Dossier d'actualité

La réforme 2014-2015 des retraites

Révisé le 12/10/2015, par Carole Girard-Oppici, dans Social.

Vos réactions...

   

  1. Proposition de texte
  2. Examen au Parlement
  3. Publication au JO
  4. Textes d'application
  5. Mise en pratique

Introduction

Prendre sa retraite en 2015, faire enregistrer son dossier de demande de retraite de base et complémentaire et savoir quel sera le montant de votre pension de vieillesse peut relever du parcours du combattant !

La loi du 20 janvier 2014 garantissant l'avenir et la justice du système de retraites aimpacté directement les actifs proches de l'âge du départ à la retraite dès 2014, mais aussi les retraités d'aujourd'hui. En effet, la réforme remet en cause certains avantages pour les retraités, instaure des cotisations supplémentaires et crée de nouveaux prélèvements sociaux.

Par ailleurs, elle contient un important volet dédié à la prévention de la pénibilité au travail et à la prise en compte de cette pénibilité au regard des années de cotisations nécessaires pour partir à la retraite.

Mais la réforme rétablie aussi une certaine "justice" entre les assurés sociaux, avec par exemple la prise en compte des périodes de perception des indemnités journalières d'assurance maternité pour la détermination des périodes d'assurance vieillesse.

Rendue nécessaire par la hausse du taux de chômage - lequel atteint les 10% en France pour le 1er trimestre 2015 - et la baisse des cotisations payées par les actifs, la réforme assure que le dispositif de retraite par répartition ne s'effondre pas. Mais pour combien de temps ? Impossible à dire. Une chose est certaine, tant que le nombre d'actifs sans travail ne diminue pas, la situation ne se redressera pas.

La priorité du Gouvernement reste donc l'emploi et la réduction du taux de chômage. En attendant, voici ce que prévoit la loi (n°2014-40) du 20 janvier 2014, validée par le Conseil constitutionnel le 16 janvier 2014, et publiée au journal officiel.

infographie retraite

Savez-vous que selon une étude seulement 5,6% des personnes interrogées souhaitent travailler au-delà de 65 ans, et presque une sur trois (29,5%) pense qu'il sera nécessaire de travailler après 65 ans pour bénéficier de la retraite.

Le compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P) est entré en vigueur le 1er janvier 2015, pour 4 facteurs de pénibilité :

  • les activités exercées en milieu hyperbare,
  • le travail de nuit,
  • le travail en équipes successives alternantes,
  • le travail répétitif.

Les 6 autres entreront quant à eux en vigueur à partir du 1er janvier 2016 :

  • l'exposition à des agents chimiques dangereux
  • l'exposition à des températures extrêmes
  • l'exposition au bruit
  • la manutention manuelle de charges
  • les postures pénibles
  • les vibrations mécaniques

Participation des actifs et des entreprises

Les cotisations des actifs et des entreprises sont augmentées dans la même proportion dès 2014. Tous les régimes seront concernés (public, privé, indépendants).

La hausse des cotisations programmée par le décret du 2 juillet 2012 (voir le tableau augmentation des cotisations sociales des actifs), a été limitée par le décret du 27 décembre 2013.

Rémunération versée

Sur la part de la rémunération dans la limite du PSS - Par patronale

Sur la part de la rémunération dans la limite du PSS - Par salariale

Sur la totalité de la rémunération - Part patronale

Sur la totalité de la rémunération - Part salariale

Du 1er janvier au 31 décembre 2013

8,40%

6,75%

1,60%

0,10%

Du 1er janvier au 31 décembre 2014

8,45%

6,80%

1,75%

0,25%

Du 1er janvier au 31 décembre 2015

8,50%

6,85%

1,75%

0,25%

A partir du 1er janvier 2016

8,55%

6,90%

1,75%

0,25%

PSS : Plafond de sécurité sociale du 1er janvier au 31 décembre 2015 : 0 à 3.170 euros

Evolution des conditions d'ouverture des droits à la retraite


Année de naissance

Nombre de trimestres
devant être cotisés

Age d'ouverture des droits la retraite

Age de suppression
de la décote

1952

41 ans

60 ans et 9 mois

65 ans et 9 mois

1953

41 ans et 1 trimestre

61 ans et 2 mois

66 ans et 2 mois

1954

41 ans et 1 trimestre

61 ans et 7 mois

66 ans et 7 mois

1955 - 1956 - 1957

41 ans et 2 trimestres

62 ans

67 ans

1958 - 1959 - 1960

41 ans et 3 trimestres

62 ans

67 ans

1961 - 1962 - 1963

42 ans (soit 168 trimestres)

