Rights of Women).

- 1793 : Instauration du suffrage "universel" ; les femmes sont exclues de la citoyenneté. Constitution non appliquée.
- 1793 : Les femmes formèrent une société des femmes révolutionnaires ainsi que d'autres clubs de femmes. Elles prirent la parole dans des lieux publics ainsi que dans des cercles politiques. Ce qui n'empêcha cependant pas qu' Olympe de Gouges fut guillotinée le 3 novembre 1793 pour ses écrits en faveur de Louis XVI et pour avoir voulu devenir un homme d'Etat et d'oublier les vertus propres à son sexe, donc ne pas quitter sa famille pour se mêler des affaires du gouvernement.

- 1795 : Les femmes sont exclues de la vie politique.

Années 1800 - 1849

- 1804 : Dans le Code civil de 1804, les femmes furent classées dans la même catégorie que les criminels, les malades mentaux et les enfants. Le Code Napoléon consacre l'incapacité juridique de la femme mariée.

- 1808 : Les filles et les femmes sont interdites dans l'enceinte des lycées.

- 1810 : Le Code pénal qualifie l'adultère de la femme de délit ; celle du mari n'est passible que d'une amende, si les faits ont eu lieu au domicile conjugal et de façon répétée.
- 1810 : Le Code pénal punit de réclusion les personnes qui pratiquent, aident ou subissent un avortement. Les médecins et pharmaciens sont condamnés aux travaux forcés.

- 1816 : Suppression du divorce (par Louis XVIII).

- 1833 : La loi Guizot qui crée l'enseignement primaire en France oublie les filles.

- 1836 : Création et organisation de l'enseignement primaire féminin.

- 1838 : Création de la première école normale d'institutrices. Apparution du mot "féministe".

- 1842 : Les femmes sont autorisées à devenir médecins ou dentistes.

- 1848 : Deuxième république. Rétablissement du suffrage "universel ; les femmes sont privées de droits politiques. Seul le projet de la Constitution d'Olinde Rodrigues prévoit l'égalité des droits politiques pour les deux sexes.
- 1848 : Élisa Lemonnier fonde le premier atelier de couture pour les femmes.

- 1849 : Jeanne Deroin tente de se présenter aux élections législatives.

Années 1850 - 1899

- 1850 : La loi du 15 mars 1850 sur l'enseignement (Recueil DUVERGIER - page 53) dite "Loi FALLOUX" prévoit la création d'écoles de filles dans les communes de plus de 800 habitants mais la scolarisation des filles ne s'est pas réalisée au nom de l'égalité des sexes. C'est parce que l'enseignement des filles était généralement dévolu aux religieuses que des hommes comme Victor DURUY, Camille SEE et Jules FERRY se sont battus pour les arracher à l'influence cléricale anti-républicaine.

- 1861 : Julie Daubié, première femme autorisée à présenter le Bac qu'elle a préparé seule, le réussit.

- 1862 : Elisa Lemonnier crée l'enseignement professionnel féminin, public et laïque.

- 1867 : Loi du 10 avril 1867 sur l'enseignement primaire (Recueil DUVERGIER - page 65) dite "Loi DURUY" étendant la "loi Falloux" de 1850 aux communes de 500 à 800 habitants faisant obligation d'entretenir une école spécialisée de filles.

- 1874 : Interdiction du travail des femmes dans les mines.

- 1875 : La Constitution confirme la privation des droits politiques pour les femmes.
- 1875 : Madeleine Bres est la 1ère femme médecin.

- 1876 : Hubertine Auclert, journaliste et première suffragette, fonde l'association "Le droit des femmes", premier groupe suffragiste qui deviendra le Suffrage des Femmes en 1883. Elle se bat pour l'égalité politique. Elle est la première à se
qualifier de "féministe".

- 1879 : Loi du 9 juillet 1879 (dite "loi Paul Bert") sur la création des écoles normales d'institutrices dans chaque département.

