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Les suites du rapport Stiglitz sur les performances économiques

Le 15/11/2011 par La Rédaction de Net-iris, dans Social / Protection Sociale.

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En règle générale les français sont dans 73% des cas, satisfaits dans leur vie privée et professionnelle.

La Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi, qui a été chargée par le Président de la République de déterminer les limites du PIB en tant qu'indicateur des performances économiques et du progrès social, de réexaminer les problèmes relatifs à sa mesure, d'identifier les informations complémentaires qui pourraient être nécessaires pour aboutir à des indicateurs du progrès social plus pertinents, et enfin d'évaluer la faisabilité de nouveaux instruments de mesure, a rendu en septembre 2009 son rapport sur la mesure de la performance économique et du progrès social.

Elle proposait principalement, d'élargir le champ des indicateurs traditionnels en matière de mesure du progrès économique et d'inclure des mesures de la qualité de vie, des inégalités et du bien-être, ainsi que de mieux prendre en compte le développement durable et l'environnement.

Deux ans après ces recommandations le ministère de l'Economie, l'Insee et l'OCDE ont organisé une conférence pour dresser un panorama des progrès accomplis dans la mesure du bien-être et du progrès social dans les différentes régions du monde et mieux apprécier leur impact dans l'élaboration des politiques publiques.
L'Insee publie une synthèse du bilan des contributions mises en oeuvre sur les thèmes aussi variés que le développement autour du PIB, la qualité de la vie, et le développement durable et l'environnement.

On retient notamment qu'en 2010, la satisfaction dans la vie en général des personnes était en moyenne de 7,3 - sachant que la satisfaction dans la vie s'accroît avec le niveau de vie. Elle passe de 6 en moyenne pour les 10% de personnes les plus modestes (premier décile) à 7,8 en moyenne pour les 10% les plus aisées (dernier décile). L'écart de satisfaction est donc de 1,8 point : l'enquête montre qu'au delà du niveau de vie, d'autres facteurs jouent un plus grand rôle en matière de satisfaction dans la vie.

Mais l'écart de satisfaction, s'accroît aussi avec les conditions d'existence et l'état de santé. Les conditions de vie matérielles des personnes jouent un rôle particulièrement important.
Pour les mesurer, l'Insee suit annuellement 27 difficultés matérielles qui sont regroupées en quatre sous-dimensions :

  • les contraintes budgétaires (par exemple ne pas pouvoir faire face aux dépenses courantes sans découvert bancaire),
  • les retards de paiement (par exemple l'impossibilité de payer à temps les factures d'électricité),
  • les restrictions de consommation (par exemple ne pas avoir les moyens financiers de se procurer un certain nombre de consommations élémentaires),
  • les difficultés de logement (par exemple ne pas disposer du confort élémentaire ou d'un espace suffisant).

L'écart de satisfaction entre les personnes qui cumulent au moins 10 de ces difficultés matérielles, soit 7% des ménages, et les personnes qui n'en déclarent aucune, soit 21% des ménages, est de 2,8 points.
Le niveau de satisfaction passe de 5,1 pour les personnes cumulant au moins 10 difficultés à 7,9 pour celles n'en déclarant aucune.
A caractéristiques sociodémographiques données, les difficultés matérielles sont celles qui pèsent le plus sur la satisfaction dans la vie. Parmi les autres facteurs mesurés, les difficultés de santé viennent en second, par exemple lorsqu'elles sont chroniques ou qu'elles entraînent un renoncement aux soins.

L'étude de l'Insee révèle également que le chômage et des conditions de travail difficiles, sont des facteurs de dégradation du bien-être.
Les personnes au chômage déclarent en moyenne un niveau de satisfaction de 6,1 contre 7,5 pour les personnes en emploi. L'effet dépressif du chômage sur la satisfaction dans la vie est fort et, ce, indépendamment de la perte de revenu associée.

On remarquera enfin que pour les personnes ayant un emploi, les effets de conditions de travail difficiles sur la satisfaction sont du même ordre de grandeur : les personnes qui se sentent sur-qualifiées par rapport à leur emploi et celles qui éprouvent des difficultés à concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale sont nettement moins satisfaites de leur vie que les autres. Le bien être au travail constitue donc un facteur déterminant du bien-être en général.

© 2011 Net-iris

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