L'attribution et l'utilisation des noms de domaine
Article de doctrine publié le vendredi 17 novembre 2000.
Rédigé par Jérôme Vial et classé dans le thème Internet.
Face à la multiplication des litiges en matière d'utilisation des noms de domaine aussi bien en France que dans les autres pays et compte tenu de la diversité des lois et règlements de chacun des pays, un nouvel organisme de gestion des noms de domaines: l'Internet Assigned Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) a mis en place depuis le 1er décembre 1999 des principes directeurs définissant une réglementation uniforme par voie d'arbitrage pour régler certains litiges relatifs aux noms de domaine. Cette réglementation des litiges par voie d'arbitrage s'impose dorénavant à chaque titulaire de nom de domaine. Pour permettre de rendre obligatoire cette procédure d'arbitrage, il a été convenu que lorsqu'une plainte a été déposée par un titulaire de nom de domaine devant un centre d'arbitrage ou lorsqu'une procédure judiciaire est en cours il n'est plus possible pour le titulaire du nom de domaine mis en cause de céder ou transférer le nom de domaine à peine de nullité. Cette interdiction se poursuit pendant les quinze jours ouvrables qui suivent la fin de la procédure. Le transfert d'enregistrement est également neutralisé puisqu'il n'est pas possible de l'effectuer auprès d'un autre organisme d'enregistrement. Désormais, chaque organisme d'enregistrement d'un nom de domaine agréé par l'ICANN (ils sont plus d'une centaine comprenant notamment la société américaine NSI) a l'obligation de faire figurer dans son contrat d'enregistrement du nom de domaine les dispositions des principes directeurs de l'ICANN qui définissent le règlement uniforme des litiges. L'Enregistrement du nom de domainePour limiter toute utilisation frauduleuse d'un nom de domaine la société souhaitant enregistrer un nouveau nom de domaine se doit en application de l'article 2 des principes directeurs de déclarer et garantir que :
Le titulaire du nom de domaine n'est désormais plus libre du choix de la juridiction pour certains litiges limitativement définis. En effet, les dispositions de l'article 4a des principes directeurs instaurés par l'ICANN imposent au titulaire du nom de domaine de se soumettre à une procédure d'arbitrage auprès d'un organisme agrée par l'IRCANN dans les trois cas cumulatifs suivants:
La Procédure d'ArbitrageAu cours de la phase d'arbitrage il appartient au requérant ayant déposé plainte de démontrer que le litige reprend les trois conditions cumulatives visée à l'article 4a des principes directeurs prévus par l'ICANN. Le requérant devra également démontrer que le titulaire du nom de domaine a enregistré et utilisé le nom de domaine de mauvaise foi. Ceci peut se démontrer en mettant en évidence que:
A contrario il est possible de démontrer sa bonne foi:
Les sanctions de la procédure d'arbitrageLes seules sanctions que peuvent prononcer les centres d'arbitrage sont l'annulation ou le transfert du nom de domaine en cause mais en aucune façon ils peuvent allouer des dommages et intérêts. Par conséquent, la procédure d'arbitrage concernant les litiges visé à l'article 4a des principes directeurs prévus par l'ICANN n'est pas exclusive d'une autre action judiciaire classique. Il est en effet préférable d'introduire parallèlement à cette procédure d'arbitrage une action judiciaire visant a obtenir entre autre des dommages et intérêts sur le fondement d'une utilisation frauduleuse d'une marque ou d'un nom de domaine. Cette procédure d'arbitrage instaurée par l'ICANN permet désormais par sa rapidité de limiter l'action des cybersquatters face aux titulaires de marques Jérôme VIAL ![]() |
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