
Après que l'OMS ait, au printemps 2009, déclaré "l'infection chez l'homme due à un nouveau sous-type de virus A/H1N1" au Mexique, le Gouvernement français a décidé de mettre en oeuvre le Plan national de prévention et de lutte contre une Pandémie grippale, en déclarant le niveau 5-A d'alerte sanitaire : correspondant à la transmission interhumaine d'un virus grippal dans au moins deux pays non limitrophes d'un même continent.
Depuis juillet 2009, cette grippe, sans être très virulente, se propage très facilement. Le niveau d'alerte 5-A n'a pas été relevé, ni abaissé, depuis début mai.
A partir du premier février 2010, la vaccination est encore proposée dans les établissements de santé siège de samu, dans les cabinets médicaux des médecins libéraux, et dans certains centres de santé, centres de PMI, centres de vaccination.
Le niveau 5-A du plan national consiste à mettre en oeuvre les mesures suivantes :
Pour le patient, le réflexe doit "être d'appeler son médecin traitant lorsqu'il présente les symptômes de la grippe et non pas systématiquement le centre 15, ce dernier étant réservé aux urgences médicales". A son arrivée au cabinet médical, il doit mettre sur sa bouche et son nez un masque de protection mis à sa disposition.
Fin juillet 2009, le ministère du travail a décidé de mieux informer les dirigeants des PME/ PMI et de TPE sur la pandémie grippale et ses conséquences. Xavier Darcos a demandé aux services du ministère de préparer une plaquette explicative simplifiée afin de permettre aux chefs d'entreprises concernés de préparer un Plan de Continuité d'activité (PCA).
Ce document tiré à plus d'un million d'exemplaires sera envoyé à tous les employeurs cotisant aux URSAFF grâce au réseau ACOSS. Sa distribution s'échelonnera entre début août et début septembre selon le calendrier suivant :
- à partir du 3 août : envoi aux entreprises de plus de 50 salariés
- à partir du 20 août : envoi aux entreprises de plus de 9 et moins de 50 salariés
- à partir du 10 septembre : envoi aux entreprises de moins de 10 salariés.
Ce document rappelle que chaque hiver, entre 5 et 15% de la population française est touchée par l'épidémie saisonnière de grippe, pendant 9 à 12 semaines en moyenne, qui occasionne le plus souvent un arrêt de travail de 4 à 5 jours.
"Cette épidémie est localisée et ses conséquences sur la santé sont limitées grâce à l'existence d'un vaccin. Mais, cette année, la France risque d'être confrontée à une épidémie de plus grande ampleur, causée par un virus grippal nouveau de type A H1N1, encore inconnu du système immunitaire humain et capable de se propager beaucoup plus rapidement à l'échelle planétaire", prévient le ministère.
Aussi, la pandémie grippale peut potentiellement toucher 1 personne sur 3, ce qui entraînerait un taux d'absentéisme très important qui désorganise la vie économique. Dans cette situation, et même si le nombre de salariés dans l'entreprise est faible, ceux-ci risquent d'être touchés, tout comme le dirigeant lui-même ainsi que les fournisseurs et clients.
Llles employeurs sont invités à établir un plan de continuité d'activité (PCA) qui organise le fonctionnement de l'entreprise pour faire face à cette crise, y compris si eux-même (centre décisionnel) se trouvaient victime de la grippe A.
La nouvelle grippe A/H1N1 dite grippe porcine Mexicaine est une infection humaine par un virus grippal qui infecte habituellement les porcs. Dans l'épidémie actuelle, les virus isolés chez les malades sont des virus qui appartiennent à la famille A/H1N1. Ce virus est différent du virus H1N1 de grippe saisonnière, virus d'origine humaine qui circule habituellement et dont les symptômes sont les mêmes (fièvre à 38°C ou plus ; maux de tête ; courbatures ; fatigue ; toux ; gêne respiratoire), mais dont mais les complications sont beaucoup plus fréquentes chez les patients à risques (enfants, personnes âgées, personnes maladies, etc.).