- 1880 : Loi du 21 décembre 1880 dite "Loi Camille Sée" portant création de collèges et de lycées de jeunes filles. Il s'agissait de viser une égalité équitable des sexes, "égalité à laquelle la femme a droit et celà dans l'intérêt même de l'homme"; en d'autres termes : "émanciper l'intelligence de la femme et en faire, selon les conditions de sa nature et avec les différences qu'elle impose, l'égale de l'homme"; ou encore : "former des femmes du monde et des mères de famille animées de l'esprit moderne et en corrélation d'idées avec leurs futurs maris"; en un mot "la République (...) veut faire des citoyennes".
L'instauration du secondaire féminin est le fait d'hommes pour lesquels le "droit des femmes" est parfaitement étranger. Le maître mot de l'action éducative de Camille Sée est "la République instruit les vierges, futures mères des hommes". On enseignait donc avant tout aux femmes à être des épouses fidèles et des mères exemplaires et non des femmes savantes.
Les programmes sont spécifiques pour les filles : l'accent est mis sur le français et les langues étrangères. L'étude de la philosophie est interdite aux filles et on leur offre un enseignement réduit en latin et en grec. L'étude des mathématiques est limitée. Le programme en sciences naturelles et en physique est restreint aussi. Il ne saurait être question de développer l'esprit d'abstraction chez les filles. Outre que les sciences seraient totalement inutiles aux jeunes filles dans leurs vies d'épouses et de mères, il est de plus, fort douteux que leur cerveau leur permette d'accéder à cette connaissance. L'idéologie "naturaliste" de l'infériorité féminine domine alors dans le discours. La médecine et la biologie sont mises à contribution pour légitimer la division des tâches. G. Le BON disait : "tous les psychologues qui ont étudié le cerveau féminin s'accordent pour dire qu'il est plus proche de celui du chimpanzé et de l'homme primitif que de celui de l'homme civilisé". L'enseignement dure 5 ans au lieu de 7 pour les garçons. Il n'est pas sanctionné par le bac mais par un diplôme de fin d'études secondaires qui certifie un certain niveau de culture générale. Il n'ouvre donc pas l'accès à l'enseignement supérieur et encore moins à une profession.

- 1881 : Fondation de La Citoyenne, hebdomadaire suffragiste d'Hubertine Auclert.
- 1881 : Création de l'Ecole Normale Supérieure de jeunes filles de Sèvres. Blanche Edwards est reçue au concours de l'externat de médecine. Des étudiants brûlent son effigie boulevard St Michel. Loi Ferry instituant la gratuité de l'école publique primaire.

- 1882 : Loi du 28 mars 1882 sur l'enseignement primaire obligatoire (JO du 29 mars 1882 - page 1697) dite "Loi Jules Ferry" : école élémentaire obligatoire et gratuite pour les filles comme pour les garçons et laïcisation des programmes des écoles publiques. Il faudra toutefois attendre le XXe siècle pour que de rééls progrès aient lieu.

- 1884: La loi Naquet rétablit le divorce (qui avait été aboli en 1816 par Louis XVIII). Institué sous la Révolution par la loi du 20.09.1792, maintenu par le code civil de 1804, avec la Restauration on retourne à une conception d'ancien régime inspirée par l'église catholique à savoir l'indissolubilité du mariage, par la loi de Bonnald du 08.05.1816 et rétabli sous la troisième république par la loi du 27.07.1884 (Loi Naquet).
- 1884 : Clémence Royer, femme de sciences donne des cours à la Sorbonne.

- 1885 : Les femmes sont autorisées à entrer comme dactylographes dans les services d'État

- 1889 : Paul Robin crée à Paris le premier centre d'information et de vente de produits anticonceptionnels.

- 1892 : Interdiction du travail de nuit ; repos hebdomadaire, journée de 11 heures.

Années 1900 - 1929

- 1900 : Loi ouvrant le barreau aux femmes. Jeanne Chauvin est la première française avocate.
- 1900 : Ouverture aux femmes de l'école des Beaux-Arts.
- 1900 : Journée de 10 heures pour les femmes et les enfants.

