Le contrat nouvelles embauches (archive)

Références Net-iris

par email  imprimer  retour

Dossier d'actualité publié le jeudi 3 juillet 2008.
Rédigé par Net-iris et classé dans le thème Social.

Proposition
de texte
Examen au
Parlement
Publication
au JO
Textes
d'application
Mise
en pratique

Le contrat "nouvelles embauches" (dit CNE) qui était depuis 2005 une nouvelle catégorie de contrat de travail à durée indéterminée visant à favoriser les embauches des petites entreprises, a été purement et simplement supprimé en juin 2008. Conformément à l'accord signé entre les partenaires sociaux le 21 janvier 2008, le CNE a été abrogé par l'article 9 de la loi (n°2008-596) du 25 juin 2008, dite loi de modernisation du marché du travail.

Transformation des CNE en cours en CDI

Les CNE en cours au 26 juin 2008 sont requalifiés en contrats à durée indéterminée (CDI) de droit commun, dont la période d'essai est fixée par voie conventionnelle ou, à défaut, par le nouvel article L1221-19 du Code du travail.
En d'autre termes, les CNE en cours peuvent être rompus dans le cadre de la période d'essai prévue au contrat de travail ou par la convention collective, ou à défaut fixée à 2 mois pour les ouvriers et les employés, 3 mois pour les agents de maîtrise et les techniciens, et 4 mois pour les cadres.
Pour les CNE n'ayant pas prévu de période d'essai ou ceux pour lesquels elle est arrivée à échéance, les contrats sont automatiquement requalifiés en CDI, et l'ancienneté du salarié dans l'entreprise ainsi que les droits qui y sont liés, sont fixés au jour de l'embauche effective en CNE.

Non-conformité du CNE à la convention de l'OIT

Par un arrêt du 1er juillet 2008 (pourvoi n°07-44124), la Cour de cassation a confirmé la non-conformité du contrat nouvelle embauche aux dispositions de la Convention n°158 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) relative au licenciement, en ce que la période de consolidation de 2 ans prévues pour le CNE n'était pas raisonnable. En conséquence, et bien qu'abrogé aujourd'hui par la loi de modernisation du marché du travail puisque plus aucun CNE ne peut être conclu, les CNE rompus depuis 2005 sans respect de la procédure de licenciement applicable à toute rupture de CDI classique, peuvent être déclarés par la justice comme étant sans cause réelle et sérieuse. Une nuance cependant, puisque la Cour de cassation ne remet en pas en cause les délais classiques de la période d'essai ni la rupture du CNE durant cette période jugée raisonnable, mais seulement la durée excessive de la période de consolidation de 2 ans et le non-respect du formalisme du licenciement.

La plus haute instance judiciaire a approuvé l'arrêt rendu par la Cour d'appel de Paris en 2007 ayant déclaré la rupture du CNE sans cause réelle et sérieuse pour non-respect de la procédure classique du licenciement.
Tout d'abord, la Cour a considéré que le CNE ne rentrait pas dans les catégories de contrats pour lesquelles il pouvait être dérogé au dispositif de protection de la convention de l'OIT. Selon elle, l'article L1223-4 du code du travail, aujourd'hui abrogé, ne visait pas une catégorie limitée de salariés pour lesquels se poseraient des problèmes particuliers revêtant une certaine importance eu égard à la taille de l'entreprise, ne distinguait pas selon les fonctions occupées par les salariés et ne limitait pas, autrement que par un délai d'attente de trois mois, la possibilité d'engager de nouveau le même salarié par un contrat de nature identique à celui précédemment rompu par le même employeur.
Ensuite, elle a relevé que le CNE ne satisfaisait pas aux exigences de la Convention 158 dans la mesure où il écartait les dispositions générales relatives à la procédure préalable de licenciement, à l'exigence d'une cause réelle et sérieuse, à son énonciation et à son contrôle, de sorte que cette forme de rupture privait le salarié du droit de se défendre préalablement à son licenciement et faisait exclusivement peser sur lui la charge de prouver le caractère abusif de la rupture.
Enfin, elle conclut que la rupture du CNE était soumise aux règles d'ordre public du Code du travail applicable à tout contrat de travail à durée indéterminée, à savoir qu'il doit être motivé, respecter la procédure de licenciement (entretien préalable, notification, etc.) et enfin être justifié afin de permettre au juge d'effectuer le contrôle de la cause réelle et sérieuse.
A défaut, le licenciement d'un salarié embauché en CNE est considéré comme sans cause réelle et sérieuse.