La transmission du virus de la grippe se fait :
Le public est invité à suivre certaines recommandations, et à respecter, dans son cadre quotidien comme sur son lieu de vacances, des mesures d'hygiène ainsi que des consignes de protection individuelles visant à limiter le risque de transmission du virus :
En cas de vacances à l'étranger, en complément des mesures précisées ci-dessus, il faut :
La France a choisit de mettre en oeuvre une campagne de vaccination de la population à compter du mois d'octobre et jusqu'à la fin décembre 2009, afin d'assurer la vaccination des publics prioritaires (personnel médical, femmes enceintes, nourrissons, personnes présentant des pathologies à risque, etc.) dans des centres de vaccination.
Parallèlement, depuis début décembre l'Etat autorise la distribution par les officines de pharmacie d'un kit grippe A, comprenant un traitement antiviral et une boîte de masques anti-projections issus du stock national. Il est délivré gratuitement sur prescription médicale par les officines de pharmacie, les pharmacies mutualistes.
Selon un grand nombre d'experts scientifiques et médicaux, la pandémie de grippe AH1/N1 connaîtra en Europe son plus fort taux de pénétration et de dangerosité, à compter de l'automne 2009, où elle risque de se mêler à la grippe saisonnière (et donc d'en accentuer les symptômes et les effets), voire même de muter.
Si pour l'heure la situation n'apparaît ni dangereuse pour la santé publique (la grippe AH1N1 se soignant avec un médicament antiviral), ni pénalisante pour l'économie, ni facteur d'aggravation de la situation financière des entreprises, tel pourrait ne pas être le cas si le phénomène n'était pas pris au sérieux et si des mesures de précautions n'étaient pas mises en oeuvre.
Afin d'aider les entreprises à se préparer aux conséquences de la pandémie, et pour assurer la continuité de la vie sociale et économique, le plan national invite les employeurs à élaborer un plan de continuité de l'activité.
"Les perturbations susceptibles d'affecter les services publics et les activités économiques en cas de pandémie peuvent être limitées par des actions de préparation en amont et, si la pandémie survient, par des adaptations demandant souplesse et réactivité en fonction de la situation sanitaire et du contexte local. La réponse optimale à ce défi appelle un effort collectif et concerté des chefs d'entreprise ou de service et de leurs employés", prévient le plan national.
Les employeurs et services des ressources humaines des entreprises sont notamment invitées à préparer d'ici fin septembre 2009 :
En se basant sur un taux d'absentéisme de 25% sur une durée d'environ 10 semaines continues, ils sont invités à élaborer un plan de poursuite et d'organisation de l'activité à l'échelle de leur entreprise (plan de continuité) lequel devra aussi prévoir pendant 3 semaines durant cette période, un scénario d'absences de 30% (pic de pandémie grippale), dans le but :
Il pourra également être envisagé un plan de financement à l'échelle de l'entreprise, de la prise en charge de la vaccination des salariés.
Notons qu'au-delà des consignes possibles de maintien à domicile dans les périodes les plus critiques, plusieurs raisons conduiront vraisemblablement à une forte réduction des effectifs présents sur le lieu de travail (maladie ou convalescence, présence à assurer au chevet d'un malade, quarantaine familiale des membres du foyer, garde des enfants dont les crèches et les écoles seront fermées, etc.) qu'il est important de prendre en compte.
L'employeur doit veiller à la santé de ses salariés et à la bonne organisation de son entreprise. Il peut prendre à ce titre des mesures de précaution et user de son pouvoir de direction.
La loi va encourager le recours au télétravail, qui est un moyen d'assurer la poursuite d'une activité en limitant les risques d'exposition du personnel au virus de la grippe.
En effet, lors de l'examen de la proposition de loi "pour faciliter le maintien et la création d'emplois", les députés ont adopté début juin un amendement visant à promouvoir le télétravail en cas de pandémie.
L'article 9 bis nouveau du texte prévoit qu'en cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d'épidémie, la mise en oeuvre du télétravail est considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l'activité de l'entreprise et garantir la protection des salariés".
Un tel aménagement décidé par l'employeur ne nécessiterait donc pas l'accord préalable du salarié et ne constituerait pas un motif valable pour le salarié de rompre le contrat de travail aux torts de l'employeur, même si le télétravail devait durer plusieurs semaines ou mois (il s'agirait du temps d'activation de la phrase critique du plan d'alerte sanitaire).
