Actualité : article de veille

Identification des principales causes d'accidents de la route

Le 24/10/2011 par La Rédaction de Net-iris, dans Public / Transport.

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39 propositions pour réduire le nombre des accidents de la circulation et récompenser les conduites vertueuses au volant.

Introduction

Selon un rapport d'information parlementaire des députés Jung et Houillon sur les causes des accidents de la circulation et la prévention routière en France, on peut identifier et chiffrer les différents facteurs d'accidents, sachant que l'issue de l'accident (sans blessé, avec blessé, avec décès) varie de manière importante en fonction du facteur d'accidentologie (ex : l'absence de port de la ceinture de sécurité ou d'un casque de moto est un facteur spécifique de gravité des accidents).

Quand il est question de vitesse comme cause d'accident, c'est généralement à une vitesse excessive ou inappropriée qu'il est fait référence. Il s'agit d'un facteur d'aggravation des dommages aux personnes.
La réduction des vitesses pratiquées en France a déjà largement contribué à la diminution de l'accidentalité et de la gravité des accidents : la vitesse moyenne a diminué de 11% entre 2002 (vitesse moyenne de 89,5 km/h) et 2010 (vitesse moyenne de 79,7 km/h).

La conduite sous l'emprise de substances psychoactives est une cause majeure d'accidents. L'alcool est aujourd'hui la première cause d'accidents mortels en France (responsable de 30% des accidents mortels). On estime que 3% des conducteurs prenant le volant sont alcoolisés (plus de 0,5 g par litre de sang).
Pour ce qui est de l'influence des drogues sur la conduite, les travaux semblent montrer que leur influence sur la conduite est limitée à dose modérée, mais environ 4% des accidents mortels sont imputables au cannabis.
Les conducteurs qui conduisent à la fois sous l'emprise de l'alcool et de la drogue ont un sur-risque de 15 points.

Les médicaments seraient responsables d'environ 3% des accidents et environ 10% des accidents seraient imputables à l'usage du téléphone au volant. Enfin, l'inattention et l'hypovigilance interviendrait dans 8% des accidents mortels.

Sachant qu'un accident peut être dû à la combinaison de plusieurs facteurs causaux, il est précisé que les nombres de morts généralement imputés à chacun des facteurs ne se cumulent pas en intégralité.
Les auteurs du rapport précisent que "si l'on considère que 717 vies auraient pu être épargnées si les limitations de vitesse avaient été systématiquement respectées en 2010, nombre qui est de 1.150 pour ce qui concerne le taux d'alcoolémie, il serait erroné d'en déduire que 1.767 auraient pu être préservées si personne n'avait conduit au-delà des limitations de vitesse ni en présentant un taux d'alcoolémie supérieur au taux légal. Certains accidents étant imputables à la fois à une vitesse et à un taux d'alcoolémie excessifs, le nombre total aurait donc été inférieur à 1.767".

Notons qu'au total, il existe deux catégories de population spécialement fragiles au regard de l'accidentalité : les deux-roues motorisés et les jeunes.

Enfin, environ 1,2% de conducteurs circulent sans permis.

Afin d'améliorer la situation, les auteurs du rapport dressent une liste de 39 propositions de réforme ou d'amélioration des dispositifs existants.

39 propositions pour améliorer la sécurité routière

  • Améliorer le pilotage de la politique de sécurité routière
    - Rattacher le Délégué au Premier Ministre ou l'intégrer à l'équipe gouvernementale
    - Revivifier le CNSR
    - Créer des commissions départementales de sécurité routière
    - Améliorer la fiabilité des données
    - Améliorer le recoupement des informations (fichiers)

  • Réduire les cas d'alcool au volant
    - Obligation de détenir un éthylotest (sinon 135 euros d'amende)
    - Evaluer la pertinence d'une généralisation progressive des éthylotests anti-démarrage
    - Mieux sanctionner les fortes alcoolémies
    - Lutter contre les mélanges drogues-alcool

  • Mettre chacun devant ses responsabilité en matière de vitesse
    - Pointer l'hypocrisie de l'absence de bridage des véhicules
    - Adapter les sanctions à l'accidentalité, en sanctionnant les excès de moins de 10 km/h sur autoroutes et voies rapides d'une simple amende quand ils sont commis pour la première fois depuis 6 mois, et en qualifiant de délit, et non plus de contravention, les excès de vitesse de plus de 50 km/heure dès la primo-infraction, quelle que soit la voie sur laquelle ils sont commis.
    - Être équitable devant les radars
    - Déployer de nouveaux radars
    - Contrôler sans piéger

  • Mettre en sécurité les conducteurs de deux-roues motorisés
    - Faciliter l'identification des machines
    - Engager une réflexion au sujet de la remontée interfilaire
    - Généraliser le freinage ABS
    - Renforcer les dispositifs antidébridage contre un relèvement de la vitesse limite des cyclomoteurs
    - Progresser dans l'accès à la puissance
    - Edicter une norme d'équipements obligatoires
    - Exercer un contrôle technique des 2 roues motorisés lors des mutations

  • Le téléphone et les aides à la conduite
    - Aller vers une modification de l'usage du téléphone au volant
    - Appliquer le protocole d'accord AFFTAC/Gouvernement et orienter les aides à la conduite vers la détection de l'hypovigilance

  • Prévention et conduites vertueuses
    - Attribuer un bonus de 3 points après 6 ans (post probatoire) sans retrait de point, couplé à un "super bonus d'assurance automobile" pour les titulaires de 15 points au permis de conduire
    - Inciter les conducteurs novices à se former post-permis
    - Parvenir à un continuum éducatif
    - Favoriser l'accès au permis dans le cadre de l'apprentissage
    - Prévenir le risque routier professionnel

  • L'aptitude à la conduite
    - Conforter le rôle du médecin traitant
    - Informer sur les effets des médicaments

  • Véhicules et infrastructures
    - Aider les conducteurs à respecter les vitesses limites autorisées
    - Renforcer la lisibilité de la route
    - Supprimer les passages à niveau
    - Installer des bandes sonores sur autoroute

  • Permis à points
    - Evaluer les radars feux rouges avant de poursuivre leur déploiement
    - Mettre en place le recours gracieux obligatoire

  • Usagers vulnérables et victimes
    - Protéger les passages piétons (contre le stationnement dangereux et installer des feux à décompte de temps)
    - Evaluer les double-sens cyclables
    - Renforcer la place des victimes dans la procédure judiciaire.

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