La fiducie fait son entrée dans le Code civil français

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Dossier d'actualité publié le jeudi 3 juillet 2008.
Rédigé par Net-iris et classé dans le thème Civil.

Proposition
de texte
Examen au
Parlement
Publication
au JO
Textes
d'application
Mise
en pratique

Attendue depuis longue date, l'introduction en droit français d'un instrument juridique dont disposent de nombreux pays, à savoir la fiducie (équivalent au trust des pays anglo-saxons), devient une réalité. La fiducie va désormais trouver sa place à côté du crédit-bail, de la cession Dailly, du portage d'actions, ou encore du gage de compte d'instrument financier.
La loi (n°2007-211) du 19 février 2007 instituant la fiducie, la définit aux articles 2011 et suivants du code civil comme étant "l'opération par laquelle un ou plusieurs constituants transfèrent des biens, des droits ou des sûretés, ou un ensemble de biens, de droits ou de sûretés, présents ou futurs, à un ou plusieurs fiduciaires qui, les tenant séparés de leur patrimoine propre, agissent dans un but déterminé au profit d'un ou plusieurs bénéficiaires".
La fiducie est établie par la loi ou par contrat. Elle doit être expresse. Le contrat de fiducie est nul s'il procède d'une intention libérale au profit du bénéficiaire. Cette nullité est d'ordre public.

Les personnes concernées :
Seules peuvent être constituants les personnes morales soumises de plein droit ou sur option à l'impôt sur les sociétés. Cette restriction permet d'éviter l'optimisation fiscale, le détournement de la loi sur les successions et le blanchiment (à l'origine le texte permettait que la fiducie puisse être utilisée par les entreprises et les personnes physiques).
Les droits du constituant au titre de la fiducie ne sont ni transmissibles à titre gratuit, ni cessibles à titre onéreux à des personnes autres que des personnes morales soumises à l'impôt sur les sociétés.
Seuls peuvent avoir la qualité de fiduciaires les établissements de crédit, le Trésor public, la Banque de France, la Poste, l'institut d'émission des DOM, l'institut d'émission d'outre-mer et la Caisse des dépôts et consignations, les entreprises d'investissement ainsi que les entreprises d'assurance.
Le constituant ou le fiduciaire peut être le bénéficiaire ou l'un des bénéficiaires du contrat de fiducie.
Sauf stipulation contraire du contrat de fiducie, le constituant peut, à tout moment, désigner un tiers chargé de s'assurer de la préservation de ses intérêts dans le cadre de l'exécution du contrat et qui peut disposer des pouvoirs que la loi accorde au constituant.

Le contenu du contrat de fiducie et obligation :
Le contrat doit déterminer, à peine de nullité :
- les biens, droits ou sûretés transférés. S'ils sont futurs, ils doivent être déterminables
- la durée du transfert, qui ne peut excéder trente-trois ans à compter de la signature du contrat
- l'identité du ou des constituants
- l'identité du ou des fiduciaires
- l'identité du ou des bénéficiaires ou, à défaut, les règles permettant leur désignation
- la mission du ou des fiduciaires et l'étendue de leurs pouvoirs d'administration et de disposition.
Le contrat de fiducie et ses avenants doivent être enregistrés dans le délai d'un mois à compter de leur date au service des impôts du siège du fiduciaire ou au service des impôts des non-résidents si le fiduciaire n'est pas domicilié en France. Les actes constatant la formation, la modification ou l'extinction d'un contrat de fiducie ou constatant le transfert de biens ou droits supplémentaires au fiduciaire sont soumis à un droit fixe de 125 euros.
Pour la liquidation des droits d'enregistrement et de la taxe de publicité foncière, la valeur de la créance détenue sur une fiducie est évaluée à la valeur vénale réelle nette des biens mis en fiducie ou des biens acquis en remploi, à la date du fait générateur de l'impôt.
Le fiduciaire est responsable, sur son patrimoine propre, des fautes qu'il commet dans l'exercice de sa mission.

Objectif et intérêt de la fiducie :
La fiducie permet désormais à la France d'éviter des délocalisations d'entreprises vers des Etats qui disposent déjà de ce dispositif équivalent au trust. En outre, la fiducie en tant que régime volontaire et contractuel, permet à toute une série de catégories de personnes d'être déchargée de la gestion de biens, tout en les attribuant à une personne de confiance (le fiduciaire) qui doit les gérer avec loyauté et attention (ou diligence) pour leur bénéfice.

respect du droit d'auteur
Liens du Dossier :
 Vers l'extension de la qualité de constituant d'une fiducie aux personnes physiques (03/07/2008)
 Les dispositions du projet de loi de modernisation de l'économie en faveur de l'entrepreneuriat (05/05/2008)
 La déclaration d'existence de la fiducie doit être déposée auprès des impôts dans les 15 jours de sa création (09/05/2007)
 La fiducie fait son entrée dans le droit civil français (21/02/2007)
 Le Parlement adopte le projet de loi instituant le fiducie en France (08/02/2007)
 Le Sénat limite l'accès de la fiducie aux seules personnes morales et réduit sa durée à 33 ans (19/10/2006)
 Dépôt d'une proposition de loi instituant la fiducie en France (16/02/2005)
 Préparation d'un projet de loi introduisant en France le trust ou la fiducie (16/12/2004)
 Plaidoyers pour la consécration de la fiducie (09/11/2001)


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