62 ans

67 ans

1964 - 1965 - 1966

42 ans et 1 trimestre

62 ans

67 ans

1967 - 1968 - 1969

42 ans et 2 trimestres

62 ans

67 ans

1970 - 1971 - 1972

42 ans et 3 trimestres

62 ans

au moins 67 ans

1973 et les générations suivantes

au moins 43 ans (soit 172 trimestres)
(contre 166 trimestres depuis la réforme de 2012, et 165 trimestres depuis 2010)

au moins 62 ans

au moins 67 ans

Evolution de la retraite anticipée pour carrière longue

Retraite anticipée carrière longue

Date de naissance

Age de départ, à partir de

Durée cotisée

Début d'activité en trimestres

Durée d'assurance pour le calcul

Assuré né à partir du 1er janvier 1958

57 ans et 4 mois

175 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 16 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 16 ans, pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

167 TRI

Assuré né à partir du 1er janvier 1958

60 ans

167 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 20 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 20 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

167 TRI

Assuré né à partir du 1er janvier 1959

57 ans et 8 mois

175 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 16 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 16 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

167 TRI

Assuré né à partir du 1er janvier 1959

60 ans

167 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 20 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 20 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

167 TRI

Assuré né à partir du 1er janvier 1960

58 ans

175 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 16 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 16 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

167 TRI

Assuré né à partir du 1er janvier 1960

60 ans

167 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 20 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 20 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

167 TRI

Assuré né en

1961- 1962 - 1963

58 ans

176 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 16 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 16 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

168 TRI

Assuré né en

1961- 1962 - 1963

60 ans

168 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 20 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 20 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

168 TRI

Assuré né en

1964- 1965 - 1966

58 ans

177 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 16 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 16 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

169 TRI

Assuré né en

1964- 1965 - 1966

60 ans

169 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 20 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 20 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

169 TRI

Assuré né en

1967- 1968 - 1969

58 ans

178 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 16 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 16 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

170 TRI

Assuré né en

1967- 1968 - 1969

60 ans

170 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 20 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 20 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

170TRI

Assuré né en

1970- 1971 - 1972

58 ans

179 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 16 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 16 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

171 TRI

Assuré né en

1970- 1971 - 1972

60 ans

171 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 20 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 20 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

171 TRI

Assuré né à partir de

1973

58 ans

180 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 16 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 16 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

172 TRI

Assuré né à partir de

1973

60 ans

172 TRI

5 TRI avant la fin de l'année civile des 20 ans ;
4 TRI avant la fin de l'année civile
des 20 ans pour assurés nés au
cours du dernier trimestre

172 TRI

Notons que les nouvelles durées d'assurance requises pour l'obtention d'une retraite à taux plein pour les assurés nés à compter du 1er janvier 1958, sont prises en compte depuis le 22 janvier 2014, tant pour apprécier les conditions d'ouverture du droit que pour calculer le montant des retraites. La réforme impacte le calcul du droit générateur des pensions de réversion prenant effet à compter du 1er février 2014.

Les retraités mis à contribution dès 2014

Les majorations de pensions de 10% des retraités ayant élevé 3 enfants ou plus sont aujourd'hui exonérées d'impôt sur le revenu. Elles y sont désormais soumises comme le reste des pensions.

La revalorisation des retraites qui intervient depuis une réforme de 2008, le 1er avril de chaque année (au lieu du 1er janvier précédemment), est effectuée désormais le 1er octobre de chaque année. De plus, les retraités connaissent un gel de la revalorisation de leur retraite.
Cette technique déjà utilisée sous le Gouvernement Fillon, permet au Gouvernement Ayrault d'économiser sur 6 mois de report (d'avril à octobre), 600 millions de revalorisation de pension de retraite.

Prise en compte de la "pénibilité": un trompe l'oeil !

Les salariés qui effectuent un travail qualifié de pénible pourront accumuler des points leurs permettant de réduire le nombre de trimestre nécessaire pour partir à la retraite à taux plein. Toutefois, il ne sera pas rétroactif. Or, la pénibilité d'un travail tend à diminuer au fil des années grâce à l'industrialisation, la mécanisation des outils et les évolutions technologiques.

Le "compte personnel de prévention de la pénibilité" (CPPP) sera créé dès 2015 suite à des négociations internes dans les entreprises et à la définition des postes exposés à de la pénibilité.