- 1901 : Les femmes participent aux élection du Conseil du Travail.
- 1901 : Les australiennes obtiennent le droit de vote.

- 1903 : Marie Curie de son vrai nom Maria Sklodowska (née à Varsovie, le 7 novembre 1867) soutient la thèse de Pierre, son mari. En commun avec Becquerel, les Curie reçoivent le prix Nobel de physique pour leur découverte de la radioactivité naturelle. Bonheur de courte durée. En 1906, Pierre, affaibli par les rayons, surmené, meurt écrasé par une voiture. Marie doit continuer seule. Elle assume l'éducation de leurs deux enfants, reprend le poste que son mari avait enfin obtenu à la Sorbonne, et devient ainsi la première femme à y avoir une chaire. Il lui faut aussi affronter les préjugés de l'époque : xénophobie et sexisme qui, en 1911, empêchent son entrée à l'Académie des sciences.

- 1906 : Les Finlandaises sont les premières à obtenir, en même temps que le droit de vote, le droit d'éligibilité.

- 1907 : La loi du 13 juillet 1907 (JO du 16 juillet 1907 - page 4957) autorise les femmes mariées à disposer librement de leur salaire.

- 1908 : Premières manifestations en faveur du droit de vote des femmes. Les femmes combattent pour la reconnaissance de leurs droits politiques. Le droit de vote et d'éligibilité leur ouvriraient l'accés aux centres décisionnels et politiques leur permettant de participer à l'élaboration des lois abolissant ainsi d'autres inégalités sociales des femmes.

- 1909 : Le port du pantalon n'est plus un délit, si les femmes tiennent par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval !
- 1909 : Congé maternité de 8 semaines, sans traitement.
- 1909 : Création de l'Union française pour le suffrage des femmes.

- 1910 : Congé maternité de 2 mois avec traitement pour les institutrices.

- 1912 : Création de l'Ecole normale supérieure mixte d'Enseignement Technique de Cachan.
- 1912 : Loi autorisant la recherche de paternité dans certains cas.

- 1913 : Loi sur le repos des femmes pendant les 4 semaines qui suivaient un accouchement.

- 1914 : Premières manifestations de rue des "suffragettes".
- 1914 : Organisation d'un "vote blanc", sondage auprès des femmes sur leur désir de voter - Plus de 500 000 réponses favorables.

- 1916 : Proposition Barrès pour le "suffrage des morts", c'est-à-dire permettre de voter aux veuves et mères de soldats tués à la guerre.

- 1917 : La Soviétique Alexandra Kollontaï est la première femme à faire partie d'un gouvernement.
- 1917-18 : grèves de femmes et procès d'institutrices "défaitistes".
- 1918 : Les suédoises, les anglaises (de plus de 30 ans), les allemandes et les autrichiennes peuvent voter.

- 1919 : Création du baccalauréat féminin différent de celui des garçons.
- 1919 : A l'appel d'Aristide Briand, la Chambre des députés accorde aux femmes tous les droits politiques; le Sénat s'y oppose et rejette la loi en 1922. Il réussira à l'enterrer en 1925, 1932 et 1935.

- 1920 : La loi accroît la répression en matière de contraception et d'avortement. Crime passible de la Cour d'Assises. La propagande est interdite.
- 1920 : Les femmes peuvent adhérer à un syndicat sans autorisation maritale.
- 1920 : Proposition de loi déposée par Jules Guesde pour l'égalité civile et politique.

- 1922 - Rejet par le Sénat. A la Chambre, projet de faire voter les veuves de guerre.

- 1923 : L'importation d'articles anticonceptionnels est interdite.

- 1924 : Unification des programmes pour les filles et les garçons. Les baccalauréats masculins et féminins sont identiques. Bien qu'aligné sur l'enseignement masculin, l'enseignement féminin garde son organisation particulière et se distingue encore par quelques heures de couture.

