Actualité juridique

Lancement du plan national 2011-2020 pour la Biodiversité

Le 20/05/2011 par La Rédaction de Net-iris, dans Public / Environnement.

Vos réactions...


Alors que beaucoup d'acteurs économiques n'intègrent pas encore de démarche de respect de la biodiversité, le ministère de l'Ecologie souhaite faire de la protection de la biodiversité un "véritable projet de société". Tous les secteurs d'activité (eau, sols, climat, énergie, agriculture, forêt, urbanisme, infrastructures) et toutes les politiques publiques seront à l'avenir concernés.
En effet, l'Etat rappelle que de nombreuses entreprises dépendent fortement des services rendus par les écosystèmes, notamment dans l'industrie agroalimentaire pour l'eau douce, dans la confection de meubles pour le bois ou encore dans l'industrie pharmaceutique avec les ressources génétiques.

Nathalie Kosciusko-Morizet, vient de lancer laStratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020 qui a pour ambition "de modifier en profondeur notre rapport à la nature en proposant des modèles de développement qui intègrent systématiquement le volet biodiversité", a déclaré la ministre dans un communiqué.

"Les services rendus par la biodiversité (...) conditionnent la qualité de l'air que nous respirons, et la disponibilité de biens tels que la nourriture, les combustibles, l'eau douce ou encore les médicaments. Ne pas préserver la biodiversité engendrerait un coût équivalent à 7% du PIB mondial à l'horizon 2050 (...) A l'instar du climat, nous allons désormais prendre en compte la biodiversité dans les politiques internationales, nationales et locales", a expliqué Nathalie Kosciusko-Morizet.

L'Etat va en conséquence mener, pour la période 2011-2013, des actions complémentaires à celles déjà initiées dans le cadre du Grenelle de l'environnement, dont :

  • La restauration des continuités écologiques.
    Le gouvernement lance trois appels à projets portant sur :
    - le rétablissement de continuités écologiques interrompues par des infrastructures linéaires existantes,
    - le renforcement d'éléments du paysage permettant la continuité dans l'espace agricole (haies, bosquets, mares, etc.),
    - l'élaboration de trames vertes et bleues en ville.

  • La restauration de milieux dégradés tant par les pollutions, les espèces exotiques, que les activités de l'homme.
    L'Etat lancera à nouveau trois appels à projets portant sur :
    - la restauration de sites dégradés : sites Natura 2000, zones humides et milieux aquatiques, habitats d'espèces protégées en outre-mer,
    - des techniques innovantes de restauration de milieux littoraux et marins,
    - la lutte contre les espèces exotiques envahissantes terrestres et marines dans les départements et collectivités d'outre-mer.
    L'Etat encouragera également la constitution d'une véritable filière "génie écologique et végétal", à travers un appel à projet portant notamment sur les techniques innovantes de phytoépuration et phytoremédiation, et soutiendra la création d'une fédération professionnelle.

  • L'amélioration des connaissances.
    L'Etat lancera en 2011 le chantier de création d'une cartographie nationale des habitats naturels et semi-naturels, à l'échelle du 1/25000, en vue d'une finalisation pour 2018. Le développement des atlas de la biodiversité sera également étendu à d'autres communes. En Outre-mer, qui héberge 3.500 espèces végétales et 400 animaux vertébrés uniques au monde, l'Etat réalisera notamment une enquête sur les espèces végétales récoltées pour un usage traditionnel. Enfin, il ouvrira un service biodiversité au sein de la fondation du patrimoine afin de mobiliser le mécénat en faveur de la biodiversité.

  • L'intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles.
    L'objectif est de mieux intégrer la biodiversité dans la sphère économique, afin de concilier les intérêts publics et privés et de sensibiliser les entreprises à leur dépendance vis-à-vis de la biodiversité, à travers l'expérimentation d'unités d'exploitation et de gestion concertées de la pêche. En outre, le soutien aux équipements et manifestations sportives sera conditionné à la prise en compte de la biodiversité.

Tous les acteurs de la société civile sont invités à adhérer à la Stratégie nationale, afin de contribuer, à leur échelle, à la préservation de la biodiversité. Déjà plus de 140 organisations professionnelles, associations, élus, ONG, syndicats, établissements publics se sont engagés à mettre en place un plan d'actions.

© 2011 Net-iris

Pour approfondir ce sujet :

Commentaires et réactions :