Mais comme l'indique son intitulé, le CPPP va avant tout participer à la "prévention" de la pénibilité dans l'entreprise, et à défaut, permettre aux salariés exposés au bruit, au port de lourdes charges, ou encore aux horaires de nuit, d'acquérir des droits.

Les dix facteurs de pénibilité retenus sont ceux qui ont été définis par les partenaires sociaux en 2008, à savoir :

  • les manutentions manuelles de charges lourdes ;
  • les postures pénibles définies comme positions forcées des articulations ;
  • les vibrations mécaniques ;
  • les agents chimiques dangereux, y compris les poussières et les fumées ;
  • les activités exercées en milieu hyperbare ;
  • les températures extrêmes ;
  • le bruit ;
  • le travail de nuit ;
  • le travail en équipes successives alternantes ;
  • le travail répétitif.

Ouvert pour tout salarié du secteur privé exposé à des conditions de travail réduisant l'espérance de vie, le compte permettra de cumuler des points en fonction de l'exposition à un ou plusieurs facteurs de pénibilité. Chaque trimestre d'exposition donnera droit à un point (deux points en cas d'exposition à plusieurs facteurs). Le nombre total de points sera plafonné à 100. Mais attention, automatiquement, chaque salarié perdra 20 points !

En effet, les 20 premiers points accumulés (soit 5 années d'exposition à un travail pénible) seront obligatoirement consacrés à la "formation du salarié" pour que son travail soit moins pénible ! Cela revient à réduire à zéro cet avantage, car les employeurs sont tenus de réduire les facteurs de pénibilité dans leur entreprise en adaptant le travail, les postures, les machines, etc.

Pour les autres points accumulés (c'est-à-dire au-delà de 20 points), le salarié pourra les utiliser pour :

  • suivre des formations permettant de se réorienter vers un emploi moins pénible (priorité de mutation interne) ;
  • financer un maintien de rémunération lors d'un passage à temps partiel en fin de carrière ;
  • bénéficier de trimestres de retraite.

Le barème de conversion des points en trimestres de formation, temps partiel et retraite est le suivant : 10 points sur le compte = 1 trimestre de validé pour la retraite (pour valider 6 trimestres, il faut être exposé à un travail pénible pendant 20 ans ou à plusieurs facteurs de pénibilité pendant un durée moindre).

Enfin, il est proposé que pour les salariés du privé proches de l'âge de la retraite qui ne pourraient accumuler suffisamment de points sur leur compte individuel, les points acquis seront doublés et le minimum de 20 points de formation ne s'appliquera pas. Ainsi, un salarié exposé et qui est à 2 ans de la retraite verra ses points multipliés par deux, soit 16 points, lui permettant de bénéficier d'au moins un trimestre de temps partiel ou de retraite.

Par ailleurs, la mise en place de ce dispositif donnera lieu à une cotisation employeurs supplémentaire (une cotisation minimale de toutes les entreprises et une cotisation de chaque entreprise tenant compte de la pénibilité qui lui est propre).

Soulignons que les agents du public ne sont pas concernés par cette mesure.

Les avantages accordés...

Aux femmes

A compter du 1er janvier 2014, seront validés autant de trimestres que de périodes de 90 jours de congé maternité.
Le décret du 2 juillet 2012 élargissant la possibilité de départ à 60 ans a ajouté, au titre de la durée réputée cotisée pour les départs en carrière longue, 2 trimestres au titre de la maternité. Tous les trimestres de congé maternité effectués à partir de 2014 seront réputés cotisés.

Aux travailleurs à temps partiel

A compter du 1er janvier 2014, les modalités de validation d'un trimestre seront modifiées pour un travailleur à temps partiel :

  • acquisition d'un trimestre avec 150 heures Smic de cotisations au lieu de 200 ;
  • création d'un plafond afin de limiter les effets d'aubaine : ne seront prises en compte pour le calcul de la durée que les cotisations portant sur un revenu mensuel inférieur à 1,5 Smic ;
  • report des cotisations non utilisées pour valider un trimestre sur l'année suivante.

Aux parents

Pour les retraités actuels et ceux partant à la retraite d'ici à 2020, les règles actuelles (majoration de 10% des pensions ne concerne que les parents de 3 enfants et plus) ne sont pas modifiées.

Au-delà de 2020, la majoration actuelle sera progressivement plafonnée et transformée en majoration forfaitaire par enfant.

