Actualité : article de veille

Recommandations du Haut Conseil de santé publique sur l'utilisation des vaccins contre la grippe A(H1N1)

Le 11/09/2009 par La Rédaction de Net-iris, dans Santé / Droit Médical.

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Introduction

Avant la mise sur le marché d'un vaccin tel que celui de la grippe A/H1N1, il est préférable d'élaborer un plan de déploiement qui détermine les populations prioritaires au sein de la population française et qui fixe le schéma vaccinal à adopter (une ou deux doses, intervalle entres les doses, etc.). Saisi par le directeur général de la santé sur la pertinence de l'utilisation des vaccins contre la grippe A, le Haut Conseil de santé publique a rendu ses recommandations.

Transmises à Roselyne Bachelot, la ministre de la santé a indiqué dans un communiqué qu'elle élaborera, d'ici 15 jours, à partir de ces éléments la stratégie vaccinale de la France.

Une vaccination le plus tôt possible

Selon ce rapport, la campagne de vaccination doit démarrer le plus tôt possible dès que les vaccins seront disponibles et utilisables.

François Fillon, le Premier ministre a d'ailleurs annoncé le 10 septembre dans une interview que "les premiers vaccins seront utilisables en France à la mi-octobre (...) On aura un peu plus de 2 à 3 millions de doses". Actuellement, les vaccins sont "en cours de certification" pour une mise sur le marché.

Lors du Comité interministériel de crise (CIC) du 27 août, Roselyne Bachelot avait précisé que 94 millions de doses avaient été commandées auprès de quatre laboratoires (Sanofi Pasteur, GSK, Baxter, Novartis).

La détermination des populations prioritaires

Pour le Haut Conseil, toutes les personnes qui désirent être vaccinées devraient pouvoir l'être. Mais au vu de la probable diffusion large et rapide du virus et des délais de mise à disposition des doses de vaccins, l'objectif principal de la vaccination est la réduction du risque de formes graves et de décès de grippe plus que la maîtrise de la dynamique épidémique, qui reste néanmoins souhaitable.

Aussi, il recommande :

  • Concernant un ordre de priorité pour la vaccination de la population française par le vaccin saisonnier et/ou les vaccins pandémiques en fonction des objectifs de chacune de ces vaccinations :
    - Pour le vaccin grippal saisonnier : rien ne permet à ce jour d'affirmer qu'il n'y aura pas de circulation de virus grippal saisonnier. De ce fait, les recommandations pour le vaccin grippal saisonnier existantes s'appliquent. La vaccination doit être réalisée le plus tôt possible, en particulier pour les personnels de santé, de manière à éviter au maximum que l'organisation de cette vaccination n'interfère avec la vaccination contre le virus A/H1N1.
    - Pour le vaccin dirigé contre le virus A/H1N1 : il est recommandé de vacciner en priorité, les personnels de santé, médico-sociaux et de secours, en commençant par ceux qui sont amenés à être en contact fréquent et étroit avec des malades grippés ou porteurs de facteurs de risque.
    L'objectif est de protéger le système de prise en charge des malades (personnels de santé médico-sociaux et de secours).

  • Concernant les groupes de population qui doivent être vaccinés en priorité, et par ordre de priorité, on trouve :
    1 - les femmes enceintes à partir du 2ème trimestre
    2 - l'entourage des nourrissons de moins de 6 mois (c'est-à-dire parents, fratrie et, le cas échéant, l'adulte en charge de la garde de l'enfant incluant le personnel de la petite enfance en charge de ces nourrissons : stratégie de cocooning)
    3 - le nourrisson âgés 6-23 mois avec facteur de risque
    4 - les sujets âgés de 2 à 64 ans avec facteur de risque
    5 - les nourrissons âgés de 6-23 mois sans facteur de risque
    6 - les sujets âgés de 65 ans et plus avec facteur de risque
    7 - les sujets âgés de 2-18 ans sans facteur de risque
    8 - les sujets âgés de 19 ans et plus sans facteur de risque

Un délai minimum à respecter entre les injections des vaccins

Une quantité limitée de vaccins monodose sera disponible. Ils seront "réservés plus particulièrement aux personnes à risque qui ne peuvent pas bénéficier des dispositifs collectifs de vaccination".

Pour les autres, il s'agira d'un vaccin à 2 injections espacées de 21 jours.

Le HCSP ne recommande pas de co-administration (au cours de la même séance et en deux points du corps différents) d'un vaccin grippal saisonnier et d'un vaccin pandémique A, mais suggère que le vaccin grippal saisonnier soit administré en premier et le plus rapidement possible aux sujets pour qui cette vaccination est recommandée et qu'un intervalle minimal de 21 jours soit respecté entre l'administration d'une dose du vaccin saisonnier et l'administration de la première dose de vaccin pandémique A.

En conséquence, si un sujet se fait vacciner contre la grippe saisonnière le 1er octobre (et à condition que le vaccin soit disponible), il devra attendre le 21 octobre pour avoir sa seconde dose. L'injection de la première dose du vaccin contre la grippe A aura lieu vers le 12 novembre, la seconde dose, pas avant le 3 décembre.
Etant donné que le pic de la pandémie de grippe pourrait avoir lieu dès le mois de novembre, le vaccin contre la grippe saisonnière serait abandonné au profit de celui contre la grippe A.
"En cas d'impossibilité de respecter le délai de 21 jours entre l'administration du vaccin saisonnier et du vaccin pandémique A, l'administration du vaccin pandémique A devient prioritaire", estime le Haut conseil.

Quant aux autres vaccinations du calendrier vaccinal, en particulier celles des enfants et des adolescents, elles doivent être poursuivies. Dans le cas d'une administration successive entre le vaccin pandémique A tout autre vaccin non grippal du calendrier vaccinal, dès lors qu'ils ne sont pas administrés le même jour, il n'y a pas lieu de respecter un délai particulier entre l'administration de ces deux vaccins.

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