Rappel à propos du CNE :
Créé par l'ordonnance du 2 août 2005, le contrat nouvelle embauche (CNE) pouvait être conclu par les employeurs qui occupaient au plus 20 salariés. Il s'agissait d'un contrat à durée indéterminée qui différait du CDI classique essentiellement par des modalités spécifiques de rupture applicables pendant les deux premières années suivant sa conclusion. L'employeur pouvait ainsi y mettre fin par lettre recommandée non motivée, sans être tenu non plus de procéder à un entretien préalable. Le seul contrôle juridictionnel envisagé dans l'ordonnance était de vérifier que la rupture ne présentait pas un caractère abusif, de sorte qu'il n'est pas nécessaire pour l'employeur de justifier le licenciement.
Sauf en cas de faute grave, le salarié avait en ce cas droit au versement d'une indemnité égale à 8% du montant total de la rémunération due depuis la conclusion du contrat.

respect du droit d'auteur
Liens du Dossier :
 La Cour de cassation confirme la non-conformité du CNE à la convention de l'OIT (02/07/2008)
 Entrée en vigueur de la loi portant modernisation du marché du travail (26/06/2008)
 Adoption du projet de modernisation du marché du travail en CMP (09/06/2008)
 Contenu du projet de loi de modernisation du marché du travail (31/03/2008)
 L'OIT condamne la durée déraisonnable de la période de consolidation du CNE (15/11/2007)
 L'OIT pourrait contester la légalité de la période de consolidation prévue par le CNE (23/10/2007)
 La décision d'une commune d'exclure d'un marché public une entreprise qui aurait recours au CNE est illégale (08/10/2007)
 La Cour d'appel de Paris confirme que la période de consolidation de 2 ans du CNE est contraire à la convention 158 de l'OIT (06/07/2007)
 La juridiction judiciaire est compétente pour apprécier la légalité du CNE par rapport au droit international (03/04/2007)
 Le Ministre en charge des PME estime que le CNE "est plus utile que jamais pour lutter contre le chômage" (26/01/2007)
 Le CNE semble être un contrat de travail adapté aux attentes des petites entreprises (16/01/2007)
 La visite médicale d'embauche s'applique à tout contrat de travail quel que soit son régime juridique et le mode de déclaration utilisé (30/10/2006)
 Un Conseil des prud'hommes déclare l'ordonnance créant le CNE non conforme à la Convention OIT 158 (02/05/2006)
 L'Etat facilite l'accès au logement des jeunes nouvellement entrés dans la vie professionnelle (01/03/2006)
 Les assurances pour loyers impayés s'associent au développement du CNE et du CPE (16/02/2006)
 Les banques vont assimiler le CNE à un CDI pour l'accès au crédit (17/01/2006)
 Les réformes en droit du travail annoncées par Dominique de Villepin (16/01/2006)
 Le contrat Nouvelles Embauches : certitudes et incertitudes (15/11/2005)
 Le contrat nouvelles embauches (08/11/2005)
 Circulaire relative au recouvrement de la contribution de 2% due par les employeurs dans le cadre du CNE (07/11/2005)
 Le Conseil d'Etat confirme la légalité du CNE (20/10/2005)
 Dossiers en ligne sur les principales caractéristiques des nouveaux contrats aidés (07/10/2005)
 La DUE a été modifiée pour intégrer le CNE (21/09/2005)
 Le gouvernement incite les employeurs à conclure des contrats "nouvelles embauches" (24/08/2005)
 Un décret vient fixer les conditions de l'allocation forfaitaire versée en cas de rupture du contrat "nouvelles embauches" (05/08/2005)
 Publication des ordonnances relatives au contrat "nouvelles embauches" et créant un chèque-emploi pour les très petites entreprises (04/08/2005)
 Présentation de l'ordonnance relative au contrat de travail "nouvelles embauches" (02/08/2005)
 Publication de la loi habilitant le gouvernement à prendre par ordonnance, des mesures d'urgence pour l'emploi (27/07/2005)
 Le Gouvernement apporte des modifications aux ordonnances prises dans le cadre du plan d'urgence pour l'emploi (26/07/2005)
 Le Parlement adopte le projet de loi habilitant le gouvernement à légiférer par voie d'ordonnances dans le domaine de l'emploi (08/07/2005)
 Le Premier ministre aménage le contrat "nouvelle embauche" (29/06/2005)
 Adoption en Conseil des ministres du projet de loi d'habilitation du Gouvernement à légiférer par voie d'ordonnance dans le domaine de l'emploi (22/06/2005)
 Le Premier ministre dévoile le contenu de sa politique générale en faveur de l'emploi (09/06/2005)


Note : Les dossiers d'actualité (note de synthèse) sont en accès libre permanent et les actualités référencées sont accessibles sur les 14 derniers jours de publication.
Au-delà, un abonnement en formule Découverte ou Premium est nécessaire (voir notre offre d'abonnement).

<< Août 2008 >>
LMMJVSD
    123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031
Inscription Gratuite !
Première Visite ?
Offre d'Abonnement
 
Nipe v7.2.0e - Page générée le 28/08/2008 à 18h56 en 0.02845s