Aux apprentis

Les apprentis cotisent sur une assiette forfaitaire, inférieure à leur rémunération et trop faible pour leur permettre de valider une durée d'assurance vieillesse au moins égale à celle de leur contrat. Aussi, l'assiette de cotisation des apprentis sera réformée afin de leur permettre de valider à l'avenir un nombre de trimestres de retraite correspondant aux nombres de trimestres travaillés, quelle que soit leur rémunération.

Aucune date n'est précisée concernant l'entrée en vigueur de la mesure.

Aux chômeurs

A compter du 1er janvier 2015, toutes les périodes de formation professionnelle seront assimilées à des périodes d'assurance, dans les mêmes conditions que les périodes de chômage indemnisé (validation d'un trimestre pour chaque période de 50 jours de stage).

Les périodes de chômage non indemnisées seront validées continument si l'assuré reste inscrit à Pôle emploi, même en cas de reprise d'emploi.

A ceux qui ont connu un accident de carrière ou une carrière longue

Le décret de juillet 2012 a ajouté, au titre de la durée réputée cotisée pour les départs en carrière longue, 2 trimestres de chômage et 2 trimestres au titre de la maternité.

A compter du 1er janvier 2014, seront réputés cotisés 2 trimestres supplémentaires de chômage et 2 trimestres d'invalidité.

Aux petites retraites

Le minimum contributif n'est versé que si l'ensemble des pensions de retraite personnelles légalement obligatoires est inférieur à 1.028 euros. En cas de dépassement, le minimum contributif est écrêté. Le seuil d'écrêtement a été relevé à 1.120 euros à compter du 1er février 2014 (voir le dossier de presse pour les autres mesures concernant les agriculteurs).

Les principaux articles de la loi

Conditions d'accès à la retraite

  • Article 2 : nouvelle durée d'assurance tous régimes et retraite anticipée carrière longue
  • Article 4 : adaptation du mécanisme de pilotage du système de retraite
  • Article 5 : report au 1er octobre de la revalorisation annuelle des pensions de retraite

Prise en compte de la pénibilité au travail

  • Article 7 : la fiche de prévention des expositions à un ou plusieurs facteurs de pénibilité
  • Article 10 : création du compte personnel de prévention de la pénibilité
  • Article 11 : organisation de la gestion du contentieux lié au dispositif de prise en compte de la pénibilité
  • Article 12 : règles d'abondement du compte personnel de formation par le compte personnel de prévention de la pénibilité
  • Article 13 : les accords en faveur de la prévention de la pénibilité
  • Article 14 : la majoration de la durée d'assurance au titre du compte personnel de prévention de la pénibilité
  • Article 16 : entrée en vigueur des dispositions relatives à la prise en compte de la pénibilité au 1er janvier 2015

Mesures spécifiques à certains salariés

  • Article 15 : requalification des mesures relatives à la prise en compte d'une incapacité permanente
  • Article 18 : extension de la retraite progressive
  • Article 19 : règles de cumul emploi-retraite
  • Article 20: simplification du cumul emploi-retraite plafonné en cas de dépassement
  • Article 21 : impossibilité de cumuler une pension à taux plein et une allocation d'assurance chômage
  • Article 22 : préparation de la refonte des majorations de pension des femmes pour enfants
  • Article 25 : modification des modalités d'acquisition de trimestres d'assurance vieillesse
  • Article 26 : élargissement des trimestres réputés cotisés pour le bénéfice de la retraite anticipée pour carrière longue
  • Article 27 : aide au rachat d'années d'études à destination des jeunes actifs
  • Article 28 : validation des périodes de stage en entreprise au titre de la retraite
  • Article 30 : prise en compte des périodes d'apprentissage au titre de l'assurance vieillesse
  • Article 31 : validation des périodes de formation des demandeurs d'emploi
  • Article 32 : amélioration des droits à pension des conjoints collaborateurs
  • Article 36 : élargissement de l'accès à la retraite anticipée pour les travailleurs handicapés
  • Article 37 : retraite à taux plein dès l'âge légal pour les tous assurés justifiant de 50% de taux d'incapacité permanente.