- 1925 : Création de l'école polytechnique féminine.
- 1925 : Tour de France suffragiste de Marthe Bray. Des candidates communistes sont élues. Mme Variot siège au conseil municipal de Malakoff. La Chambre des députés se prononce pour le vote municipal.

- 1926 : Création de la fête des mères.

- 1927 : Une Française mariée à un étranger conserve sa nationalité.
- 1927 : Décret relatif à égalité de traitement pour les professeurs.

- 1928 : Instauration de l'assurance-maternité avec paiement de la moitié du salaire pendant les 12 semaines qui suivent l'accouchement.

Années 1930 - 1949

- 1930 : Entrée de la première femme à l'Ecole centrale.

- 1931 : Certains concours dans les ministères sont fermés aux femmes.

- 1932 : Début d'une campagne contre le travail féminin.

- 1934 : Attaques du ministre du Travail contre le travail des femmes mariées.
- 1934 : Louise Weiss fonde "La femme nouvelle" association pour l'égalité desdroits civiques. Pendant deux ans, l'association multiplie les actions spectaculaires.

- 1935 : Campagne nationale pour le vote municipal ; organisation de votes "parallèles" avec la complicité de nombreuses municipalités.
- 1935 : Le Docteur Jean Dalsace ouvre à Suresnes le premier dispensaire de "Birth control".

- 1936 : La Chambre se prononce pour l'égalité politique des sexes. Mmes Brunschvicg, Lacore et Joliot-Curie sont nommées sous-secrétaires d'État. Léon Blum nomme trois femmes au gouvernement. Les députés adoptent pour la 3ème fois le droit de vote des femmes. Le Sénat, à l'instigation d'Edouard Herriot, enterre à nouveau le projet.

- 1937 : Les femmes sont autorisées à enseigner le latin, le grec et la philosophie.

- 1938 : Institution d'une prime pour la femme au foyer.
- 1938 : Réforme des régimes matrimoniaux (Code civil de 1804) - Les femmes peuvent s'inscrire à l'université sans l'autorisation de leur mari (suppression de l'incapacité juridique de la femme mariée; en théorie les femmes peuvent ouvrir un compte en banque, mais pas en pratique. Il faudra, suivant les banques, attendre 1970 pour l'application de ce droit.).

- 1939 : Le code civil accroît la répression de l'avortement et crée une prime à la première naissance. Madeleine Pelletier, la première féministe ayant plaidé pour le droit à l'avortement, est arrêtée, et meurt dans un asile, 6 mois plus tard.
- 1939 : Code de la famille. Création de brigades policières chargées de traquer les "faiseuses d'anges". La répression s'accroît.

- 1940 : Les associations féministes décident leur dissolution.
- 1940 : Limitation ou interdiction des emplois publics aux femmes mariées.

- 1941 : Les époux mariés depuis moins de 3 ans ne peuvent pas divorcer.
- 1941 : Célébration officielle de la fête des mères.
- 1941 : Les personnes suspectées d'avoir participé à un avortement peuvent être déférées devant le tribunal d'État.

- 1942 : Les femmes mariées peuvent travailler, même si leurs maris travaillent, à condition de ne pas causer de licenciement.
- 1942 : Loi du 22 septembre 1942 sur les effets du mariage quant aux droits et devoirs des époux (JO du 3 novembre 1942 - page 3649) [article 215 du Code Civil].
- 1942 : L'avortement, considéré comme crime contre l'Etat, est puni de mort. (NDLR : la même "peine" que celle qui est infligée au foetus).
- 1942 : Mixité de l'Ecole nationale d'agronomie.

- 1943 : Une "avorteuse" est exécutée.

- 1944 : L'ordonnance du 21 avril 1944 - signée par le général de Gaulle (JO du 22 avril 1944 - page 325) reconnaît [96 ans après les hommes], le droit de vote et d'éligibilité des femmes au même titre que les hommes.
- 1944 : La loi Marthe-Ricard ordonne la fermeture des maisons closes.

