Actualité juridique

Statistiques des risques psychosociaux au travail selon la méthode d'analyse Nasse-Légeron

Le 01/12/2010 par La Rédaction de Net-iris, dans Social / Droits Collectifs.

Vos réactions...


La Dares a dressé un premier état des lieux des risques psychosociaux au travail en France, selon la liste des indicateurs proposés en 2008 par le rapport Nasse-Légeron.
Dans cette étude, les risques psychosociaux sont analysés selon six dimensions : les exigences du travail, les exigences émotionnelles, l'autonomie et les marges de manoeuvre, les rapports sociaux et relations de travail, les conflits de valeur, l'insécurité socio-économique.

Il ressort des analyses que "les professions les plus qualifiées apparaissent, au regard des divers indicateurs disponibles, confrontées à des exigences psychosociales au travail relativement élevées, ainsi qu'à des conflits de valeur plus fréquents, mais sont moins exposées au manque de marges de manoeuvre, de soutien social ou de sécurité économique que les professions peu qualifiées".

S'agissant des salariés qui travaillent en contact avec le public, ils subissent plus souvent que les autres des "contraintes émotionnelles importantes", sachant que les femmes sont plus exposées que les hommes au "manque de marges de manoeuvre, de soutien social et de reconnaissance au travail".

Ont été identifiés comme étant néfastes à la santé : le fait de travailler trop vite, de façon hachée, ou le fait de subir de nombreuses contraintes de rythme.
La possibilité d'employer et de développer ses compétences est également un enjeu important pour la santé au travail. En effet, la monotonie ou l'ennui excessifs peuvent favoriser des troubles psychiques.

D'un autre côté, l'obligation pour un salarié de travailler d'une façon qui heurte sa conscience professionnelle peut se révéler néfaste pour la santé mentale.
Certaines situations de travail donnent en effet lieu à des conflits éthiques entre les exigences du travail et les valeurs personnelles ou professionnelles. Près de 6% des actifs occupés estiment qu'ils doivent "toujours" ou "souvent" faire dans leur travail des choses qu'ils désapprouvent (vente abusive, réaliser des licenciements, etc.). Cette proportion s'élève à 33% lorsqu'on y inclut les salariés déclarant avoir "parfois" de tels conflits éthiques.

Enfin, l'insécurité de l'emploi est un facteur de risque pour la santé dans la mesure où elle réduit le sentiment de maîtrise de la situation ainsi que le sentiment d'estime de soi. L'expansion des emplois à durée limitée ainsi que des restructurations d'entreprises ont pu provoquer une hausse du sentiment d'insécurité de l'emploi (avant même l'impact de la récente récession), estime la Dares.

© 2010 Net-iris

Pour approfondir ce sujet :

Commentaires et réactions :