Les autres mesures

  • Article 6 : modalités de revalorisation des pensions des marins
  • Article 23 : mécanisme de coordination entre régimes pour les couple de parents de même sexe
  • Article 33 : suppression de la condition de 17,5 ans pour bénéficier de la pension majorée(non-salariés agricoles)
  • Article 34 : mesures relatives au régime complémentaire obligatoire des non-salariés agricoles
  • Article 35 : mise en oeuvre de la garantie "75% du SMIC" pour les exploitants agricoles
  • Article 38 : droits à l'assurance vieillesse des aidants familiaux de personnes handicapées ou de personnes âgées dépendantes
  • Article 39 : création d'un compte individuel de retraite en ligne
  • Article 40 : amélioration de l'informationdes personnes éligibles à l'allocation de solidarité aux personnes âgées
  • Article 41 : création d'une Union des institutions et services de retraite
  • Article 42 : réduction à 2 ans de la durée des services effectifs nécessaire pour obtenir une pension militaire
  • Article 43 : calcul unifié de la retraite des polypensionnés des régimes alignés
  • Article 44 : mutualisation du service des petites pensions
  • Article 47 : pilotage du régime complémentaire obligatoire du régime des non-salariés agricoles
  • Article 48 : évolution des caisses des professions libérales
  • Article 51 : critères d'affiliation à un régime de retraite complémentaire des salariés
  • Article 52 : habilitation à prendre par ordonnance les mesures d'harmonisation nécessaires à Saint-Pierre-et-Miquelon et Mayotte.

Préparation de la réforme dès l'année 2013

Les discussions avec les partenaires sociaux

Au début de l'été 2013 les discussions étaient ouvertes, et les syndicats de salariés entendaient bien protester contre toute nouvelle réforme qui porterait à nouveau atteinte aux droits acquis.
La réforme 2010 des retraites présentée par le Premier ministre, François Fillon devait être suffisante pour redresser la situation du régime, suite à la première réforme de 2003, adoptée sous Jean-Pierre Raffarin. Manifestement, tel n'a pas été le cas !

La Commission pour l'avenir des retraites, installée début 2013, a proposé dans le rapport Moreau, des scenarii de réforme permettant d'assurer l'équilibre des régimes de retraites à court, moyen et long terme. Et c'est bien là, le principal problème du système de retraite par répartition : sa pérennisation n'est pas assurée !

La Commission tient compte des dernières recommandations du Conseil d'orientation des retraites (COR).

Les premières propositions, attendues pour le mois de juin 2013, ont été dévoilée par la ministre des affaires sociales. Marisol Touraine a déclaré que le régime des retraites pourrait évoluer de la manière suivante :

  • hausse du nombre de trimestres cotisés pour bénéficier d'une retraite à taux plein = recul de l'âge de départ à la retraite pour de nombreux travailleurs.
    Par exemple, pour la génération née en 1989, qui entre sur le marché du travail en moyenne aujourd'hui à 24-25 ans, cela signifie qu'il faudra attendre 68 ans au mieux pour avoir une retraite à taux plein (sans compter les périodes de chômage) ;
  • taxation des pensions de retraites dépassant un certain seuil (assujettissement à prélèvement sociaux) = perte de pouvoir d'achat des retraités, obligation de cumul retraite et emploi à temps partiel ;
  • réforme du mode de calcul de la pension de retraite = des retraites moins intéressantes dans le public ;
  • une meilleure prise en compte de la pénibilité au travail.

Il s'en est suivie une concertation avec les partenaires sociaux, dès le mois de juillet 2013.

Le réforme, présentée par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault fin août 2013, sera reprise dans un projet de loi soumis au Parlement à l'automne 2013.

Le constat au début de l'année 2013

Les faibles perspectives de croissance de la France et la hausse du chômage imposent au chef de l'Etat d'engager dès 2013, une nouvelle réforme des retraites. Contrairement à son engagement de campagne - qui était de ne pas augmenter l'âge de départ à la retraite - François Hollande pourrait revenir sur sa promesse.

Pour l'heure, ce qui semble se dessiner, c'est l'augmentation de la durée d'assurance nécessaire pour bénéficier d'une retraite à taux plein, ce qui équivaut en réalité à augmenter l'âge de départ à la retraite, surtout pour ceux ayant une carrière professionnelle tardive (en raison d'études supérieures) ou incomplète (ex : ceux connaissant des périodes de chômage).

Le Conseil d'orientation des retraites a publié fin février, un rapport sur les "perspectives du système de retraite en 2020, 2040 et 2060", qui fait suite au 12ème rapport du COR le 22 janvier dernier. Pour réaliser les projections financières des régimes de retraite, le COR a tenu compte des hypothèses :

  • démographiques : fécondité, migrations, espérance de vie ;
  • d'activité : taux d'activité à chaque âge, comportements de départ à la retraite ;
  • macroéconomiques : taux de chômage et gain de productivité à long terme, dynamique de court‐moyen terme, emploi par régime ;
  • de législation du système de retraite.