- 1945 : Les femmes Françaises votent et sont élues pour la première fois aux élections municipales d'avril, puis en octobre pour l'Assemblée constituante.
- 1945 : La notion de "salaire féminin" est supprimée. "A travail égal, salaire égal" s'inscrit dans la législation française.
- 1945 : Création de l'ENA (mixte).

- 1946 : Loi ordinaire n° 46-685 du 13 avril 1946 (JO du 14 avril 1946 - page 3138) dite "Loi Marthe Richard" tendant à la fermeture des maisons de tolérance et au renforcement de la lutte contre le proxénétisme.
- 1946 : Le préambule de la Constitution de la IVè République reconnaît, dans son article 3, le principe d'égalité entre hommes et femmes : "Art. 3 : La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme".
- 1946 : Plus aucune restriction concernant le travail des femmes dans les emplois publics ne subsiste officiellement, mais la circulaire limitant l'accès des femmes à certaines fonctions "pour raison de service" n'est abrogée qu'en 1975....

- 1947: L'avocate Germaine Poinsot-Chapuis est la première femme ministre. A noter cependant que dans les différents gouvernements qui suivirent (entre 1947 et 1974), aucune autre femme ministre n'a été nommée.

- 1949 : Parution du "2eme. sexe" de Simone de Beauvoir.

Années 1950 - 1979

- 1950 : Une loi instaure la fête des mères.

- 1955 : L'avortement thérapeutique est autorisée. Aux États-Unis, le Docteur Gregory Pincus met au point la "pilule" contraceptive.

- 1956 : Fondation de "Maternité heureuse" qui devient le Mouvement français pour le planning familial en 1960.

- 1959 : Mise en place progressive de la mixité dans l'enseignement secondaire.

- 1960 : La pilule est mise en vente aux Etats-Unis.
- 1960 : Les mères célibataires peuvent avoir un livret de famille.

- 1963 : Décret instituant la mixité comme régime normal dans les Collèges d'Enseignement Secondaire (CES).

- 1965 : Les régimes matrimoniaux sont réformés. La femme est associée à la gestion de la communauté et peut gérer ses biens, ouvrir un compte en banque, exercer une activité professionnelle sans l'autorisation de son mari et percevoir, le cas échéant, l'allocation principale de chômage.
- 1965 : Création du Comité d'études et de liaison des problèmes du travail féminin.

- 1967 : Entrée, sur la pointe des pieds, des femmes dans les hautes sphères de l'administration.
- 1967: La loi n° 67-1176 du 28 décembre 1967 (JO du 29 décembre 1967 - page 12861) dite "NEUWIRTH" relative à la régulation des naissances autorise la contraception en France. La publicité reste interdite sauf dans les revues médicales.
- 1967 : La Grande-Bretagne est le premier pays occidental à légaliser l'avortement, en même temps que la Tunisie.

- 1970 : Loi relative à l'autorité parentale conjointe. Le père n'est plus le chef de famille.
- 1970 : Possibilité pour les femmes de rattraper leur retard en formation.

- 1971 : Congé maternité indemnisé à 90 %. Les mères de famille ont accès aux stages rémunérés par l'État.
- 1971 : Manifeste des "343 salopes" déclarant avoir avorté, publié dans le Nouvel Observateur. Le nombre des étudiantes égale celui des étudiants.

- 1972 : Création des centres de planification et des établissements d'information.
- 1972 : Mobilisation féministe lors du procès à Bobigny d'une mineure qui a avorté clandestinement.
- 1972 : Principe légal de l'égalité de rémunération entre les hommes et les femmes pour des travaux de valeur égale.
- 1972 : Egalité des droits des enfants légitimes et naturels. Création des centres de planification et des établissements d'information.
- 1972 - L'Ecole Polytechnique devient mixte : 8 femmes sont reçues ; le major de la promotion est Anne Chopinet.