A l'issue de la pandémie, le salarié retrouvera ses fonctions et son poste.
Le salarié pourrait user de son droit d'alerte et de retrait, s'il a un motif raisonnable de penser qu'une situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie et sa santé, c'est-à-dire si une menace à court terme est susceptible de provoquer une atteinte sérieuse à son intégrité physique (articles L4131-1 et suivants du Code du travail).
Le droit de retrait ne peut s'exercer sans utiliser, au préalable ou simultanément, la procédure d'alerte qui consiste, pour le salarié ou l'agent public, à signaler à l'employeur l'existence d'un danger grave et imminent, directement ou par l'intermédiaire d'un représentant du personnel ou, d'un membre du comité d'hygiène et de sécurité. Le retrait peut intervenir à la suite d'une information donnée, oralement ou par écrit, par l'employé à l'employeur ou à son représentant.
Lorsqu'il est justifié, le droit de retrait doit être exercé de manière telle qu'il ne puisse créer pour autrui une nouvelle situation de risque grave et imminent.
Si l'employeur prend toutes les mesures de prévention et de protection individuelle visant à réduire les risques de contamination auxquels les salariés peuvent être exposés, alors l'exercice du droit de retrait en situation de pandémie grippale sera exceptionnel.
S'il contracte la grippe, il est préférable qu'il en informe son employeur afin que celui se prépare à une pandémie, mais rien ne l'oblige à préciser le motif de son congé maladie.
La première mesure à mettre en oeuvre est l'actualisation du document unique d'évaluation des risques pour intégrer les nouveaux risques liés à la situation de crise sanitaire majeure et définir, à partir de ce document, les mesures de prévention dans le programme annuel de prévention des risques professionnels et d'amélioration des conditions de travail. Parmi celles-ci figureront :
Il est nécessaire d'identifier les personnels les plus exposés au virus et de déterminer les modalités particulières de leur protection, par :
L'information des personnels et l'aide sociale en situation de pandémie doit porter :
Il doit être noté que, si les entreprises et les administrations doivent prévoir l'acquisition de moyens de protection tels que masques, gants, etc., elles n'ont pas à acquérir préventivement des médicaments, qui seront délivrés aux malades sur prescription médicale à partir des stocks constitués par l'Etat.
Notons qu'en cas de collecte des données personnelles des salariés (ex : numéro de téléphone portable) ainsi que le type de moyens de transport qu'ils utilisent, l'entreprise est invitée par la CNIL a faire figurer sur le formulaire de collecte, les mentions suivantes :
"Afin d'établir le "plan de continuité d'activité" (PCA) de l'entreprise, préconisé par les pouvoirs publics dans le cadre du plan national de prévention et de lutte "pandémie grippale", nous souhaitons recueillir vos coordonnées personnelles afin de pouvoir vous joindre (téléphone fixe ou portable, email personnel) ainsi que les moyens de transport que vous utilisez pour vous rendre sur votre lieu de travail.
Nous vous recommandons de nous transmettre ces informations afin de pouvoir vous prévenir et organiser la continuité de notre activité, en cas de pandémie grippale avérée, conformément aux préconisations des pouvoirs publics.
Les destinataires de ces données sont exclusivement les personnes habilitées du service du personnel (ou de la cellule de crise).
Conformément à la loi "informatique et libertés" du 6 janvier 1978 modifiée en 2004, vous pouvez accéder à ces informations et les faire rectifier en vous adressant à.............................. (préciser le service en question et son adresse)."
Le ministère du Travail a élaboré une circulaire (DGT n°2009/16) datée du 3 juillet 2009 qui aborde notamment sur les thèmes suivants :
Afin d'aider les entreprises à mieux se préparer à une éventuelle pandémie de grippe aviaire, les services du MEDEF ont mis en ligne une série de fiches pratiques portant sur les points d'organisation à prendre en compte de façon préventive, les masques de protection, les mesures de protection du personnel dans une zone à risque.
Rédigé par la Rédaction de Net-iris et publié le mardi 16 février 2010.
Classification : Dossier d'actualité / Santé
Copyright © 2000-2010 Editions NET-IRIS. Tous droits réservés.