Des retraités, plus vraiment inactifs ?

En moyenne en 2010, un retraité touchait une pension de retraite mensuelle de 1.216 euros, mais avec de fortes disparités de pension entre les hommes (1.552 euros) et les femmes (899 euros) et selon le statut d'activité antérieur. Certains sont contraints de conserver une activité professionnelle à temps partielle.

Au cours de l'année 2012, 2/3 des retraités sexagénaires sortis du marché du travail après 50 ans sont passés directement de l'emploi à la retraite. Mais pour 1/3 d'entre eux, les trajectoires de fin de carrière sont marquées par le chômage, les problèmes de santé, la préretraite ou encore les contraintes familiales.

En quelques années, la vie des retraités a profondément évolué. Les actifs qui arrivent à l'âge de la retraite travaillent plus fréquemment aujourd'hui, même si leur activité est réduite ou aménagée. Après 60 ans, l'emploi occupé est très souvent à temps partiel.

Les quinquagénaires d'aujourd'hui qui occupent un emploi, interrogés sur leurs conditions de travail et leur avenir professionnel, envisagent d'arrêter de travailler à 61,4 ans en moyenne, soit 1,5 an de plus que leurs aînés en 2006. En 8 ans, l'écart s'est profondément creusé.

La majorité des personnes de 50 à 59 ans qui occupent un emploi (60%) pensent arrêter de travailler quand elles pourront percevoir une pension de retraite.
Mais 19% d'entre elles envisagent de travailler pendant leur retraite dont plus de la moitié (56%) pour des raisons financières, proportion comparable à celle des 60-69 ans actuellement en cumul emploi-retraite. Une part non négligeable de personnes (16%) reste indécise.

Quelles étaient les règles en vigueur en 2013 ?

A ce jour, pour la génération née à partir de 1956, il faut justifier d'une durée d'assurance de 166 trimestres (41,5 ans) pour une retraite à taux plein à 62 ans.

Le Conseil a largement examiné le scenario d'un allongement de la durée d'assurance en partant du postulat d'un gain progressif en espérance de vie :

  • la durée d'assurance requise pour le taux plein, qui devrait être de 41,75 ans à partir de la génération née en 1958, continuerait d'augmenter progressivement au fil du temps, pour atteindre :
    - 42 ans pour la génération née en 1962,
    - 43 ans pour celle née en 1975,
    - 44 ans pour celle née en 1989,
    - 44,75 ans pour celle née en 2000.
    Si tel était le cas, le système reviendrait à l'équilibre en 2060. A défaut, "en l'absence de nouvelles mesures, le système de retraite accumulerait d'ici là, pendant près de 50 années, des déficits annuels, représentant de 0,6% à 1% du PIB jusqu'en 2040".

Avec l'allongement de la durée des études, l'augmentation des périodes de recherche de travail et l'augmentation de la durée pendant laquelle un actif est au chômage au cours de sa carrière professionnelle, l'âge légal de la retraite devrait dépasser les 65 ans.

Comment calculer en 2015 quand vous pourrez partir à la retraite ?

Grâce au nouveau simulateur proposé par la Caisse nationale de retraite et le ministère des affaires sociales et de la santé, il est désormais possible d'obtenir une simulation personnalisée.

En tenant compte des évolutions programmées par la réforme, les salariés du secteur privé peuvent savoir jusqu'à quel âge ils devront travailler.

Pour obtenir cette réponse, rien de plus simple. Il suffit de renseigner dans le simulateur :

  • son année de naissance,
  • son âge d'entrée dans la vie active,
  • les éventuels trimestres validés au titre des enfants et du service militaire.

Attention, le simulateur ne fournit qu'une estimation indicative. Il ne tient pas compte par exemple des périodes d'interruption de carrière (chômage, congé parental d'éducation, congé sabbatique, etc.) ni des trimestres rachetés (ex : les trimestres d'études), ni de la possibilité de bénéficier d'une retraite anticipée pour carrière longue ou encore d'une retraite anticipée pour pénibilité.

Notons également, que les droits à la retraite sont valorisés par différentes périodes, antérieures à l'entrée dans la vie active, comme les emplois étudiants, jobs d'été et périodes de formation qualifiantes (ex : dans le cadre de l'Aide à la création d'entreprise). Là encore, le simulateur ne permet pas d'en tenir compte, mais il donne tout de même une idée approximative de ce qui nous attend, d'autant plus qu'il y aura d'ici là de nouvelles réformes du régime.

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