- 1973 : Création du Conseil supérieur de l'information sexuelle, de la régulation des naissances et de l'éducation familiale.
- 1973 : Les femmes peuvent faire carrière dans l'armée - Fondation du MLAC (Mouvement de Libération de l'Avortement et de la Contraception).
- 1973 : La mère peut, comme le père, transmettre sa nationalité à son enfant (légitime ou naturel).

- 1974 : Création en France d'un secrétariat d'Etat à la condition féminine confié à Françoise Giroud.
- 1974: Remboursement de la contraception par l'Assurance maladie. Anonymat et gratuité pour les mineures et les non assurés sociaux dans les centres de planification - Grande mobilisation féministe en faveur de l'avortement.

- 1975 : loi n° 75-17 du 17 janvier 1975 (JO du 18 janvier 1975 - page 739) dite "Loi Simone Veil" relative a l'interruption volontaire de grossesse (IVG).
- 1975 : Ouverture du refuge Flora Tristan pour femmes battues à Clichy.
- 1975 : Loi n° 75-620 du 11 juillet 1975 (JO du 12 juillet 1975 - page 7180) relative à l'éducation dite "Loi Haby". La généralisation de la mixité s'opère dans les années 60 et 70 par le biais de plusieurs décrets et circulaires. Au terme de ces dispositions réglementaires, les décrets d'application de la loi "HABY" du 11 juillet 1975 assurent l'obligation de mixité dans tous les degrés de l'enseignement public.
- 1975 : (8 mars) L'ONU décide de créer la "journée de la femme".
- 1975 : Loi n° 75-617 du 11 juillet 1975 (JO du 12 juillet 1975 - page 7171) portant réforme du divorce (ce dernier pouvant être pronocé par consentement mutuel ou pour rupture de vie commune - Pour la première fois, des prostituées manifestent et occupent une église de Lyon. Fondation de SOS-Femmes Alternative, pour lutter contre les violences masculines dans la famille.
- 1975/76 : L'accès du travail est facilité en même temps que les femmes sont touchées sévèrement par la crise économique.

- 1977 : Création du collectif Femmes contre le viol.
- 1977 : Suppression de l'allocation de salaire unique.

- 1978 : L'Ecole de l'Air est mixte.

- 1979 : Vote définitif de la loi sur l'I.V.G.

Années 1980 - 1999

- 1980 : Loi n° 80-1041 du 23 décembre 1980 (JO du 24 décembre 1980 - page 3028) relative à la répression du viol et de certains attentats aux moeurs. Désormais, le viol est un crime

- 1980 : Marguerite Yourcenar est la première femme à entrer à l'Académie française - Vigdís Finnbogadóttir est élue présidente de la république d'Islande au suffrage universel.
- 1980 : Remboursement de l'IVG par la Sécurité Sociale.

- 1981 : Création du ministère des droits de la femme.

- 1982 : Les femmes d'artisans ou de commerçants peuvent choisir entre trois statuts : conjoint, collaborateur, salarié ou associé.
- 1982 : Remboursement de l'IVG par la Sécurité sociale - Premier colloque d'études féministes à Toulouse.
- 1982 : Le Conseil Consitutionnel dans sa décision n° 82-146 DC du 18 novembre 1982 (article 2) a déclarées contraires à la Constitution les dispositions... tendant à instituer un quota de 25 % de femmes sur les listes électorales. Est également déclarée contraire à la Constitution l'adjonction du mot " sexe "à l'article L. 265 ainsi que des mots " et L. 260 bis " aux articles L. 265 et L. 268 du code électoral....

- 1983 : Loi n° 83-635 du 13 juillet 1983 (JO du 14 juillet 1983 - page 2176) dite "Loi Roudy" portant modification du Code du travail et du Code pénal en ce qui concerne l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. En moyenne les salaires féminins restent inférieurs de 30% aux salaires masculins - Début d'une campagne féministe dénonçant les violences sexuelles par inceste.
- 1983 : Ratification par la France de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.

- 1984 : Première convention entre ministères concernés sur l'orientation des filles vers les formations industrielles (d'autres suivront).
- 1984 : Recouvrement des pensions alimentaires par les Caisses d'allocations familiales et versement de l'ASF.
- 1984 : Congé parental ouvert à chacun des parents salariés sans distinction de sexe.

- 1985 : Le nom de la mère ou de l'autre parent peut-être ajouté au nom porté par l'enfant.

- 1986 : Circulaire ministérielle du 6 mars 1998 (JO du 08 mars 1998 - page 3565) relative à la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre :
"Le 11-03-1986, laurent fabius, adressait aux membres du gouvernement une circulaire prescrivant la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre dans les textes réglementaires et dans tous les documents officiels émanant des administrations et établissements publics de l'Etat.
Cette circulaire n'a jamais été abrogée mais elle n'a guère été appliquée jusqu'à ce que les femmes appartenant à l'actuel gouvernement décident de revendiquer pour leur compte la féminisation du titre de ministre. Elles ont ainsi engagé un mouvement qu'il faut poursuivre afin que la féminisation des appellations professionnelles entre irrévocablement dans nos moeurs.
Pour accélerer l'évolution en cours,il a été demandé à la commission générale de terminologie et de néologie de mener une étude qui, à la lumiere des pratiques passées et des usages en vigueur dans d'autres pays francophones, fera le point sur l'état de la question. La commission pourra s'appuyer notamment sur les travaux accomplis en 1984 et 1985 par la commission pour la féminisation des noms de métier et de fonction. Son étude devra être remise dans le courant du second semestre 1998.
En liaison avec ces travaux, l'institut national de la langue francaise (unité de recherche du CNRS) se propose d'établir un guide pour les usagers. Ce guide, qui recensera les termes utilisés dans les pays francophones et contiendra des recommandations concernant les formes féminines les mieux adaptées aux usages, fera l'objet d'une large diffusion.
Dès maintenant et sans attendre le résultat des travaux de la commission générale de terminologie et de néologie, il convient de recourir aux appellations féminines pour les noms de métier, de fonction, de grade ou de titre dès lors qu'il s'agit de termes dont le feminin est par ailleurs d'usage courant (par exemple, la secretaire générale, la directrice,la conseillère)."

- 1986 : Bourse de la vocation scientifique et technique.

- 1987 : Assouplissement des restrictions de l'interdiction du travail de nuit et abolition de certaines dispositions particulières du travail des femmes.
- 1987 : Élargissement des cas où l'autorité parentale peut être conjointe (divorce, concubinage).

- 1988 : Droit permanent et gratuit à l'assurance maladie pour les mères de famille âgées d'au moins 45 ans ayant 3 enfants.

- 1989 : La loi d'orientation n° 89-486 du 10 juillet 1989 (JO du 14 juillet 1989 - page 8860) sur l'éducation affirme la mission d'égalité de l'enseignement. Une campagne TV annonce que 2 millions d'hommes exercent des violences dans le cadre familial.

- 1990 : Décret n° 90-484 du 14 juin 1990 relatif à l'orientation et à l'affectation des élèves (JORF du 15 juin 1990) affirmant que l'orientation nécessite le droit à l'information. Elle "se situe dans une perspective de développement des potentialités de l'élève et d'égalité d'accès des filles et garçons aux formations" (art. 1er.).
- 1990 : Ratification de la convention ONU sur les droits de l'enfant.
- 1990 : L'utilisation du RU 486, technique médicamenteuse de l'I.V.G., est autorisée en milieu hospitalier. l Les associations qui luttent contre les violences familiales peuvent se porter partie civile devant les tribunaux.

- 1991 : La publicité relative aux contraceptifs et préservatifs est autorisée sous certaines conditions.
- 1991: Le prix de la vocation scientifique et technique succède à la bourse de la vocation de 1986. Il récompense des jeunes filles de terminale ayant un projet d'études supérieures dans le domaine scientifique ou technique.

- 1992 : Loi sanctionnant le harcèlement sexuel dans les relations de travail. Le nouveau Code pénal et le Code du travail répriment ce délit. Agravation des peines pour les époux et concubins coupables de violences conjugales.
- 1992 : Dénonciation par la France de la convention n° 89 interdisant le travail de nuit des femmes.
- 1992 : "C'est technique, c'est pour elle". Lancement d'une campagne d'information destinée aux filles de 14 à 17 ans.

- 1993: Le 10 novembre 1993, le Monde publie le Manifeste des "577" pour une démocratie paritaire
- 1993 : Début de la campagne pour une loi instaurant la parité hommes/femmes dans les assemblées élues. Avec 5,5% de femmes parlementaires, la France occupe l'avant-dernier rang européen
- 1993 : Dépénalisation de l'auto-avortement.Création du délit d'entrave à l'IVG.
- 1993 : Principe de l'exercice conjoint de l'autorité parentale à l'égard de tous les enfants (légitimes ou naturels) quelle que soit la situation des parents (mariés, concubins, divorcés, séparés).

- 1995 : Installation de l'observatoire de la parité chargé de recenser les inégalités entre les hommes et les femmes.

- 1997 : Rapport parlementaire sur la représentation des femmes dans les livres scolaires.

- 1999 : La loi constitutionnelle ou acte constitutionnel n° 99-569 du 8 juillet 1999 (JO du 09 juillet 1999 - page 10175) relative à l'égalité entre les femmes et les hommes, impose aux partis politiques la parité de 50% de femmes aux élections.
- 1999 : Loi ordinaire n° 99-585 du 12 juillet 1999 (JO du 13 juillet 1999 - page 10360) tendant à la création de délégations parlementaires aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes.

Années 2000...

- 2000 : Loi n° 2000-493 du 6 juin 2000 (J.O n° 131 du 7 juin 2000 - page 8560) tendant à favoriser l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives.
- 2000 : Convention interministérielle afin de mettre en oeuvre une politique globale d'égalité des chances entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif (amélioration de l'orientation scolaire des filles, lutte contre le sexisme et les représentations stéréotypées des femmes et des hommes, valorisation du rôle des femmes dans l'enseignement et la recherche universitaire).

- 2001 : La loi Génisson sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes actualise et renforce la loi de 1983 en définissant les axes de sa mise en oeuvre.
- 2001 : La loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001 relative à l'interruption volontaire de grossesse et à la contraception (J.O n° 156 du 7 juillet 2001 page 10823) actualise la loi de 1967 relative à la contraception et celle de 1975 relative à l'avortement : suppression de l'autorisation parentale pour l'accès des mineures à la contraception, aménagement de la mise à disposition de la contraception d'urgence, autorisation de la stérilisation à visée contraceptive, allongement du délai légal de recours à l'IVG, aménagement de l'autorisation parentale pour les mineurs demandant une IVG, élargissement du délit d'entrave.

- 2002 : Création du Ministère délégué à la Parité et à l'Egalité professionnelle.

QUELQUES SITES SELECTIONNES CONSACRES A LA JOURNEE DES FEMMES...

www.journee-de-la-femme.com/
www.fraternet.com/teleblogue/femme.htm
www.france5.fr/actu_societe/
www.journeedelafemme.com/historiqueJF.htm
www.excite.fr/ecartes/categories/journeedelafemme
www.oulala.net
www4.journeedelafemme.com
www.dakar.unesco.org/
www.comores-online.com/mwezinet/traditions/femme2004.htm
8mars.online.fr
www.resonance-online.com
www.lexpress.fr/info/societe/dossier/feminisme/
www.swc-cfc.gc.ca
ecjs.stlouis.stemarie.chez-alice.fr/femme.htm

Et pour finir, un petit site humoristique qui fera sourire...
www.auduteau.net/humour/

respect du droit d'auteur

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Fiche Auteur
Serge Kauder
Juriste et Conseiller Technique en matière de Police Privée
Groupe KSI

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